Des pistes pour mieux accompagner les reconversions professionnelles (matinée de l’Afref)  

A l’heure où la crise et les transformations des métiers encouragent les reconversions, la question de l’accompagnement s’avère cruciale. Lors d’une matinée organisée par l’Afref, le 21 avril, des acteurs impliqués dans la concrétisation de ces projets ont dressé un panorama des leviers à actionner pour mieux accompagner les transitions professionnelles.

Par - Le 25 avril 2022.

« Il n’y a pas eu de grand soir pour les dispositifs d’accompagnement ! Que ce soit le CEP, le bilan de compétences, la VAE ou d’autres mesures, le grand boom de l’accompagnement n’a pas eu lieu. Pourquoi ? ». C’est la question posée par René Bagorski, président de l’Afref [ 1 ]Association française pour la réflexion et l’échange sur la formation, en ouverture de la matinée d’échanges du 21 avril. Ce rendez-vous avait pour thématique « L’accompagnement depuis la loi de 2018. Quelle pertinence au regard des parcours des usagers ? ».

Faible recours aux dispositifs d’accompagnement

En début d’année, France compétences a publié une étude qui met en lumière les axes de progression de l’offre publique d’accompagnement : « être moins linéaire, davantage ancrée dans le monde du travail, et poursuivie après le changement d’emploi », illustre Béatrice Delay, responsable évaluations et études qualitatives à France Compétences. L’étude en deux volets montre en effet que seulement 36 % des personnes ayant entamé ou achevé une reconversion professionnelle entre 2016 et 2021 ont bénéficié d’un accompagnement public, c’est-à-dire d’un des services délivrés par un opérateur du conseil en évolution professionnelle (y compris Pôle emploi), une collectivité locale, une Chambre de commerce et d’industrie ou un incubateur d’entreprise. Comment faire mieux ?

Mieux informer et faciliter les démarches

« Le CPF de transition professionnelle, ou projet de transition professionnelle, est encore mal identifié par les salariés et par les employeurs, souligne Stéphan Guénezan, directeur général de l’association Transitions Pro Hauts-de-France. La crise sanitaire a par ailleurs bouleversé les pratiques et révélé des voies d’amélioration. « La mise à distance des outils au travers des dossiers dématérialisés et du suivi en ligne pose le problème du rapport à l’écrit chez de nombreuses personnes souhaitant se reconvertir. » Il y a selon Stéphan Guénezan : « une offre à réinventer pour les aider ».

Accompagner les personnes et les entreprises

L’étude de France compétences met en avant l’intérêt d’un double accompagnement : des personnes désireuses de changer de voie mais aussi des employeurs susceptibles de les accueillir y compris lors d’une période de découverte des métiers. « Ce type d’accompagnement a l’intérêt de montrer la réalité des métiers pour éviter les fantasmes », estime Béatrice Hétier-London, chargée de mission SPRO partenariats à l’Apec Ile-de-France. Mais, selon elle, c’est compliqué à mettre en place, cela coûte cher et n’est pas forcément financé. Pour autant, il y aurait un intérêt à encourager les entreprises à « s’ouvrir à des publics en reconversion et en difficulté, et à recevoir des propositions peu habituelles ».

Faire le lien entre deux statuts différents

La poursuite l’accompagnement après la reconversion et l’intégration dans une nouvelle entreprise fait aussi partie des voies à explorer. « On commence à y travailler, notamment en permettant d’entamer une formation en tant que demandeur d’emploi et de la poursuivre sous un autre statut dans l’entreprise d’accueil », a indiqué Hervé Jouanneau, adjoint à la direction formation de Pôle emploi. Selon lui, il y a aussi un travail à mener « sur la personnalisation du suivi et de l’accès à la formation en cas d’éloignement, de problématique de garde d’enfants, etc. »

La matinée de l’Afref a aussi été l’occasion d’évoquer l’accompagnement des projets de reconversion des personnes en situation de handicap. Pour Bacta Lavau, coordinatrice départementale de Cap emploi 75, « l’alternance et le soutien aux employeurs sont des solutions. Quant à la professionnalisation des conseillers, elle pose la question d’un socle de métier commun et d’un travail en réseau ».


Les reconversions professionnelles à rebours des idées reçues (France compétences)

L’offre publique d’accompagnement à la reconversion professionnelle doit encore progresser

Notes   [ + ]

1. Association française pour la réflexion et l’échange sur la formation

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