Quelles perspectives pour la VAE ?

Par - Le 19 février 2008.

Le rapport remis au Parlement sur le bilan de la VAE [ 1 ]La validation des acquis de l’expérience (VAE), rapport au Parlement en application de l’article 146 de la loi n° 2002-73 du 17 janvier 2002 de la modernisation sociale, décembre 2007. estime que le dispositif doit faire l’objet de suivi et d’un approfondissement pour que les individus et les entreprises y accèdent davantage. Plusieurs clarifications sont préconisées parmi lesquelles : l’indemnisation des jurys, dont la mise à plat se fera après une analyse des pratiques, dont celles des Opca ; clarification des conditions financières (coûts et ressources) pour le candidat ; clarification sur la phase de recevabilité : le formulaire de candidature unique à tous les certificateurs doit s’accompagner de précisions pour éviter les interprétations restrictives (tenir compte du niveau d’exigence des jurys et des chances objectives d’obtenir le diplôme). Un traitement purement administratif de cette étape par des personnels déconnectés de la phase d’instruction du dossier peut, par exemple, les entraîner à s’en tenir aux intitulés d’emploi sur les CV et autres documents sans rapprocher des compétences réellement acquises dans les postes occupés.

Le rapport étudie la place de la VAE dans la sécurisation des parcours professionnels. Il distingue deux types d’approches de la part des candidats. La VAE « de constat » où celui-ci désire obtenir l’attestation de sa qualification par la délivrance d’un diplôme entier. L’autre type, dite VAE « de parcours », consiste à faire constater les compétences acquises pour centrer son investissement formatif sur celles qui font défaut.

Certains services d’orientation privilégient cette lecture de la loi et orientent les candidats à viser le diplôme correspondant à l’emploi qu’ils occupent, le plus directement accessible, sans chercher à les faire monter en niveau (obtenir un bac pro au lieu de se former plus et briguer un BTS, par exemple). Ils tablent sur la dynamique positive du diplôme obtenu qui devrait inciter les candidats à se former après. Cependant, c’est ne pas considérer qu’enchaîner deux procédures lourdes (VAE puis formation), complexes de par leurs procédures et la multiplicité des acteurs entrant en jeu entraîne un taux d’abandon important.

D’ailleurs, les candidats ayant obtenu une validation partielle ont beaucoup de difficultés à trouver une offre de formation et de financement adaptée à leur situation, surtout que les lignes budgétaires de la VAE sont gérées distinctement de celles de la formation. Articuler un tel parcours nécessite un accompagnement, or, « dans les dispositifs actuels, cette fonction n’est dévolue à personne en particulier ».

Une fonction d’appui renforcé est présente dans la plupart des dispositifs de VAE collective : diagnostic d’opportunité en amont, référent dédié, financements de parcours mixte, régulation des certificateurs, suivi post-jury dans le cas de validation partielle. « Ce type d’appui pourrait être proposé à tous ceux qui s’engagent dans une démarche de VAE. (…) Cette mission devrait faire l’objet de possibilités de financement au même titre que la prestation d’accompagnement. »

Le rapport étudie la place de la VAE dans la gestion des ressources humaines dans les entreprises. « La mise en place du dispositif dans les entreprises reste encore d’étendue modeste », reconnaît le rapport. Néanmoins, on perçoit un « réel mouvement d’intérêt pour les certifications en général de la part des acteurs économiques. Celles-ci peuvent servir de référentiels de compétences et une démarche de plus en plus fréquente consiste à les formaliser pour les transformer en certificats de qualification professionnelle (CQP), et de plus en plus, les branches sollicitent leur inscription au RNCP.

Côté salariés, leur engagement dans la VAE dépend largement de la reconnaissance organisée par l’entreprise et le collectif de travail, mais le meilleur moteur, c’est surtout la reconnaissance en salaire ou un meilleur statut. Cependant, elle reste attractive même si elle ne permet pas une progression de niveau (au sens de la nomenclature des formations) si elle est reconnue par l’entreprise ou la branche.

D’autres questions sur la VAE font l’objet du rapport qu’Éric Besson, secrétaire d’État chargé de la Prospective et de l’Evaluation des politiques publiques doit remettre prochainement. Il répondra, notamment, à des questions sur les freins au développement de la VAE, sur l’articulation de la VAE avec d’autres outils de développement des compétences et sur la meilleure inscription de la VAE dans les parcours professionnels, surtout en ce qui concerne les publics prioritaires du SPE.

Notes   [ + ]

1. La validation des acquis de l’expérience (VAE), rapport au Parlement en application de l’article 146 de la loi n° 2002-73 du 17 janvier 2002 de la modernisation sociale, décembre 2007.

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