Plan de relance : les organisations syndicales réclament un effort supplémentaire pour les reconversions professionnelles

Bien, mais peut être amélioré. C’est ce qu’estiment en substance plusieurs organisations syndicales à la lecture des dispositions du plan de relance en faveur des reconversions professionnelles, présentées la semaine dernière par le gouvernement.

Par - Le 10 septembre 2020.

Le plan de relance prévoit notamment l’abondement de deux dispositifs existants : 270 millions d’euros supplémentaires iront à la promotion par l’alternance (Pro-A) et 100 millions au CPF (compte personnel de formation) de transition.

Conseiller confédéral CFTC en charge de la formation, Maxime Dumont estime qu’« il fallait ces 100 millions supplémentaires » pour le CPF de transition, mais que « ce ne sera pas suffisant ».

 30% des dossiers CPF de transition retenus

Administrateur de France compétences, il rappelle que l’institution avait demandé, dès décembre 2019, 40 millions d’euros supplémentaires pour les associations transition professionnelle (CPIR) qui, déjà à l’époque, « ne retenaient que 30% des dossiers qu’elles recevaient ». « Avec 40 millions d’euros supplémentaires, on pouvait espérer satisfaire 40% des demandes, explique-t-il. Avec 100 millions, on parviendra à 50%. C’est peu, et cela ne tient pas compte du fait que des gens relativement âgés seront amenés à se reconvertir, ce qui coûte plus cher ». Quant aux 270 millions d’euros supplémentaire pour la Pro-A, Maxime Dumont estime que c’est de la « communication ». « Le déploiement de la Pro-A suppose un accord de branche étendu, explique-t-il. Or la plupart de ceux qui ont été signés n’ont pas été étendus par le ministère du Travail. Les moyens déjà affectés à la Pro-A et les 270 millions supplémentaires ne sont pas près d’être utilisés. » Selon lui, affecter 400 millions d’euros directement au CPF de transition en attendant le développement de la Pro-A aurait été « un signal fort et clair de la part du gouvernement ».

 « Enveloppe globale »

Yvan Ricordeau, secrétaire national en charge de la formation professionnelle à la CFDT, estime que les « 1,5 milliard d’euros » du plan de relance en faveur de la transition professionnelle, incluant l’effort vers la formation en entreprise via le FNE (Fonds national de emploi), le CPF de transition et la Pro-A vont « dans le bon sens ». Mais plutôt qu’un budget alloué à chacun de ces dispositifs, il défend une « enveloppe globale ». « Personne ne sait actuellement quel dispositif est adapté à quelle situation, explique-t-il. Mieux vaut donc raisonner en enveloppe globale, même si on peut penser que le CPF de transition correspond au besoin de créer des passerelles entre secteurs, ce que ne permettent ni la Pro-A ni le FNE. »

Michel Beaugas, secrétaire confédéral FO chargé de l’emploi et de la formation professionnelle, reconnaît que le volet compétences du plan de relance n’est « pas mal ». Mais il relève que ces millions d’euros supplémentaires « ne signifient pas forcément beaucoup de salariés formés en plus, car toutes les formations ne coûtent pas le même prix ». Il aurait préféré que le plan de relance fixe un objectif de 60 000 salariés formés en période de transition. Il rappelle en outre qu’en 2014, le congé individuel de formation était doté d’un milliard d’euros, avant d’être supprimé à l’initiative des organisations patronales, dans le cadre de l’accord national interprofessionnel préfigurant la loi du 5 septembre 2018.

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