CFA : un bilan 2020 positif malgré les difficultés liées à la crise et à la réforme (enquête France compétences)

Effectifs d’apprentis en hausse, évolution et modernisation de l’offre de formation, situation financière saine pour la majorité des établissements : l’enquête publiée par France compétences, dresse un état des lieux plutôt rassurant à l’heure où les CFA évoluent en pleine zone de turbulences du fait de la réforme et de la crise. Reste un point d’inquiétude majeur : un CFA sur cinq se déclare déficitaire en 2020.

Par - Le 22 décembre 2020.

2020 aura été une année à haut risque pour les centres de formations d’apprenti (CFA). L’ouverture du marché de l’apprentissage, l’introduction du financement au contrat et la crise sanitaire sont venus chambouler leur quotidien, laissant planer des craintes pour leur situation économique. La photographie de l’écosystème fournie par France compétences [ 1 ]enquête quantitative sur le modèle économique des CFA réalisée en octobre 2020 par France compétences auprès de 600 établissements, le 21 décembre, montre que dans l’ensemble les CFA ont bien résisté à ces perturbations.

Effectifs en hausse pour 75% des CFA

Les trois-quarts d’entre eux prévoient une évolution à la hausse de leurs effectifs à la fin de l’année 2020. Cette croissance de 11% en moyenne, plus marquée dans le supérieur, s’explique par le plan de soutien à l’apprentissage (pour 33% des CFA interrogés) et par la mise en œuvre de la réforme (52% des répondants). Sur un marché désormais libéralisé, plus de la moitié des CFA (54%) ont étoffé leur offre en créant de nouvelles sections. Avec là encore une dynamique plus forte pour les diplômes du supérieur.

Situation financière saine pour la majorité des CFA

La hausse des effectifs qui peut atteindre les 20% pour plus d’un quart des CFA est en soi une bonne nouvelle. « Ce n’était pas acquis lorsque nous avons lancé l’enquête, les premières alertes des CFA au printemps laissaient craindre une année très difficile d’autant que lors de la crise de 2008, les effectifs d’apprentis avaient fortement chuté », rappelle Marc-Antoine Estrade, directeur de l’observation et de l’évaluation au sein de France compétences. Cette dynamique soutenue en partie par les aides à l’embauche est, selon lui, une des raisons de la bonne santé financière des CFA. Près de la moitié d’entre eux (46%) seront à l’équilibre à la fin de l’année et 22% anticipent même un bilan excédentaire. Un constat « rassurant », estime Marc-Antoine Estrade : « malgré la crise, l’appareil de formation ne s’est pas effondré. »

Un point d’inquiétude : 19% des CFA en déficit

Reste « un point de vigilance » pour le régulateur : les 19% de CFA qui prévoient de finir l’année en déficit. Le volet qualitatif de l’enquête qui sera lancé début 2021 devrait permettre d’analyser plus finement leur situation. « L’objectif sera d’évaluer s’il s’agit d’un problème d’adaptation à un environnement qui a fortement changé ou de difficultés plus profondes qui les mettraient en danger à moyen terme », précise Marc-Antoine Estrade. Les résultats de l’enquête qualitative permettront aussi d’identifier plus précisément les conséquences de la crise et de la réforme mais aussi les leviers actionnés par les CFA pour s’adapter.

Dépenses en hausse pour 65% des CFA

A ce stade, le premier volet montre d’ores et déjà que le nouvel environnement a eu un impact important sur les modèles économiques des CFA. Près de la moitié d’entre eux (48%) estime que le coût moyen de la formation d’un apprenti a augmenté comparé à 2019. Dans le détail, 44% ont vu leurs ressources augmenter du fait de la réforme (selon 76% des répondants). Mais en parallèle, près des deux tiers (65%) font état d’une hausse de leurs dépenses liée à la réforme et, dans une moindre mesure, à la crise. Cette augmentation des coûts concerne essentiellement les charges de personnel, notamment dans le domaine administratif.

Augmentation des charges administratives

Comme le rappelait récemment la Fnadir (Fédération nationale des directeurs de CFA), la réforme a occasionné un surcroit de tâches aux premiers rangs desquelles la facturation. Mais d’autres facteurs pourraient expliquer cette hausse des dépenses administratives observable depuis 2007 sur l’ensemble du marché de la formation, selon Marc-Antoine Estrade. Renforcement des équipes en charge des relations avec les entreprises et avec les jeunes pour mieux répondre aux besoins du marché, ou encore recrutement de compétences techniques et informatiques pour accompagner la digitalisation de l’activité… : autant de raisons qui poussent les CFA à étoffer leur organisation tout en continuant à investir dans leur offre de formation. Un mouvement qui s’est accéléré cette année. 85% des CFA disent avoir fait évoluer leurs modalités pédagogiques en développant le distanciel et en impliquant davantage les entreprises dans le parcours des apprentis.

Le détail de l’enquête réalisée par France compétences

L’analyse de la direction observation et évaluation de France compétences (podcast)


Les CFA en 2020

Profil :

  • 79% relèvent du privé
  • 54% relèvent majoritairement du secondaire
  • 33% forment moins de 70 apprentis
  • 3% sont des CFA d’entreprise

 

Offre :

  • 61% préparent plus de six diplômes
  • 57% proposent une prestation d’hébergement
  • 81% proposent une autre activité de formation
  • 54% ont ouvert de nouvelles sections d’apprentissage en 2020

 

Organisation :

  • 66 % disposent d’un seul site
  • 44% travaillent en partenariat avec d’autres structures

 

Prévisions 2020 :

  • 75 % prévoient une évolution à la hausse de leurs effectifs , 8% une évolution à la baisse
  • 46 % s’estiment à l’équilibre, 22% prévoient un bilan excédentaire, 19 % un déficit
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Notes   [ + ]

1. enquête quantitative sur le modèle économique des CFA réalisée en octobre 2020 par France compétences auprès de 600 établissements

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