Les Chambres de métiers s’engagent à former 60 000 apprentis de plus d’ici 2022

Bernard Stalter, le président de CMA France, a confirmé mardi 26 novembre, la volonté du réseau  de CFA des métiers de l’artisanat de se transformer et d’innover pour développer l’apprentissage. Réunis à Bayonne, les directeurs des CFA des Chambres de métiers ont échangé sur les enjeux à venir avec la ministre du Travail venue visiter un établissement de Bayonne. 

Par - Le 02 décembre 2019.

Mardi 26 novembre, c’est l’effervescence au CFA de Bayonne, un des deux établissements de la Chambre des métiers des Pyrénées Atlantiques. Coiffure, mécanique moto, carrosserie, chocolaterie, pâtisserie… : la ministre du Travail arpente les ateliers en compagnie de Bernard Stalter, président de CMA France. Après deux heures d’échanges avec les apprentis et les formateurs, Muriel Pénicaud intervient devant une centaine de directeurs de CFA des Chambres de métiers. Réunis à Bayonne, pour leur séminaire annuel, ces responsables ont d’importants défis à relever. Dans un système de l’apprentissage recomposé par la loi « avenir professionnel » de fortes attentes pèsent sur eux en matière de développement de l’apprentissage et d’adaptation de leurs établissements.

Voir plus grand

« Nous avons une véritable responsabilité. À nous de transformer l’essai », indique Bernard Stalter, après avoir remercié Muriel Pénicaud pour son action et les derniers arbitrages en matière de financement. Avec le droit d’option entre coûts préfectoraux et niveaux de prise en charge définis par les branches, « nous avons désormais les moyens de nos ambitions », lance le président de CMA France. Objectif fixé : « former 60 000 jeunes de plus d’ici à 2022 » dans le réseau qui accueille 100 000 apprentis chaque année et « faire en sorte que nos entreprises artisanales ne soient plus confrontées à une pénurie de main d’œuvre ». Aujourd’hui 700 000 emplois restent non pourvus dans l’artisanat.

Pour susciter des vocations et attirer des talents, les 112 CFA du réseau devront « saisir toutes les opportunités contenues dans la loi ». Ouvrir de nouvelles sections ou centres de formation, innover sur le plan pédagogique, individualiser les parcours, créer des « e-CFA », développer des stratégies marketing et commerciales : « nous devons faire rêver les jeunes, être à la pointe en matière de formation digitale tout en maintenant une offre de proximité », souligne Bernard Stalter.

Centres d’excellence des métiers

Le réseau qui propose plus de 600 formations débouchant sur plus de 65 diplômes dispose de sérieux atouts, estime la ministre du Travail. Les CFA de demain seront, selon elle, « des centres d’excellence des métiers » dont le socle de l’activité sera l’apprentissage mais dont l’offre ira au-delà pour former, comme cela se fait déjà à Bayonne, « tous ceux qui en ont besoin » : demandeurs d’emploi, salariés, réfugiés y compris des mineurs non accompagnés. La ministre du Travail a profité de l’occasion pour inviter les CFA à se mobiliser pour la formation des jeunes en situation de handicap et à créer des antennes dans les quartiers prioritaires de la Ville en s’appuyant par exemple sur des structures déjà présentes dans ces territoires.

Sur le terrain cependant quelques sujets de préoccupation demeurent. Comment proposer des entrées et sorties permanentes en apprentissage quand il n’y a qu’une seule session d’examen dans l’année ? s’interroge par exemple un directeur de CFA. Ce sujet fait l’objet de discussion avec le ministère du Travail, indique Muriel Pénicaud. Autre inquiétude exprimée : l’accompagnement et le recrutement des formateurs dans un contexte d’essor de l’apprentissage ou encore la concurrence que peuvent représenter les lycées professionnels. Selon Muriel Pénicaud, cette concurrence devrait rester marginale. Et un système de minoration des coûts-contrats pour les établissements dont les dépenses sont déjà financées est prévu.

Mutualisation possible

Ces problématiques de modernisation de l’offre et de développement de l’apprentissage interviennent dans un contexte de réorganisation des Chambres de métiers. La loi Pacte impose au réseau de mettre en place un établissement unique par Région au 1er janvier 2021. Une mesure qui « facilitera la mutualisation et la péréquation entre les sites », selon Bernard Stalter. « Nous serons mieux armés pour développer des formations qui poussent vers l’excellence et garantissent l’employabilité. » Le président de CMA France tient cependant à ce que « les présidents des départements restent les pilotes des CFA » afin de conserver la proximité qui fait la spécificité du réseau.

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