L’analyse des résultats du sondage Acteurs publics / Ifop, avec Émilie Agnoux, co-fondatrice du think tank Le Sens du service public, Olivier Tesson, DSI du Conseil départemental de l’Essonne, et Benjamin Szames, directeur de comptes secteur public chez Microsoft France.

L’analyse des résultats du sondage Acteurs publics / Ifop, avec Émilie Agnoux, co-fondatrice du think tank Le Sens du service public, Olivier Tesson, DSI du Conseil départemental de l’Essonne, et Benjamin Szames, directeur de comptes secteur public chez Microsoft France.

Les agents publics se déclarent en attente de formations à l'IA

Un sondage Acteurs publics / Ifop réalisé auprès de 711 agents publics révèle une adoption “réelle mais encore expérimentale" de l'intelligence artificielle. Si les bénéfices opérationnels, comme le gain de temps, sont largement identifiés, les agents conditionnent le déploiement de ces outils à un cadre sécurisé et à un accompagnement par une formation pratique et ciblée.

Par - Le 13 juillet 2026.

La formation professionnelle et le développement des compétences apparaissent indispensables pour réussir la transformation numérique. Un répondant du sondage Acteurs publics sur deux réclame “la mise en pratique sur des cas d'usage réels après la formation", soulignant une volonté d'immédiateté opérationnelle... Le besoin de spécialisation est tout aussi fort, avec 43 % des agents favorisant “les formations spécialisées par métier ou domaine d'activité". Cette approche pragmatique est complétée par une exigence de culture commune : 40 % des sondés insistant sur l'importance de “la formation des managers et décideurs publics" pour piloter ces changements.

L'absence de formations adaptées aux acteurs publics

L'enquête pointe que “l'absence de formations adaptées aux acteurs publics" constitue un frein majeur pour 21 % des répondants. Parallèlement, 23 % des agents soulignent “le manque de personnes déjà compétentes en interne (tech et métiers)". Il ne s'agit donc pas seulement d'apporter un savoir technique, mais d'ancrer l'usage de l'IA dans les processus métiers existants pour éviter que les outils ne restent déconnectés de la réalité du service public.

Au-delà de la formation, le succès de l'IA repose sur une sécurisation des pratiques. La priorité absolue demeure “les garanties sur la souveraineté et la sécurité des données", citées par 54 % des agents comme le besoin d'accompagnement indispensable. Cette exigence de confiance se double d'un besoin de partage, 41 % des répondants appelant à multiplier “les retours d'expérience et partage de bonnes pratiques d'autres administrations". L'objectif, pour une large majorité : réduire les tâches répétitives pour se concentrer sur des missions à plus forte valeur ajoutée, comme l'expertise et la “relation usager".

Le potentiel de transformation

L'IA s'installe ainsi, progressivement, comme un assistant opérationnel du quotidien. Avec 47 % des agents utilisant l'IA occasionnellement et 23 % régulièrement, le potentiel de transformation est manifeste. Toutefois, le passage d'une phase de “développement" à une intégration profonde dans les processus métiers ne pourra se faire sans une montée en compétences structurée, souligne l'enquête.

Enquête Ifop pour Acteurs publics, “Le regard des acteurs de la fonction publique sur l'intelligence artificielle", juin 2026.

En vidéo, une analyse de ces résultats avec Émilie Agnoux, co-fondatrice du think tank Le Sens du service public, Olivier Tesson, DSI du Conseil départemental de l'Essonne, et Benjamin Szames, directeur de comptes secteur public chez Microsoft France.