Apprentissage : des conditions de travail exigeantes, mais des jeunes globalement satisfaits

Heures supplémentaires, pénibilité physique, déplacements fréquents entre l'entreprise et le centre de formation : les apprentis sont confrontés à des contraintes parfois importantes. Pourtant, selon une étude de la Dares, la grande majorité d'entre eux se déclarent satisfaits de leur expérience professionnelle.

Par - Le 18 juin 2026.

Les heures supplémentaires font partie du quotidien de nombreux apprentis. Selon une étude de la Dares publiée le 17 juin 2026 à l'occasion de la Semaine de la qualité de vie et des conditions de travail, 67 % des jeunes entrés en apprentissage en 2018 pour préparer un diplôme du CAP au bac +2 et toujours en contrat en 2019-2020 déclarent travailler au-delà de la durée légale de 35 heures hebdomadaires. Une proportion certes inférieure à celle observée chez les autres salariés de moins de 30 ans (75 %), mais qui révèle des conditions de travail souvent exigeantes pour des salariés encore en formation.

Heures supplémentaires

Les apprentis se distinguent notamment par le caractère plus régulier de ces heures supplémentaires et par une compensation moins fréquente. Seuls 58 % indiquent qu'elles donnent systématiquement lieu à une rémunération ou à un repos compensateur. À l'inverse, 21 % ne sont compensés qu'occasionnellement et autant déclarent ne jamais l'être. Sans surprise, l'acceptation de ces heures dépend largement de leur reconnaissance : 85 % des apprentis souhaitent en effectuer lorsqu'elles sont systématiquement compensées, contre 76 % en moyenne.

Agriculture, bâtiment et métiers de bouche en première ligne

Certains secteurs sont particulièrement concernés. C'est le cas de l'agriculture et de l'aménagement paysager, où 38 % des apprentis effectuent régulièrement des heures supplémentaires, ainsi que du bâtiment et de l'artisanat (32 %). Les métiers de bouche – boulangerie, pâtisserie ou boucherie – se distinguent également, avec 35 % d'apprentis concernés. Ces derniers sont aussi les plus nombreux à ne bénéficier d'aucune compensation et à travailler le week-end.

Pénibilité physique

Au-delà du temps de travail, la pénibilité physique reste une réalité pour une large majorité de jeunes en alternance. D'après l'enquête Oripa (orientation et parcours en apprentissage), sur laquelle s'appuie la Dares, 84 % des apprentis sont exposés à au moins un facteur de pénibilité physique, qu'il s'agisse du bruit, des poussières, des fumées ou de températures extrêmes. Près des deux tiers en cumulent même plusieurs. Les apprentis du bâtiment et des métiers de bouche figurent parmi les plus exposés, tout comme ceux travaillant dans des entreprises de moins de 250 salariés.

Des contraintes liées à l'organisation de l'alternance

L'alternance implique également des contraintes de mobilité. Les apprentis doivent jongler entre leur lieu de formation et leur entreprise, avec des trajets souvent plus longs pour se rendre au centre de formation : c'est le cas de 58 % d'entre eux. Dans les métiers de services, comme la coiffure, la restauration ou la préparation en pharmacie, les trajets domicile-travail sont eux aussi supérieurs à la moyenne.

Malgré ces contraintes, la satisfaction demeure très élevée. En deuxième année d'apprentissage, la quasi-totalité des jeunes se disent satisfaits de leur expérience professionnelle. Plus des deux tiers (68 %) se déclarent même très satisfaits du métier exercé et 53 % de leurs horaires de travail. Plus étonnant encore, 87 % jugent positivement leur bien-être physique au travail alors même que la plupart sont exposés à des conditions parfois pénibles. Pour la Dares, cette perception s'explique notamment par le caractère temporaire de l'apprentissage et par la perspective d'une insertion durable dans le métier préparé, qui conduit les jeunes à accepter plus facilement les exigences de leur future profession.

Mort d'un apprenti dans le Vaucluse

Dommage que l'étude Dares ne fasse aucune référence aux décès d'apprentis sur leur lieu de travail, comme celui survenu dans le Vaucluse le mois dernier.

« En 2024, 3 % des décès liés au travail concernent des salariés de moins de 25 ans et cela représente 22 décès. Il s'agit, de façon plus importante que pour les autres classes d'âge, d'accidents du travail ayant une origine professionnelle identifiée, c'est-à-dire hors malaises ou suicides, ou liés au risque routier », soulignait la Caisse nationale d'assurance maladie (CNAM) dans son rapport annuel 2024.

« Quelles conditions de travail en contrat d'apprentissage ? », Dares, Analyses, n°25, juin 2026.