Les Écoles de la 2ème Chance, un dispositif labellisé

Par - Le 29 octobre 2010.

Comme les Ateliers de Pédagogie personnalisée (APP), les Écoles de la 2ème Chance inscrivent leur démarche Qualité dans un processus de labellisation. Une démarche longue et exigeante présentée lors du 2ème colloque national de la Fondation des Écoles de la 2ème Chance et du réseau E2C France (26 octobre, Paris).

Pourquoi une labellisation ? Pour s’assurer que « l’ensemble des écoles respectent la charte des principes fondamentaux, concrétisée dans le cadre du cahier des charges », explique Jean-Marie Marx, directeur général d’Agefaforia et président de la Commission nationale de labellisation des E2C. Constituée de manière à reproduire le mode de gouvernance des écoles, la Commission regroupe des représentants de l’État (ministères de l’Éducation nationale, de l’Emploi, de la Ville et de la Jeunesse), des collectivités territoriales et locales, d’organismes consulaires et des Missions locales. Organisme externe et indépendant, la Commission est chargée de se prononcer sur les audits effectués par l’Afnor. Signe que la démarche va bien au-delà de la déclaration d’intention qui caractérise l’adhésion à une charte, Jean-Marie Marx précise que « la labellisation n’intervient qu’après une à deux années d’activité », le temps nécessaire pour vérifier que les process sont bien respectés.

Concrètement, il s’agit pour l’organisme candidat de déposer un dossier auprès du comité de suivi du label du réseau, lequel le transmet à l’organisme certificateur Afnor qui réalise un audit. Cet audit, qui inclut un avis sur la labellisation, est ensuite adressé à la commission nationale de labellisation, à charge pour elle de délivrer un avis motivé au comité de suivi. Enfin, celui-ci confirme, ou non, sa labellisation au candidat. Les écoles « labellisées » sont alors membres actifs du réseau E2C France, avec les droits et obligations liés. Parmi les obligations, figurent notamment « une relation privilégiée avec le monde de l’entreprise, la mise en place d’un parcours de formation individualisé et la délivrance d’une attestation de compétences acquises », (qui n’est pas encore un diplôme, (voir notre article). Parmi les droits et outre l’usage de la marque, certains financements, dont la taxe d’apprentissage (qui représente 6 % du budget d’une E2C) et le financement de l’État, qui intervient désormais à hauteur d’environ 20 %[ 1 ] Les premiers financeurs restent les Régions, à hauteur de 30 à 40 %, suivies du FSE, des conseils généraux et des municipalités.

Bien sûr, « le processus est continu puisque le label est renouvelé tous les quatre ans », conclut Jean-Marie Marx.

École de la 2ème Chance, « un nom magnifique » pour quels résultats ?

Comme pour justifier les propos d’Olivier Jospin, président de la Conférence des Présidents des E2C, qui venait de vanter le « nom magnifique » d’École de la 2ème Chance, le vice-président du réseau E2C France, Lionel Urdy a rappelé les chiffres encourageants du dispositif. Aujourd’hui présentes dans 14 Régions, les E2C devraient avoir accueilli d’ici fin 2010 quelques 9300 jeunes, à une encablure des 12 000 places souhaitées par Nicolas Sarkozy lors de l’annonce du plan d’urgence pour l’emploi des jeunes présenté le 24 avril 2009. En plein développement, de nombreuses ouvertures sont prévues dans les prochains mois : Bretagne, Centre, Dom-Tom, Ile-de-France, Languedoc-Roussillon, Pays de la Loire, Rhône-Alpes, etc. Mais surtout, le chiffre dont les E2C semblent être le plus fières, ce sont les « 59 % de sorties positives » : est considéré comme « sorti positif » le jeune quittant le dispositif à l’occasion d’une entrée en formation ou d’un accès à l’emploi. Si 4 % accèdent à un contrat aidé et 22 % à l’emploi « classique », 33 % intègrent une formation dont 11 % en alternance. À noter que pour ces jeunes sans qualification, l’entrée en formation est jugée préférable à l’accès direct à l’emploi, pour des raisons évidentes de « sécurisation des parcours » (Oliver Urdy).

Preuve de la reconnaissance de l’action des E2C, l’État, qui n’était pas présent à la création du réseau, a décidé d’accroître sa participation en portant son soutien de 9 millions d’euros il y a trois ans à 24 millions au budget 2011 (voir notre article).

www.fondatione2c.org/www.reseau-e2c.fr

Notes   [ + ]

1. Les premiers financeurs restent les Régions, à hauteur de 30 à 40 %, suivies du FSE, des conseils généraux et des municipalités

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