Les directeurs des ressources humaines pensent l’après-crise

Les DRH font face à la crise liée au coronavirus, et préparent l’après : selon une enquête flash de l’Association nationale des directeurs de ressources humaines (ANDRH), 76% d’entre eux anticipent un retour à l’activité normale, 33% pensent que la digitalisation accélérée de l’entreprise sera une conséquence positive de la crise et 12% misent sur la formation à distance.

Par - Le 15 avril 2020.

Près de 35% des répondants sont concernés par la fermeture de leur établissement, « non essentiel ». Pour gérer les impacts sur la santé des salariés, l’emploi et la compétitivité des entreprises, 97% des organisations ont mobilisé un duo direction générale-fonctions RH, centrales selon l’ANDRH « dans ces moments très difficiles ». 89% ont mis en place une cellule de crise, en appui d’un plan de continuité d’activité dans 72% des cas.

Télétravail

Un taux imposant (95%) a mis en place le télétravail pour leurs salariés éligibles, même si 59% ont à gérer le maintien d’une partie des effectifs sur site. Cette mise en place s’est révélée compliquée : adaptation des outils d’échange à distance, dans 58% des cas, manque de matériel ou inadapté pour 46%, problèmes d’équipement et de connexions, les réseaux étant sur-sollicités… 38% des DRH ont dû accompagner les managers sur le management à distance ; 33% des collaborateurs dans l’usage des nouveaux outils.

41% d’entre eux ont eu recours au dispositif d’activité partielle pour tout ou partie des salarié·es et près des trois quarts ont à gérer les arrêts de travail pour garde d’enfants. Les DRH ont pris conscience à cette occasion des difficultés pour les parents à travailler à distance tout en assurant la « continuité pédagogique » ou les soins aux enfants. Une bonne dose d’adaptation des horaires et des objectifs a donc été nécessaire.

Des DRH solidaires

Préserver la santé des salariés ressort de la responsabilité des chefs d’entreprise, qui ont sollicité les DRH pour cette mission : 91% des entreprises ont mis en place des mesures de contrôle de la distanciation sociale et du respect des gestes barrières et 82% ont fourni du matériel d’hygiène et de protection (masques, gels hydro-alcooliques, vitres de protection, etc.). Cependant, 30% déclarent avoir manqué des ressources nécessaires pour maintenir l’activité tout en respectant les règles sanitaires et de distanciation sociale. Le nettoyage et la désinfection des locaux ont été renforcés dans 77% des organisations.

La solidarité, à l’œuvre dans de nombreux domaines en temps de crise, n’a pas été négligée par les DRH : 75% des répondant·es ont fait don de matériel de protection et d’hygiène ! Certains ont pu contribuer aux dons alimentaires pour les hôpitaux et Ephad, ou de draps pour confectionner des masques et surblouses, créer des caisses de solidarité et inciter au bénévolat ou au don de sang. Affectées par la crise, les entreprises maintiennent, pour 41%, le salaire des équipes placées en chômage partiel, un tiers envisagent de maintenir la prime sur objectifs, malgré la baisse d’activité et 36% envisagent de verser la prime exceptionnelle de pouvoir d’achat.

Pour l’ANDRH, cette crise, « en modifiant profondément l’organisation du travail, mobilise toute l’énergie, les compétences et la créativité des DRH pour faire face aux impacts sociaux et organisationnels ».

« Les DRH face à la crise du Covid-19 », enquête réalisée du 26 mars au 6 avril 2020 auprès de 550 répondants.

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