Le confinement modifiera durablement les pratiques de formation (Qualiview Conseil)

L’expérience de la formation à distance en raison du confinement va-t-elle changer durablement les pratiques de formation ? Sandrine Baslé, fondatrice du cabinet de conseils Qualiview Conseil, a interrogé des acteurs du secteur au mois de mai 2020.

Par - Le 09 juin 2020.

Première conclusion : le distanciel ne remplacera pas le présentiel mais le complètera. « L’impossibilité du présentiel a souligné ses avantages : l’adaptation rapide des formateurs grâce aux interactions avec les participants ; la disponibilité des participants, coupés de leur environnement habituel », analyse Sandrine Baslé. Paradoxalement, le confinement relégitime l’habituelle « valorisation du présentiel par les pouvoirs publics et par les responsables formation ». Mais la pratique exclusive du distanciel a aussi mis en lumière que le présentiel pouvait avoir des faiblesses : « Une formation descendante, des séquences mal découpées et pas assez diversifiées », relève Sandrine Baslé, qui cite notamment l’intérêt de davantage recourir au témoignage.

Deuxième conclusion : le confinement a permis de découvrir certains atouts de la formation à distance. Le distanciel obligatoire a ainsi « forcé certains formateurs à se concentrer sur l’ingénierie pédagogique », constate Sandrine Baslé. Elle souligne l’intérêt d’une scénarisation rigoureuse et d’un séquençage du cours.

 Difficile de valoriser la formation à distance

Mais pour s’adapter et monter en compétences techniques, les formateurs ont dû investir. Or les acheteurs ont du mal à voir ce que représente ce travail de préparation, perçoivent le distanciel comme étant d’une valeur inférieure et l’estiment moins cher à produire. Les formateurs vont donc devoir convaincre les acheteurs ou faire des arbitrages. « Combien de temps un formateur passe-t-il à fabriquer un quiz ? Combien de temps les participants mettent-ils à y répondre ? », illustre Sandrine Baslé. Elle relève également que des « personnes timides que l’intervention en présentiel effraie pratiquent plus volontiers le chat ».

 Usage mixte

Enfin, les formations à distance évitent des déplacements. Elles sont davantage accessibles à des personnes éloignées géographiquement ou empêchées de se déplacer, et sont plutôt bonnes pour l’environnement. Autant d’avantages qui laissent penser à Sandrine Baslé que « la modalité à distance sera utilisée pour une partie de la formation dans le futur », probablement dans un mixte.

Si la loi Avenir professionnel de 2018 a changé la définition de la formation, désormais réalisable à distance, « dans la pratique, les choses ont du mal à évoluer », constate Sandrine Baslé. La période de confinement lui donne « des raisons d’espérer ». Elle prévoit un deuxième volet de l’étude dans quelques mois.

Entretiens menés auprès de 38 personnes : 7 responsables formation en entreprise ; 10 responsables d’organismes de formation ou formateurs indépendants ; 19 formateurs indépendants ou coachs ; 2 personnes travaillant pour des acteurs publics de la formation.

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