« Les Régions ont aussi un rôle à jouer dans la digitalisation des prestataires de formation » (David Margueritte, Régions de France)

Les Régions occupent une place centrale dans le déploiement du volet formation du plan de relance. Pour coordonner et articuler les actions dans les territoires, un comité emploi formation Etat-Régions a été instauré début novembre. Entretien avec David Margueritte, président de la commission formation de Régions de France.

Par - Le 08 décembre 2020.

Le quotidien de la formation – Quelles sont pour vous les enjeux en matière de formation professionnelle dans les territoires en cette période de crise ?

David Margueritte – Le maître-mot dans cette situation de crise et dans la perspective du plan de relance, c’est la souplesse. Il me semble essentiel d’élargir la cible des publics bénéficiaires des actions mises en œuvre dans le cadre des pactes régionaux d’investissement dans les compétences (Pric). La crise fragilise fortement les personnes les plus éloignées de l’emploi mais fait aussi peser des risques sur d’autres publics qu’il faudra prendre en compte. Ce besoin de souplesse vaut aussi pour le fléchage des financements vers les métiers soutenus dans le plan de relance car les besoins en compétences peuvent varier d’un bassin d’emploi à un autre. Alors que d’importants moyens sont alloués à la formation, il me semble important de pouvoir adapter les priorités, les objectifs et les délais aux réalités du terrain, sous peine de ne pas être au rendez-vous des ambitions du plan de relance. C’est le message que nous avons porté lors du premier Comité emploi-formation Etat-Régions.

QDF – La crise sanitaire a perturbé les activités de formation et conduit les prestataires à innover pour assurer une continuité pédagogique. En quoi ces mouvements modifient les pratiques d’achat des Régions ?

D. M. – La crise n’a pas eu d’incidence directe sur les politiques d’achat. Mais le premier confinement a mis en lumière l’importance de la formation à distance, et surtout de l’individualisation des parcours. Les Régions, comme la Normandie, qui avaient engagé des démarches pour outiller les prestataires ont d’ailleurs enregistré peu d’interruptions ou de reports de sessions. A l’avenir, nos cahiers des charges mettront sans doute davantage l’accent sur la continuité pédagogique et la personnalisation des parcours. Mais cela suppose d’accompagner en amont les prestataires de formation. Les Régions ont, à mon sens, un rôle à jouer dans leur professionnalisation et leur digitalisation. Beaucoup d’entre elles entendent piloter des plans de déploiement ambitieux en ce sens dans le cadre des Pric.

QDF – L’application CPF lancée il y a un an change la donne en matière d’accès à la formation. Comment s’inscrit cet outil dans les politiques de formation des Régions ? 

D. M. – La désintermédiation du CPF change de façon durable le paysage de la formation. Elle répond à une attente du public dont nous devons tenir compte dans l’élaboration de nos plans régionaux de formation. A l’avenir, il nous faudra sans doute être plus réactifs pour répondre à des demandes qui sont plus fluctuantes parce que plus individualisées.

QDF – Les Régions pourront bientôt cofinancer des projets de formation directement depuis l’application CPF. Quel usage peuvent faire les Régions de cette fonctionnalité ?

D. M. – Les Régions regardent aujourd’hui avec la Caisse des dépôts les opportunités pour amplifier les droits acquis au CPF par les personnes qui se retrouvent en situation de chômage. Des Régions se sont déjà engagées dans cette voie et il sera intéressant de regarder, à terme, la valeur ajoutée des contributions régionales pour faciliter la prise en charge des parcours. A l’avenir, il faudra aussi s’interroger sur la maîtrise des coûts de formation au travers de cette nouvelle modalité d’achat individuel de formation. On voit bien que la question de la soutenabilité financière du système de formation issu de la réforme de 2018 est encore devant nous. Si les individus ont un droit nouveau avec le CPF, il est important qu’ils puissent acheter au juste prix.

Retrouvez l’entretien intégral avec David Margueritte dans le numéro 1000 d’Inffo Formation, daté du 15 au 31 décembre.

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