Nicolas Rivier, directeur du développement d’Atlas.

Nicolas Rivier, directeur du développement d’Atlas.

Atlas relance le contrat de professionnalisation en finançant les profils seniors à 100 %

Relégué derrière la période de reconversion comme outil au service des transitions professionnelles, le contrat de professionnalisation opère un retour en grâce auprès des plus de 26 ans. Un mouvement qu'Atlas, l'Opco des services financiers et du conseil soutient en reconduisant sa prise en charge intégrale pour les profils seniors.

Par - Le 30 mars 2026.

Et si le contrat de professionnalisation connaissait un second souffle grâce aux profils seniors en reconversion, et aux entreprises qui choisissent de les recruter ? Depuis plusieurs années, ce dispositif est en net recul chez les jeunes de moins de 26 ans, notamment en raison de la suppression de l'aide à l'embauche en 2024 et de la montée en puissance de l'apprentissage. Pourtant, dans le même temps, il séduit de plus en plus de candidats plus âgés, souvent en recherche d'emploi. Selon une étude récente de la Dares (https://dares.travail-emploi.gouv.fr/donnees/le-contrat-de-professionnalisation), 59 % des 81 800 contrats débutés en 2025 concernent des personnes de 26 ans ou plus (soit +2 points par rapport à 2024), et 58 % des bénéficiaires étaient auparavant demandeurs d'emploi.

À l'origine, le contrat de professionnalisation n'était pourtant pas conçu comme un outil privilégié de reconversion. Il a même été éclipsé par la période de reconversion, la grande innovation de l'accord national interprofessionnel du 25 juin 2025, transposé dans la loi du 24 octobre 2025. Malgré cela, certaines entreprises plébiscitent cet outil, avec l'aide de leur opérateur de compétences.

Plan d'action spécifique

C'est notamment le cas des branches accompagnées par Atlas, l'Opco des services financiers et du conseil. « Dès l'été 2025, nous avons lancé un plan d'action spécifique en faveur des salariés expérimentés : analyse des besoins, webinaires, professionnalisation des équipes internes, ajustement de l'offre de services… », explique Nicolas Rivier, directeur du développement d'Atlas.

Ce plan s'est traduit par une promotion du contrat de professionnalisation pour les seniors dans l'offre d'Atlas, relayée sur le terrain par les équipes dédiées à la diversité et à l'inclusion. Le conseil d'administration a également décidé de financer intégralement le coût de la formation de ces publics. Reconduite en 2026, cette mesure bénéficie d'une enveloppe d'abondement de 300 000 euros.

Un recrutement « quasiment indolore »

Un levier déterminant pour les entreprises, en particulier les plus petites. « Cela rend le recrutement de salariés expérimentés quasiment indolore », souligne Nicolas Rivier. Un constat partagé par Lucy Colin, directrice générale de DCE Conseil, un bureau d'études spécialisé dans les diagnostics et audits énergétiques : « Cette prise en charge nous permet de sécuriser notre investissement et d'accompagner sereinement une reconversion professionnelle, ce qui est essentiel pour une très petite structure comme la nôtre. »

Du côté des candidats, le contrat de professionnalisation offre la possibilité de découvrir un nouveau métier tout en se formant. Benjamin Paillet, 53 ans, en témoigne : « Après un parcours dans l'ingénierie informatique puis une reconversion dans l'artisanat, je cherchais à retrouver un équilibre entre mes compétences, mes convictions et la réalité du marché. Le contrat de professionnalisation m'a permis de structurer cette nouvelle étape et de sécuriser ma formation, dans un secteur qui recrute, tout en étant accompagné par mon école et mon entreprise ».

Un « réel intérêt » pour la période de reconversion

La promotion du contrat de professionnalisation n'empêche pas le déploiement de la période de reconversion au sein du réseau Atlas, notamment depuis la publication des décrets fin janvier 2026. « Les branches manifestent un réel intérêt pour ce nouveau dispositif qui apparaît plus simple à mettre en œuvre que la Pro A (reconversion ou promotion par alternance) qu'il remplace, car il ne dépend ni d'accord à étendre ni du niveau de qualification des salariés », observe Nicolas Rivier.

Si aucune demande de financement n'a encore été enregistrée, les premières devraient émerger dès le mois d'avril. Les webinaires organisés révèlent déjà un intérêt marqué des entreprises pour les reconversions internes. En revanche, les mobilités externes apparaissent plus complexes à déployer sur le plan juridique : « très vite, l'employeur se retrouve confronté à l'obligation d'engager une négociation collective », souligne-t-il.

Lire aussi :

Les GEIQ défendent le contrat de professionnalisation.