Le difficile accès au premier emploi

Semaine de l’insertion professionnelle – 3ème édition du Forum des agences d’emploi

Par - Le 28 septembre 2011.

Organisée par le Cidj en partenariat avec Prisme dans le cadre de la Semaine de l’insertion professionnelle (26 au 29 septembre 2011), la 3ème édition du Forum des agences d’emploi a permis de réunir plus d’une vingtaine d’agences venues présenter aux jeunes les secteurs qui recrutent et les qualifications recherchées.

Principal objectif des agences : pourvoir aux offres du moment, mais aussi et surtout, récupérer des CV pour alimenter leur réseau. Principale difficulté rencontrée par les jeunes : surmonter leur manque d’expérience. Difficile mais pas impossible, nous explique Corinne Lery, directrice d’une agence parisienne du réseau Aura : « du moment qu’ils ont un vernis technique [ndr : comprendre un diplôme…], nous les prenons et les entreprises les forment sur le terrain », assure-t-elle avant d’ajouter en avoir « placer une quinzaine l’an dernier ».

« Avec expérience, c’est tout de même plus facile », tempère pour sa part Capucine Chirent, chargée de communication du groupe DGE Intérim/Recrutement : « nous essayons de placer les jeunes sans expérience mais les entreprises n’ont pas vraiment confiance et ne veulent pas les former. Pour eux, la clé reste la motivation et l’acharnement : bien sûr, bien se présenter lors de l’entretien, montrer que l’on en veut et que l’on souhaite apprendre, sans oublier de valoriser toutes ses expériences, mêmes petites et sans rapport avec le secteur visé. Et surtout, faire en sorte que le recruteur se souvienne de vous et ne pas hésiter à le rappeler pour tenter de le rassurer sur des points ayant pu poser problème lors de l’entretien ». Autre moyen de contourner l’obstacle, prouver son « opérationnalité immédiate, principal souci des entreprises », estime Franck Guillaume, directeur des agences Job Center de Juvisy et Massy. « En dehors de l’expérience, la qualification est également très importante, même si certains postes, par exemple de préparateurs de commande, sont parfois accessibles aux non qualifiés », ajoute-t-il avant de préciser qu’ « il faut alors être très motivé et très ponctuel ».

Les secteurs représentés au Forum des agences d’emploi

Comptabilité, Finance, Informatique, Paramédical, Espaces verts, BTP, Hôtellerie-restauration, Logistique, Transports, Mécanique et Chimie.

S’il n’est pas question de s’affranchir de ces conseils de bon sens, il faut aussi reconnaître qu’avec un taux de chômage largement supérieur à la moyenne, l’accès des jeunes au premier emploi est particulièrement difficile, y compris pour les plus qualifiés. Exemple avec Jérôme, 24 ans, titulaire d’un Master 2 Management qualité et au chômage depuis novembre 2010 : « j’ai d’abord mis mon CV en ligne sur des sites spécialisés et ainsi obtenu quelques entretiens », nous explique-t-il. « Le problème, c’est que malgré 18 mois de stage cumulés au cours de mes études, on m’a reproché mon manque d’expérience. En fait, il ne s’agit pas seulement d’avoir une première expérience mais une expérience sur le même poste que celui que l’on vise. C’est vraiment difficile car bien qu’étant jeune diplômé, et donc adaptable, on est déjà catalogué et on ne se voit proposer que des postes en rapport avec sa dernière expérience ». D’autant plus dommage selon lui que le métier de qualiticien lui apparaît avant tout comme un « état d’esprit, un métier support tourné vers le client », qu’il se sent capable d’exercer dans le « secteur industriel » en général.

Ayant par ailleurs très peu de retour, qu’il s’agisse de candidatures spontanées ou de réponses à des offres d’emploi, Jérôme s’est engagé en parallèle dans un coaching à l’Apec : « j’ai participé à des ateliers de redynamisation qui m’ont permis de me remettre en cause et d’échanger avec des personnes plus expérimentées. Cela m’a aussi permis de rester motivé et de ne pas tomber dans la culpabilisation, j’ai pu voir que j’étais en concurrence avec des seniors beaucoup plus expérimentés. Quelque part, cela m’a fait prendre conscience de la valeur de signer un contrat et a encore renforcé ma motivation ». De fait et comme en témoigne Jérôme, accepter son changement de statut n’est pas simple : « passer un entretien pour un emploi et passer un entretien pour un stage, ce n’est pas du tout la même chose, en prendre conscience me permet de rester optimiste », souligne-t-il.

S’estime-t-il suffisamment accompagné ? « J’ai un RDV tous les 15 jours avec mon conseiller Apec. C’est bien mais son rôle est surtout de m’aider à travailler les techniques de recherche d’emploi, j’aurais aimé un soutien plus personnalisé ». C’est-à-dire ? « Que mon conseiller ait plus de relations formelles avec le monde de l’entreprise, qu’il puisse m’ouvrir les portes de son réseau ». Son attente par rapport au forum ? « Déposer son CV auprès des agences et prendre des contacts en vue d’une relation suivie ». Avec l’espoir, bien sûr, « que cela débouche rapidement, parce que cela commence à être long : je ne m’imaginais pas que c’était aussi difficile pour un jeune diplômé de sortir la tête hors de l’eau… ».

L’intérim, une solution d’insertion pour les jeunes sans expérience

Chiffres à l’appui, Prisme s’est fait fort de présenter l’intérim comme « une voie d’accès privilégiée à un premier emploi : en 2010, les 147 000 intérimaires de moins de 25 ans totalisaient 28% de l’ensemble des effectifs intérimaires. 84% des intérimaires de moins de 25 ans n’avaient aucune véritable expérience professionnelle avant 2010. Pour 57% d’entre eux, l’intérim a été le moyen de trouver rapidement un emploi et un jeune sur cinq passé par l’intérim a suivi une formation ». Et le Cidj de compléter : « Même si l’offre CDD et CDI est cette année plus fournie, nous tenons à défendre l’intérim qui est bien souvent pertinent pour les jeunes diplômés, qui peuvent ainsi mettre le pied à l’étrier, multiplier les expériences, et se servir de l’intérim comme un tremplin ».

www.cidj.comwww.prisme.eu

Centre Inffo vous conseille également

Afnor