L’image dégradée de la formation professionnelle aux Pays-Bas, à rebours de sa réputation internationale

Le système de formation des Pays-Bas bénéficie d’une réputation flatteuse à l’international. Pourtant les citoyens hollandais, interrogés sur leur perception de l’Enseignement et la Formation Professionnels (EFP), expriment des opinions plutôt …négatives !

Par - Le 02 septembre 2019.

Le Cedefop, qui a réalisé la première vaste enquête d’opinion à l’échelle européenne sur l’EFP [ 1 ]Cette enquête du Cedefop a interrogé plus de 35 000 citoyens européens sur leur perception de l’EFP dans leur pays, se penche sur ces résultats paradoxaux.

Comment expliquer cet écart de perception ?

Un système réputé à l’étranger

Le système néerlandais de formation professionnelle est loué pour ses qualités par l’OCDE, et cité comme exemple à l’étranger. Avec près d’un élève sur deux au niveau secondaire supérieur [ 2 ]Equivalent au niveau lycée en France, la voie professionnelle répond aux besoins des compétences des entreprises et constitue un antidote efficace au chômage des jeunes.

L’EFP, un enjeu de représentations collectives

« Pensez-vous que la voie professionnelle pour les jeunes âgés entre 16 et 18 ans (niveau secondaire supérieur) ait une image plutôt positive ou négative ? ». À cette question, 41 % des néerlandais interrogés répondent par la négative, bien au-delà de la moyenne européenne de 23 %. Seuls la Hongrie, et … la France, affichent des taux supérieurs concernant cette image publique dévalorisée de l’EFP.

Insertion professionnelle versus perspectives de carrière

74 % des répondants pensent qu’une qualification professionnelle permet d’accéder rapidement à un emploi. Cette opinion est corroborée par les faits : 79 % des jeunes diplômés de l’EFP accèdent à l’emploi dans le mois qui suit la fin de leurs études.

Toutefois, le pourcentage de personnes pensant qu’une qualification professionnelle débouche sur un emploi attractif chute à seulement 35 %. Une interprétation possible porte sur le fait que l’accès au marché du travail des diplômés de la voie professionnelle concerne tous les niveaux de qualification, y compris inférieurs ; ceci alors que l’accès aux études supérieures, passeport pour des emplois plus qualifiés, constitue le débouché classique de la voie générale.

L’herbe, toujours plus verte ailleurs ?

Ce hiatus entre situation nationale et perception à l’étranger, pourra être mis en lien avec le décalage récemment soulevé pour l’Allemagne et la Suisse : écart entre les discours laudateurs fréquemment de mise en France pour vanter les mérites de leurs modèles d’apprentissage duel, et les difficultés que ceux-ci rencontrent[ 3 ]Voir à ce propos nos deux articles publiés dans le Quotidien de la formation  : « En Suisse, l’apprentissage fait moins recette »   et « L’Allemagne est-elle vraiment la championne de l’apprentissage ? »..

Plus d’information :

Notes   [ + ]

1. Cette enquête du Cedefop a interrogé plus de 35 000 citoyens européens sur leur perception de l’EFP dans leur pays
2. Equivalent au niveau lycée en France
3. Voir à ce propos nos deux articles publiés dans le Quotidien de la formation  : « En Suisse, l’apprentissage fait moins recette »   et « L’Allemagne est-elle vraiment la championne de l’apprentissage ? ».
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