Face à la deuxième vague de l’épidémie, les CFA s’inquiètent pour leur modèle économique (Fnadir)

Les centres de formation d’apprentis se félicitent de pouvoir poursuivre des formations en présentiel lors de ce deuxième confinement. La Fnadir pointe à nouveau des questions sur leur financement, les aides aux investissements et la situation des apprentis.

Par - Le 13 novembre 2020.

Après une rentrée de l’apprentissage réussie, les CFA affrontent de nouveaux défis. La brutale dégradation de la situation sanitaire fait, une fois de plus, planer des menaces sur le déroulement de l’année. Différence de taille par rapport à mars dernier, les centres de formation peuvent rester ouverts. Ce dont se félicite Roselyne Hubert, présidente de la Fnadir, « Le gouvernement a tiré les enseignements du premier confinement. C’est une très bonne chose de pouvoir continuer à dispenser du présentiel pour les cours techniques et pour les publics les plus sensibles notamment dans les niveaux infra-bac ».

Un accompagnement des CFA

Forts de leur immersion à marche forcée, les CFA consolident des parcours hybrides. Là aussi, le retour d’expérience de la première vague a permis de structurer davantage l’accompagnement à la formation à distance. Outre la mise à disposition d’outils et de contenus pédagogiques via le réseau des Carif-Oref, le ministère du Travail organise, avec l’Afpa, un accompagnement pour les CFA qui mettent en œuvres ses titres professionnelles via la plateforme Metis. Les dirigeants des CFA peuvent également s’appuyer sur un « questions- réponses » très attendu précisant les protocoles, l’application aux apprentis des dispositions d’activité partielle, les modalités de contrôle ou encore les conditions d’organisation des sessions d’examens.

Des sujets d’inquiétude pour les apprentis

Malgré ces avancées par rapport au premier confinement, la persistance de l’épidémie et ses conséquences sur l’économie remettent sur la table des questions restées en suspens. « Un point de vigilance concerne le statut des apprentis en pré-apprentissage, en cas de rupture de contrat ou encore des jeunes ne trouvant toujours d’entreprise après 6 mois », précise Roselyne Hubert. Certains organismes de formation peuvent proposer des passerelles avec le statut d’étudiant. Mais pour beaucoup, l’avenir de ces apprentis inquiète.

L’évolution des niveaux de prise en charge

Le plan de soutien de l’apprentissage s’est concentré sur les aides aux employeurs. Des mesures qui ont prouvé leur efficacité dans le recrutement des apprentis. Mais la pérennité des modèles économique des CFA, est plus que jamais posée. D’autant plus que la révision des niveaux de prise en charge des contrats engagée par France compétences se fait dans le cadre d’une trajectoire financière fragilisée par la crise économique. Par ailleurs, la Fnadir continue d’alerter sur la règle de leur proratisation appliquée sur la durée des contrats.

Accessibilité des aides

Il faut dire que le modèle économique est particulièrement mis sous tension dans un contexte de transformation et de modernisation des CFA. Ces derniers ont besoin d’investir. France compétences a ainsi reçu plus de 500 demandes de subvention. Seuls 65 d’entre elles ont été retenues pour un montant global de 4,5 millions d’euros. Les initiatives de soutien des régions ou encore des branches existent mais souffrent d’un manque de visibilité. « Les aides financières sont éclatées entre les différents acteurs de l’apprentissage.  Nous avons besoin de simplification et de lisibilité », insiste Roselyne Hubert.

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