Nord-Pas-de-Calais : l’Adice œuvre pour la mobilité professionnelle des demandeurs d’emploi

Par - Le 23 décembre 2010.

Lors de la conférence organisée par l’agence 2E2F (Europe éducation-formation France) les 18 et 19 novembre à Paris sur le rôle de la mobilité internationale dans la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale, Rémi Doué, chargé de mission “mobilité internationale” au sein de l’Association pour le développement des initiatives citoyennes et européennes (Adice), a présenté l’action de sa structure, dont le siège est à Roubaix, qui comprend une antenne en Rhône-Alpes et prochainement une en Île-de-France.

L’Adice a été fondée en 2000 par Djamel Benia. Après cinq ans de chômage, ce dernier a eu l’opportunité de partir faire du volontariat au Québec, ce qui l’a complètement remotivé dans sa recherche d’emploi. Fort de son expérience, il a décidé de monter une association pour permettre aux demandeurs d’emploi de se tourner vers le volontariat ou de partir en stage en Europe, dans le cadre du programme de mobilité européenne Leonardo. “Nous proposons une alternative à ce qu’offrent de leur côté les Missions locales et Pôle emploi”, explique Rémi Doué. L’association va ainsi à la rencontre des jeunes des Missions locales, dans les Crij ou dans les Écoles de la deuxième chance.

L’Adice permet à des demandeurs d’emploi de partir en stage trois mois dans un pays européen. Les deux premières semaines sont automatiquement consacrées à l’apprentissage de la langue. Si le stagiaire a de grandes difficultés, l’Adice lui demande de suivre trois semaines de cours auprès du Gréta de la Région Nord-Pas-de-Calais. Pas de limite d’âge, même si la majorité des stagiaires ont entre 22 et 35 ans, mais des critères sociaux. Seront donc privilégiées les personnes habitant en Zus, les bénéficiaires du RSA, les demandeurs d’emploi de longue durée, les moins diplômés et les personnes victimes de discriminations ethniques.

[(UN LIVRET DE MOBILITÉ

Pour élaborer le projet, l’Adice a mis en place un livret de mobilité qui comprend sept phases : la réunion d’information collective, un premier rendez-vous d’identification de la personne, un rendez-vous de définition de projet, au cours duquel un CV et une lettre de présentation sont réalisés en langue étrangère, le plus souvent en anglais. Viennent ensuite le rendez-vous de validation, au cours duquel l’Adice et le futur stagiaire s’engagent l’un et l’autre à respecter le contrat : pour l’association, cela signifie l’accompagnement de la personne jusqu’à son retour en France, et, pour le stagiaire, de tenir son engagement jusqu’au bout. La personne suit ensuite deux jours de préparation administrative et pédagogique. Le suivi de stage, l’évaluation au retour et la “filiarisation”, qui consiste à recontacter le stagiaire six mois après son retour, pour savoir ce qu’il est devenu, sont les trois dernières phases.)]

Pour trouver des stages, l’Adice travaille avec deux types de partenaires : des entreprises qui ont déjà reçu des stagiaires et qui souhaitent poursuivre l’expérience, et des prestataires qui s’engagent à trouver un stage, un logement et des cours de langue pour le bénéficiaire. En outre, c’est ce prestataire qui suivra la personne lors de son stage.

Depuis dix ans, l’Adice a permis à 160 demandeurs d’emploi de partir en stage à l’étranger. En 2010, ils ont été une trentaine. Le seul financement que le stagiaire doit fournir concerne ses frais de transports lors de son stage. Une mobilité coûte environ 4 000 euros, dont 2 700 euros sont financés par le programme de mobilité européenne Leonardo. La rémunération des stagiaires n’est pas imposée, mais ils reçoivent pour la plupart des indemnités.

“Ils reviennent tous très « positifs », avec davantage de confiance en eux. Certains n’étaient jamais partis seuls à l’étranger. En outre, le fait qu’ils aient cette expérience récente et originale séduit les employeurs”, souligne Rémi Doué. La plupart souhaitent devenir assistant administratif ou commercial, travailler dans le tourisme ou dans la communication.

L’Adice a mis en place depuis un an un logiciel de gestion des projets de mobilité dans lequel ont été intégrées des données spécifiques pour les personnes vulnérables sur le marché de l’emploi, afin de mesurer l’impact de leur mobilité, que ce soit de manière quantitative (obtention d’un emploi ou reprise d’une formation) et qualitative (confiance en soi, compétences acquises et notamment les soft skills[ 1 ]Les compétences dites douces sont orientées vers les interactions humaines. ).

Dans les six mois qui suivent le retour, environ trois partants sur quatre sont en poste, ont repris une formation ou sont repartis en mobilité.

Notes   [ + ]

1. Les compétences dites douces sont orientées vers les interactions humaines.

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