Coronavirus : Le FFFOD oeuvre à la constitution d’une boîte à outils sur la formation digitale

Dans un communiqué publié mercredi 18 mars, le Forum des acteurs de la formation digitale (FFFOD) annonce avoir lancé un appel à ses adhérents pour la construction d’une « boîte à outils » au service du maintien de l’activité de formation. Présentation et éclairage de Jacques Bahry, président du FFFOD.

Par - Le 20 mars 2020.

Le monde de la formation à distance continue de se mobiliser face à la crise sanitaire sans précédent qui affecte l’activité économique et sociale. C’est cette fois-ci au tour du Forum des acteurs de la formation digitale, acteur historique de l’appui au développement des formations ouvertes et à distance créé en 1995, de se lancer dans une initiative solidaire pour le soutien à la continuité pédagogique : « Le FFFOD mettra très bientôt en libre accès sur son site un ensemble de ressources et de bonnes pratiques de la formation digitale pour aider les organismes de formation à déployer des modalités de formation tout à distance dans cette période transitoire », indique l’association dans un communiqué.

Pour ce faire, le FFFOD a ce même jour lancé un appel auprès de sa centaine d’adhérents pour constituer une « boîte à outils ». Objectif ? « Proposer des ressources qualitatives, des bonnes pratiques pour se professionnaliser sur le digital et porter à la connaissance des professionnels des dispositifs et des initiatives qui contribuent à la poursuite de l’activité de formation à distance. »

Invitant à ne pas confondre urgence et précipitation, le FFFOD souligne le risque qu’il y aurait à « déployer des dispositifs au rabais qui s’exonèrent des bonnes pratiques pédagogiques et de l’impératif de qualité ». Protégez-vous en réservant la date du mardi 24 mars, de 13h à 14h30 : une dizaine d’experts du FFFOD réunis en webinaire apporteront des éclairages sur l’accompagnement, les ressources pédagogiques, les classes virtuelles et les outils à déployer.

Le FFFOD a diffusé jeudi 19 mars un second communiqué dédié aux financements, avec un point particulier sur la question des surcoûts et des rémunérations.

3 QUESTIONS À JACQUES BAHRY, PRÉSIDENT DU FORUM DES ACTEURS DE LA FORMATION DIGITALE

Sans jouer à l’excès la partition « crise = opportunité », est-ce qu’il n’y a pas là une occasion forte pour les acteurs d’exposer au plus grand nombre le potentiel de la formation à distance ?

Jacques Bahry – Il faut d’abord dire que l’on ne s’y attendait pas. Personne n’imaginait que, du jour au lendemain, toute l’offre de formation initiale et continue serait sommée de passer à distance. Il ne faudrait pas que cela soit subi. D’où la nécessité d’une mobilisation pour que cela se passe de manière positive et que les gens prennent goût à ce type de dispositifs. Autant les apprenants que les formateurs. Tout cela s’inscrit dans les logiques du temps actuel, que ce soit au niveau des outils numériques ou de l’individualisation des parcours.

Une tendance forte de ces derniers mois dans le secteur de la formation à distance était le « blended learning ». Est-ce que la crise actuelle peut permettre au « tout distance » de revenir dans la course, au-delà de la période de confinement ?

Jacques Bahry – Tout dépend de ce que l’on met derrière « blended ». On considère souvent qu’il s’agit d’un mélange de présentiel et de distance mais en réalité, aujourd’hui, les outils permettent de faire du présentiel à distance ! Quand on dispose des bons outils, il n’y a pas opposition. En revanche, si l’on se contente de déverser en ligne des pages et des pages pour remplacer les cours avec des professeurs, cela ne marchera pas. La formation ouverte et à distance n’est pas un cours en ligne, c’est de l’interactivité et de l’animation !

Est-il réellement possible dans le temps relativement court de la crise sanitaire, de digitaliser des dispositifs qui n’avaient pas été conçus dans une perspective de distance ?

Jacques Bahry – Oui et non. C’est techniquement possible si l’on en a les moyens. Mais l’important n’est pas la digitalisation, c’est la ré-ingénierie de l’ensemble. Prendre un cours et le mettre sur internet, cela va très vite. Repenser le parcours, c’est autre chose. Le risque devant l’afflux d’initiatives éparses et la profusion de ressources, c’est qu’il y ait beaucoup de bricolage. Au Fffod, nous sommes des professionnels dotés d’une longue expérience. Ce sont des sujets qu’il faut mûrir et nous les avons mûris. C’est pour cela que nous proposons de mettre à disposition nos pratiques et process.

 

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