La Bourgogne Franche-Comté expérimentera un « pilote de simulation » des nouvelles modalités de financement de l’apprentissage

Par - Le 02 mai 2018.

Ce vendredi 27 avril, Muriel Pénicaud a présenté son projet de loi « pour la liberté de choisir son avenir professionnel » en Conseil des ministres. En déplacement à Dijon jeudi 26, elle s’est rendue à l’École des métiers Dijon métropole à Longvic. L’occasion d’évoquer l’apprentissage, l’un des volets de sa réforme et d’annoncer que son nouveau circuit de financement sera simulé dans la région.

Rencontres

« La passion et le travail mènent à l’excellence », a assuré Muriel Pénicaud aux jeunes apprentis de l’École des métiers Dijon Métropole, jeudi dernier. Après avoir inauguré les travaux d’un nouveau bâtiment d’hébergement pour apprentis du département, adapté pour accueillir ceux en situation de handicap, la ministre du Travail a pu rencontrer de futurs fleuristes, bouchers-charcutiers, ou encore boulangers. Parmi eux, des meilleurs ouvriers de France et des lauréats des Olympiades des Métiers qui arboraient fièrement leurs médailles. « Ce premier concours m’a donné envie de poursuivre mes études », a confié Franck, apprenti fleuriste et 3e aux Olympiades. De son côté, Anaïs, coiffeuse, s’y est préparée en trois mois : « Elle s’est montrée audacieuse, volontaire et passionnée », a relevé l’une de ses professeures.

Financement en question

La présidente de la région Bourgogne-Franche-Comté, Marie-Guite Dufay, a profité de cette rencontre pour demander certaines précisions sur le projet de réforme. Notamment sur le « coût au contrat », nouveau système de financement prévu par la réforme. Les CFA ne bénéficieront plus d’un financement annuel, mais chacun touchera une somme par apprenti embauché . « Mais de quoi parle-t-on ? Des frais de restauration ? De structure ? D’hébergement ? », a-t-elle demandé. Pour Muriel Pénicaud, ce périmètre sera déterminé par l’État, les Régions et les partenaires sociaux, en tenant compte des spécificités des formations.

Faire un pilote de simulation ici, avant même que la loi ne passe devant le Parlement en mai, me paraît important pour vérifier que tout fonctionne, et que cela permettra de développer l’apprentissage. Nous le ferons dans deux ou trois régions

La ministre a rappelé que le financement sera assuré par les branches professionnelles, les Régions bénéficiant d’une « dotation supplémentaire », qui pourra servir, par exemple, à maintenir des CFA dans des zones rurales. « Je vous ai proposé que nos équipes viennent simuler, sur la région Bourgogne-Franche-Comté, tout le financement, pour rassurer et pour démontrer que ça peut fonctionner, et que ça libèrera même des capacités » a-t-elle pointé. « Faire un pilote de simulation ici, avant même que la loi ne passe devant le Parlement en mai, me paraît important pour vérifier que tout fonctionne, et que cela permettra de développer l’apprentissage. Nous le ferons dans deux ou trois régions », a indiqué Muriel Pénicaud.

Formation initiale ou continue ?

« Nous ne voulons pas que l’apprentissage soit tiré vers la formation continue, au mépris d’une formation longue, entière, débouchant sur une certification », s’est inquiétée Marie-Guite Dufay. « Nous avons le même objectif », lui a assuré Muriel Pénicaud, insistant sur l’importance de redorer l’image de l’apprentissage, cette « voie de la réussite et de l’excellence ». Les régions se verront en ce sens attribuer de nouveaux moyens en matière d’orientation.

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