« On ne peut plus former aujourd’hui comme hier » (Bruno Sola, groupe Bizness)

C’est début mai, en pleine crise sanitaire, que le groupe Bizness a appris qu’il était retenu pour participer à la modernisation de l’appareil de formation de la Région Occitanie dans le cadre du plan d’investissement dans les compétences. Pour Bruno Sola, son PDG, le nouveau contexte ne peut qu’accélérer la mutation de l’économie et, en conséquence, du système de formation.

Par - Le 18 juin 2020.

Bizness. A priori, le nom du groupe créé par Bruno Sola n’évoque en rien son activité principale. Pourtant, c’est bien la formation qui passionne cet entrepreneur qui se décrit volontiers comme autodidacte. « On ne peut plus former aujourd’hui comme hier », résume le fondateur et PDG du groupe Bizness. Jusqu’ici dédié aux ETI et grands comptes, l’entreprise qu’il a créée en 2007 va pouvoir appliquer son credo aux marchés publics. Retenu sur deux lots[ 1 ]Lot 1 : départements du Lot, du Tarn et du Tarn-et-Garonne, du Gers, des Hautes-Pyrénées et de la Haute-Garonne.
– Lot 2 : départements de l’Ariège, de l’Aude, de l’Aveyron, du Gard, de la Lozère, des Pyrénées-Orientales, et de l’Hérault.
de l’appel à manifestations d’intérêt pour moderniser l’appareil de formation lancé par la Région Occitanie dans le cadre du pacte régional d’investissement dans les compétences, Bizness va accompagner la transformation des organismes de formation du territoire. Une mission que Bruno Sola considère d’un œil neuf depuis que la crise du Covid-19 est passée par là.

« Formation Nouvelle Génération »

« Des organismes de formation sont en difficulté et il y a une vraie urgence sociale et professionnelle à mettre en œuvre ce marché. » À l’entendre, ce qui relevait il y a encore trois mois d’une mutation au long cours de l’appareil de formation tient désormais plus de la grande cause nationale que du choix optionnel. « En Occitanie, tout est mis en œuvre pour que cela fonctionne bien », rassure-t-il. Porteur du concept « formation nouvelle génération », Bruno Sola revendique une vision de la formation qui passe par davantage d’individualisation, avec des formations plus adaptatives qui sachent intégrer le digital dans un mix de pratiques à la fois éprouvées et innovantes. Entre ce qu’il nomme les « past players », acteurs historiques, et les « pure players », apôtres du clé en main numérique, lui s’auto-labellise volontiers « global player » : le meilleur des deux mondes où l’harmonie retrouvée l’emporte sur la table rase.

Du diagnostic à la modernisation

Dans le cadre très concret du pacte régional d’investissement dans les compétences, la mission de Bizness, associé pour l’occasion à Capgemini Consultants, débutera avec un état des lieux des organismes de formation. Objectif : établir une série de diagnostics qui permettront de mesurer le degré de maturité des acteurs au regard d’un appareil de formation « moderne ». Seront aussi bien analysés leurs équipements, leur stratégie et conscience des enjeux que leur maîtrise pédagogique et numérique. Suivra alors un programme d’accompagnement personnalisé sur douze mois, temps jugé nécessaire pour « transformer durablement l’organisme de formation et l’amener à l’autonomie ». En ligne de mire de ce plan de modernisation, une transformation des pratiques qui recouvre aussi bien la dimension pédagogique et l’évolution des compétences des formateurs que le modèle économique des acteurs de la formation.

Formation et relance

Quel rôle pour la formation dans le cadre de la relance économique ? « Dans les ETI et les grands groupes, la formation n’est pas la préoccupation première : le plus souvent, on part des objectifs business de l’entreprise et la formation vient comme un levier au service d’une nouvelle compétence à acquérir pour aller chercher de la performance », estime Bruno Sola. Pour les demandeurs d’emploi, le PDG de Bizness estime que la recette post-Covid-19 est la même qu’avant la crise : « Acquérir de nouvelles compétences pour être employable sur de nouveaux métiers ou des métiers en tension. » Ce qui change ? « Le nombre de demandeurs d’emploi et l’accélération probable du processus de transformation des métiers. » D’où un défi de premier ordre qui va selon lui consister à « aider les gens à savoir sur quoi ils doivent se former de manière prioritaire ».

En l’occurrence, Bruno Sola se dit convaincu que la crise a rappelé de manière fracassante l’enjeu de la fracture numérique. « C’est une question-clé parce que les inégalités se creusent par manque de connaissance de cette nouvelle économie. » Annonçant un livre blanc sur « l’éducation nouvelle génération » à paraître en septembre, Bruno Sola conclut : « La première chose que je ferai dans le cadre d’états généraux de la compétence est de réduire la fracture numérique entre les entreprises et les Français. »

Notes   [ + ]

1. Lot 1 : départements du Lot, du Tarn et du Tarn-et-Garonne, du Gers, des Hautes-Pyrénées et de la Haute-Garonne.
– Lot 2 : départements de l’Ariège, de l’Aude, de l’Aveyron, du Gard, de la Lozère, des Pyrénées-Orientales, et de l’Hérault.

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