La FOAD, un outil privilégié pour les salariés des PME et les publics les plus fragiles

Par - Le 07 mai 2009.

La DRTEFP et le Conseil régional du Nord-pas-de-Calais organisaient mardi 5 mai une journée sur le thème « Formation ouverte et à distance et dispositifs territorialisés ». Cet événement dont le Centre INFFO était partenaire [ 1 ]Les partenaires de la journée « FOAD et dispositifs territorialisés » de Lille étaient outre la DRTEFP, le Conseil régional et la C2RP, la Bibliothèque Georges Pompidou, le Centre INFFO, le Carif Languedoc-Roussillon, Eduter, AAp, la Cité des Métiers, l’Europe s’engage, et Libres savoirs., arrivait à point nommé pour montrer l’utilité et la pertinence de la FOAD destinée aux publics peu qualifiés et aux salariés de TPE et PME, cibles privilégiées du projet de loi de réforme de la formation présenté le 6 mai en commission à l’Assemblée nationale.

« Avec la FOAD, on pensait toucher les niveaux les plus élevés de formation, a commenté Sylvie Delaye, directrice adjointe de l’Agefos-PME Nord Picardie, et «grand témoin » de la deuxième table ronde de cette journée : « Finalement ce sont les premiers niveaux de qualification qui ont fait l’objet de la création la plus intensive de dispositifs et de produits, l’outil informatique permettant de faire reculer les résistances habituelles des personnes peu qualifiées à se former. Par ailleurs, les employeurs des PME et TPE sont très preneurs de formations courtes et souples à organiser dans le temps. Il ne faut pas oublier que trois personnes en formation peut signifier 50 % des effectifs en moins dans une TPE. »

De fait, qu’il s’agisse de combler en douceur et de façon ludique des lacunes dans les savoirs de base ou bien encore de préparer des personnes à entrer dans un processus de VAE ou à former en vue de certifications précises, la FOAD présente des qualités de souplesse d’utilisation et d’autonomisation des personnes très appréciées.

Et pourtant, « la Cegos vient de publier une enquête auprès de 2600 salariés européens d’entreprises de plus de 500 salariés qui constate que 40% des salariés européens ont eu accès à une formation ouverte à distance, une proportion qui grimpe à 47 % pour la Grande-Bretagne, se situe à 39 % pour l’Allemagne mais seulement à 24 % pour la France », a regretté Yves Obré, directeur du C2RP.

Des explications à cela… En premier lieu, des freins culturels avec le difficile passage de la transmission de connaissance à la création de produits destinés à créer des compétences, à les évaluer et même à les certifier. Freins technologiques avec un développement insuffisant des TIC dans notre pays. Freins financiers, enfin, avec des coûts élevés en matériels et une prise en charge encore inégale et parfois timorée selon les Fongecif ou les Opca malgré une circulaire du 20 juillet 2001 de la DGEFP que celle-ci estime au demeurant suffisante…

« Il est vrai qu’il y a une diversité de situations de prise en charge de la FOAD d’un Fongecif ou d’un Opca à l’autre, a reconnu Françoise Gérard du Centre INFFO qui animait les débats, les Fongecif et les Opca travaillent néanmoins à une homogénéisation de leurs prises en charge. »

En tout état de cause, les progrès techniques réalisés ces dernières années autorisent l’indispensable traçabilité du temps passé par les stagiaires, élément nécessaire pour la prise en charge financière de la FOAD. Le C2RP vient d’ailleurs de publier un guide « Traçabilité des actions de formation ouverte et/ou à distance » qui permet de disposer de tous les repères techniques, législatifs, réglementaires et conventionnels afin d’assurer la reconnaissance de ce type de formation.
Une représentante du CNAM dans la salle déclarait à cet égard : « Nous disposons d’outils techniques de suivi. On émarge à distance. Sur le DIF, la question est claire. On fonctionne sur le temps réalisé. Les Opca décident néanmoins de la prise en charge. Au-delà de 20 heures, il n’y a pas de réponse. »

Ces formations dont le financement apparaît encore parfois aléatoire n’en frappent pas moins par leur diversité, leur créativité et leur adéquation aux nouvelles orientations impulsées par le projet de loi en cours d’examen. « Coach emploi » : outil de recherche d’emploi pour des personnes en difficulté conçu par le Gréta de Douai et Partenaire Insertion formation, en est un exemple. Oriadis : « Trouver des idées de métiers » se présente, lui, comme un outil d’orientation à caractère ludique, conçu pour des adultes en cours d’emploi par l’Afpa.

Plusieurs outils destinés spécifiquement aux salariés des PME-TPE et à leurs dirigeants ont aussi été présentés tels : « Les compétences transversales en PME-TPE » du GIP Académique et « Ressources pédagogiques pour former des salariés des PME-TPE » présenté par le réseau des APP du Nord-Pas-de-Calais. Enfin, last but not least, « Libres savoirs », une plateforme régionale de FOAD de la Région Centre qui couvre 25 000 personnes et a produit 35 000 actions portant sur les savoirs de base, présentée par Leila Khelil, de la direction générale formation-éducation du Conseil régional, avec vingt-six espaces sur le territoire de la région pour un coût total de 7 millions d’euros. « Notre philosophie du paiement des coûts aux organismes de formation passe systématiquement par la confirmation des usagers », a-t-elle déclaré avec fermeté, la première des traçabilités à gérer en effet…

Notes   [ + ]

1. Les partenaires de la journée « FOAD et dispositifs territorialisés » de Lille étaient outre la DRTEFP, le Conseil régional et la C2RP, la Bibliothèque Georges Pompidou, le Centre INFFO, le Carif Languedoc-Roussillon, Eduter, AAp, la Cité des Métiers, l’Europe s’engage, et Libres savoirs.

Centre Inffo vous conseille également

Afnor