David Margueritte, vice-président de la Région Normandie

Plan de relance : la coordination et la souplesse seront déterminantes (David Margueritte, Régions de France)

Le Premier ministre Jean Castex a confirmé que les Régions étaient « des partenaires majeurs de la relance » lors du congrès de leur association qui s’est tenu lundi 19 octobre. Les Régions coprésideront avec les préfets les comités régionaux d’animation et de suivi de la relance. Pour le Quotidien de la formation, David Margueritte, président de la commission emploi, formation professionnelle et apprentissage de Régions de France, détaille les attentes spécifiques des élus sur le volet formation.

Par - Le 21 octobre 2020.

Le Quotidien de la formation : Comment les Régions abordent le volet formation du plan de relance ?

David Margueritte, Régions de France : « Étant donnés les enjeux, il est nécessaire de mettre en place des circuits de décisions rapides et fluides, et de coordonner les interventions des nombreux acteurs qui interviennent sur le terrain. Autrement dit : il faut un pilote dans l’avion. Les Régions sont les mieux placées pour assurer ce pilotage dans les territoires. Ce rôle d’ensemblier du système peut tout à fait s’exercer dans le cadre des Crefop [ 1 ]Comités régionaux de l’emploi, de la formation et de l’orientation professionnelles. »

Quel est le rôle du « Comité emploi formation État-Régions » prévu dans le cadre du partenariat signé avec l’État le 28 septembre ?

« C’est une instance de dialogue entre l’État et les Régions, qui aura, nous l’espérons, un vrai rôle à jouer dans l’articulation des actions sur le terrain. L’objectif est d’éviter que des appels à projets lancés au niveau national viennent heurter des initiatives prises sur le plan régional en coordonnant les actions en amont. Il faut éviter la concurrence entre les dispositifs et faire en sorte, par exemple, que Pôle emploi prescrive davantage les offres de formation portées par les Régions. »

Comment abordez-vous les discussions portant sur le réajustement des Pactes régionaux d’investissement dans les compétences (Pric) ? 

« Étant donné le contexte économique, il nous semble important d’apporter de la souplesse aux Pactes régionaux d’investissements dans les compétences (Pric) afin d’élargir la cible des publics bénéficiaires. Au-delà des personnes éloignées de l’emploi, les Pric doivent permettre d’apporter des solutions aux salariés dont l’emploi est menacé ou encore aux autoentrepreneurs durement touchés par la crise. L’accompagnement de l’offre de formation sera aussi essentiel. Il faut tenir compte des nouvelles conditions de formation et s’assurer que les stagiaires disposent des équipements pour suivre un parcours à distance. »

Le plan de relance prévoit aussi d’augmenter le nombre de formations aux métiers de la santé et du soin. Quelles conséquences pour les Régions ?

« L’ État s’est engagé à créer 16 000 formations supplémentaires aux métiers d’aides-soignants et d’infirmiers en un an, une temporalité qui ne nous parait pas adaptée, sachant qu’il y aura des conséquences sur les infrastructures et les personnels enseignant. Là encore nous demandons de la souplesse : un déploiement progressif sur deux ans et une prise en charge par l’Etat des dépenses supplémentaires. »


Retrouvez les initiatives innovantes des Régions en matière de développement des compétences dans le hors-série réalisé par Centre Inffo à l’occasion du Congrès de Régions de France.

Notes   [ + ]

1. Comités régionaux de l’emploi, de la formation et de l’orientation professionnelles

Centre Inffo vous conseille également

Publicité - Devenir annonceur Ymag