L’apprentissage progresse, surtout dans le supérieur

Par - Le 06 janvier 2009.

L’objectif des 500 000 apprentis fixé par Jean-Louis Borloo en 2005 devant être atteint en 2009, le compte à rebours a commencé. Mais avec 408 000 jeunes préparant un diplôme en apprentissage enregistrés au 31 décembre 2006, il serait à portée de statistiques si on en croit la note d’information de la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) parue en décembre [ 1 ]Note d’information 08.33 de décembre 2008 de la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance du ministère de l’Éducation nationale.

En tout état de cause, les effectifs d’apprentis sont en forte progression, +13 % depuis 2003, surtout dans le supérieur qui concerne un apprenti sur cinq. Ayant débuté dans les années 90, l’apprentissage dans le supérieur a augmenté de 12 % par an, contre 1,3 % pour les niveaux IV [ 2 ]bac, brevet professionnel ou équivalent et V [ 3 ]CAP, BEP ou équivalent : on compte plus 30% d’apprentis aux niveaux II [ 4 ]bac +3 et +4 et III [ 5 ]bac+2 et même plus 60 % an niveau I [ 6 ]bac+5 et grandes écoles entre 2003 et 2006. La licence professionnelle connaît un essor important (7100 apprentis en 2006 contre 3000 en 2003), conséquence de la mise en place du système LMD en 2002. Cependant, le niveau V représente encore 60% des effectifs, avec 45% pour le CAP.

La production domine avec 61 % des spécialités enregistrées, malgré une érosion au bénéfice des services. Aux niveaux IV et V, ce sont les spécialités traditionnelles du bâtiment, l’alimentation ou la coiffure qui tiennent le haut du pavé. Dans le supérieur, ce sont l’informatique et la gestion (respectivement +16 % et + 13 % par an entre 2003 et 2006) qui sont les plus dynamiques, surtout au niveau I (respectivement +35 % et +55 %).

Passant de 28,8% des effectifs en 1998 à 30,5%, les filles adoptent petit à petit ces contrats en alternance. Les spécialités sont très sexuées : 81% des garçons sont en production, 85% des filles dans les services et elles sont globalement plus présentes dans le supérieur que dans le secondaire, sauf en commerce et vente.

L’apprentissage a trois « visages » différents selon l’étude. D’une part, des spécialités traditionnelles (niveaux CAP, BEP et bac), très sexuées : coiffure et santé pour les filles, bâtiment, agriculture, automobile, électricité-électronique pour les garçons. D’autre part des spécialités récentes : informatique, gestion, communication et ressources humaines.

Enfin, les spécialités de commerce, vente et accueil-hôtellerie-tourisme dans lesquelles on peut étudier à tous niveaux d’étude, ressemblent le plus à une filière complète d’apprentissage, car, selon l’étude, l’origine scolaire des apprentis montre qu’il n’existe pas de véritable « filière apprentissage » permettant à un jeune préparant un CAP d’aller jusqu’au diplôme d’ingénieur.

Notes   [ + ]

1. Note d’information 08.33 de décembre 2008 de la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance du ministère de l’Éducation nationale
2. bac, brevet professionnel ou équivalent
3. CAP, BEP ou équivalent
4. bac +3 et +4
5. bac+2
6. bac+5 et grandes écoles

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