Le travail de France compétences avec les observatoires de branches se concrétise

Un webinaire organisé le 24 juin dernier a donné le coup d’envoi du chantier de valorisation des travaux des observatoires de branches. France compétences y a présenté un outil de codification et une « grande bibliothèque » en ligne. Cette mission inscrite dans la réforme prend tout son sens face aux enjeux de la crise post-Covid.

Par - Le 03 juillet 2020.

C’est une des missions confiées à France compétences par la loi du 5 septembre 2018. En lien étroit avec les branches professionnelles, l’instance nationale de régulation les accompagne pour consolider, animer et rendre publics les travaux de leurs observatoires. Ces derniers, outils précieux de pilotage des politiques d’emploi et de formation, souffrent d’une forte disparité dans leur structuration et d’un manque de visibilité. La dernière réforme a fait de la valorisation de leur production un de ses axes forts. Une orientation devenue, avec la crise née du Covid-19, plus stratégique que jamais. Cette mission a été précisée dans ses contours et sa méthodologie lors d’un webinaire rassemblant, le 24 juin dernier, les représentants des observatoires, les responsables des CPNE (commissions paritaires nationales de l’emploi), des Opco (opérateurs de compétences) et d’autres acteurs de l’écosystème. « Chaque branche reste totalement autonome et décisionnaire. Nous sommes là en appui pour construire des outils communs et animer la communauté », précise Marc-Antoine Estrade, directeur de l’observation et de l’évaluation au sein de France compétences. Les freins politiques ainsi levés, il s’agit de se concentrer sur des projets opérationnels de valorisation. En préambule du séminaire, le Céreq (Centre d’études et de recherches sur les qualifications) a présenté les résultats de son étude. Dix ans après sa précédente enquête sur les observatoires, les enjeux n’ont pas beaucoup changé.

Un paysage fragmenté

Le paysage, malgré le mouvement amorcé de restructuration des branches professionnelles, reste toujours très fragmenté. Au total, 134 observatoires prospectifs des métiers et des qualifications (OPMQ) dont l’écrasante majorité (77%) couvre le périmètre d’une seule convention collective nationale et dont 50% d’entre eux ne disposent que de ressources limitées à un demi temps plein. « On observe toutefois une palette élargie des productions et une ouverture plus forte aux partenariats et aux travaux en commun », note Marc-Antoine Estrade. C’est sur cette dynamique que compte France compétences. Des groupes de travail déjà à l’œuvre planchent sur des projets. Parmi eux, le développement, en phase pilote, d’un outil de codification des données aujourd’hui très disparates. « Il s’agit de créer des traductions entre les langages des branches et de pouvoir ainsi dialoguer avec l’ensemble de l’écosystème », précise Marc-Antoine Estrade. A charge des observatoires de le tester, de le faire évoluer et d’identifier les besoins auxquels il pourrait répondre.

La révolution de l’information

Un deuxième levier de valorisation a été présenté par France compétences lors du séminaire.  Une « grande bibliothèque » en ligne rendra accessible aux acteurs de la formation comme au grand public des productions des observatoires sur un même espace.  Son développement utilise des outils de scraping (extraction de contenu sur les sites internet), des méthodes d’analyse textuelle et exige la création d’un thésaurus et d’un moteur de recherche. Là aussi, les groupes de travail s’empareront de l’outil pour le tester et le mettre à leur main. Plus ambitieux encore, France compétences cherche à faciliter les synergies entre les observatoires. « Les Opco sont le lieu privilégié de ces échanges mais il y a aussi une demande d’un espace plus informel et technique des observatoires où ils pourraient partager les bonnes pratiques et lancer des travaux en commun », ajoute Marc-Antoine Estrade. Les sujets stratégiques ne manquent pas, à commencer par celui exprimé par de nombreuses branches des passerelles intra et interbranches ou de l’identification des besoins en compétences. Les groupes de travail sont chargés de poser les règles de fonctionnement et d’organiser une première réunion. Si ce chantier n’a pas vocation à répondre à l’urgence de la crise post-Covid, on se doute que chacun aura à l’esprit l’importance de disposer et de partager une information documentée et accessible sur les besoins en compétences. Un deuxième séminaire est prévu d’ici à la fin de l’année. L’occasion de faire un point d’étape sur l’avancée de ces projets.

 

Etat des lieux OPMQ

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