En un an, les effectifs de l’apprentissage ont progressé de 16%

Avec + 16 % d’entrées en 2019, la ministre du Travail Muriel Pénicaud estime que l’apprentissage connaît un vrai nouveau souffle. Régions de France considère de son côté que l’essentiel du mérite lui revient, davantage qu’au gouvernement.

Par - Le 05 février 2020.

“Une journée historique”, glisse Antoine Foucher, directeur de cabinet de Muriel Pénicaud, en début de présentation des résultats 2019 de l’apprentissage, le 4 février. Les bonnes nouvelles sont nombreuses : + 16 % d’entrées en apprentissage, soit 353 000 nouveaux contrats en 2019 contre 302 000 en 2018 : au 31 décembre 2019, il y avait donc 485 800 apprentis en France.

Forte croissance dans le supérieur

“Le nombre d’apprentis dans les chambres de métiers et de l’artisanat a progressé de 3 %”, assure Bernard Stalter, président de CMA France. “De 37,4 % chez les compagnons du Devoir”, confirme son secrétaire général Jean-Claude Bellanger. “De 15 % dans les maisons familiales rurales”, renchérit Roland Grimault, directeur des MFR (Maisons familiales rurales).

Autres bonnes nouvelles : l’apprentissage progresse dans 96 départements sur 100 ; 1 200 CFA étaient ouverts fin 2019 contre 965 avant la loi du 5 septembre 2018, et 350 sont encore en projet ; enfin, signe d’appétence particulièrement cher à Muriel Pénicaud, 70 949 jeunes ont formulé des vœux en faveur d’un apprentissage sur Affelnet, soit une augmentation de plus de 40 % en deux ans.

La croissance de l’apprentissage est cependant différente selon les niveaux : + 8 % dans le secondaire (CAP-bac pro), et +30% dans le supérieur (+ 23 % pour les BTS et + 37 % pour le niveau 1). “Mais cette croissance de 8 % dans le secondaire est une première depuis dix ans, assure le cabinet de la ministre. Et ce niveau pèse 60 % du total.”

“Mensonges”

Reste que cette présentation n’est pas appréciée par tous les acteurs de l’apprentissage. Ainsi, Régions de France estime que Muriel Pénicaud “ment”. “La ministre du Travail s’approprie encore une fois des résultats obtenus grâce à l’action des Régions, qui étaient en charge de cette compétence jusqu’au 31 décembre 2019 ! Depuis 2015, le nombre d’apprentis a progressé de 10%”, annonce Régions de France dans un communiqué du 4 février.

“La ministre ment sur la « forte hausse » des formations de niveau CAP et bac pros grâce sa réforme, poursuit Régions de France. Au contraire, la réforme héritée de la loi de 2018 « pour la liberté de choisir son avenir professionnel » favorise plutôt l’apprentissage dans l’enseignement supérieur dont le financement devient plus attractif que celui des formations infra-bac. Lorsque les Régions avaient encore la main, elles étaient attentives à maintenir des formations pour les premiers niveaux de qualification. Les mensonges de Mme Pénicaud plombent la confiance entre les Régions et le gouvernement”, conclut Régions de France.

“Regardons les chiffres, répond Antoine Foucher. + 16 % d’entrées alors que les subventions régionales au fonctionnement des CFA ont baissé en moyenne de 8 % en 2019, et que seules 6 Régions sur 18 ont maintenu ou augmenté leur effort.”

“Les Régions vont recevoir 584 millions d’euros en 2020 pour co-financer l’apprentissage, on va voir ce qu’elles vont en faire”, ajoute Alain Druelles, conseiller à la formation professionnelle et à l’apprentissage au cabinet de Muriel Pénicaud.

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