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Comment “faire repartir l’élan de l’éducation tout au long de la vie” ?

“Une évasive fraternité continue d’orner nos frontons, mais (…) dans la sainte devise de nos pères, la petite dernière est devenue orpheline.” C’est en citant Régis Debray[[Le moment fraternité, Gallimard, 384 p., 2009.]] que le philosophe et membre de l’Observatoire de la laïcité Abdennour Bidar ouvre son “plaidoyer pour la fraternité”. Rédigé dans la foulée des attentats de janvier 2015, le petit livre (106 pages) martèle une conviction : l’une des solutions pour le vivre ensemble réside dans l’unité fraternelle de toutes les composantes de notre société.

Par - Le 23 novembre 2015.

Souvent convoqué dans les médias pour ses appels au développement d’une autocritique de l’islam, Abdennour Bidar sait aussi appeler à d’autres défis. Ainsi, le plan d’action qui clôt son manifeste s’adresse à tous et témoigne d’une foi renouvelée en l’“éducation”, un terme lui aussi devenu quelque peu « orphelin » dans la réponse de la République aux attentats du 13 novembre. Retour sur les espérances d’un philosophe.

Parmi les dix propositions pour une France fraternelle formulées par Abdennour Bidar, deux concernent plus particulièrement la formation des adultes[ 1 ]Une troisième, relative à l’enseignement de la fraternité à l’école, implique également d’envisager une formation spécifique des enseignants..

Intelligence relationnelle et éducation populaire

Ainsi de la proposition n° 7 (Changer la culture du monde du travail – service public et secteur privé –), qui suggère notamment “la formation de tous – dirigeants et salariés – à l’intelligence relationnelle, à la culture du respect, à la déontologie de chaque métier”. La proposition n° 8 invite, elle, à “retrouver l’esprit des mouvements d’éducation populaire”. Lesquels, rappelle l’auteur, “reposent sur l’idée fondamentale que l’individu doit pouvoir accéder toute sa vie durant – et pas seulement à l’école quand il est enfant – à des outils intellectuels et culturels, ainsi qu’à des espaces sociaux, qui vont lui permettre de continuer à se construire, à évoluer, à cultiver des convictions politiques, à dialoguer librement et à se solidariser avec d’autres à la poursuite d’idéaux partagés, à s’engager au service des causes les plus conformes à ses compétences et à ses aspirations”.

L’élan de l’éducation tout au long de la vie

Et d’ajouter : “Il est grand temps de faire repartir l’élan de cette éducation tout au long de la vie.” À l’heure où les choix budgétaires et le légitime souci du soutien au retour et/ou maintien dans l’emploi influencent fortement les politiques publiques d’orientation, de formation et d’emploi, Abdennour Bidar n’en démord pas : “Notre vie sociale ne peut plus, comme le disait Hannah Arendt, être limitée au temps de travail ; l’être humain n’est pas seulement un animal laborans, un animal travailleur, il a aussi des besoins psychologiques supérieurs : artistiques, intellectuels, spirituels… À la « vie laborieuse » doit s’ajouter comme un droit inaliénable, le temps de la vie culturelle et de la vie politique.”

Et les listes éligibles, dans tout ça ? Abdennour Bidar n’était pas disponible pour répondre…

Notes   [ + ]

1. Une troisième, relative à l’enseignement de la fraternité à l’école, implique également d’envisager une formation spécifique des enseignants.

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