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La formation professionnelle attentive aux nouvelles découvertes des neurosciences (Afref)

Par - Le 14 janvier 2019.

Le mot d’ordre « Se former tout au long de sa vie » ne risque pas d’être remis en cause par les neurosciences. « La capacité d’apprentissage peut être réactivée en permanence », affirme Jacques Fradin, directeur de l’IME (Institut de médecine environnementale). La plasticité du cerveau semble infinie… Dans le même temps, les neurosciences montrent qu’à chaque « territoire » du cerveau correspond une mission extrêmement précise. Ainsi, ajoute-t-il, « il existe plusieurs mémoires, par exemple, celle des mots parlés et celle des mots écrits. C’est pourquoi on peut recommander aux personnes souffrant de dyslexie, c’est-à-dire d’un problème avec le langage écrit, d’apprendre en lisant à haute voix plutôt qu’en lisant silencieusement ».

Des solutions concrètes

Dans ce cas, les neurosciences sont capables, on le voit, d’apporter des solutions à un problème d’apprentissage précis. Boîte crânienne veut aller plus loin en cherchant à appliquer à la formation pour adultes les avancées des neurosciences. « Nous avons listé une dizaine d’intuitions pédagogiques qui ont été validées par les neurosciences », indique Karine di Fusco, consultante-coach dans cette société. Certaines sont bien connues des formateurs  : on sait que l’apprentissage a des ennemis comme le stress et les émotions négatives, les « sirènes attentionnelles », autrement dit, les outils numériques, ou encore le manque de sommeil.

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Mouvements et canaux sensoriels

Mais on sait moins que la position assise nuit à l’attention. « Le manque de mouvements a des effets délétères sur la santé mais aussi sur le cerveau. Les neurosciences montrent que le mouvement booste au contraire le cerveau », explique la consultante. Par ailleurs, c’est en sollicitant les différents canaux sensoriels – vision, audition (à travers les fluctuations de la voix), etc. – que l’apprentissage s’opère de façon efficace. Enfin, dans l’apprentissage, le temps joue un rôle-clé. Plus une discipline est nouvelle, plus il faut régulièrement revenir sur les traces laissées par les premières séances d’apprentissage. « Il faut repasser sur ces traces le lendemain, puis deux jours après et, enfin, une semaine plus tard. C’est ainsi que l’on consolide son apprentissage », détaille Karine di Fusco.

Neurosciences ou sciences du comportement ?

Mais, dès qu’il s’agit d’apprentissage, les sciences du comportement reprennent vite la main. « Il faut donner un statut positif à l’erreur, aller vers un apprentissage ouvert pour que l’apprenant s’engage de façon autonome, favoriser le travail en groupe », conseille Christophe Jeunesse, maître de conférences à Paris-Nanterre, spécialiste de la formation des adultes. Une approche qui fait la part belle à la psychologie même si elle se nourrit de plus en plus d’éléments provenant des neurosciences.

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