Quelles technologies éducatives en 2020 ?

Quelles innovations portées par les entreprises de la edtech paraissent dignes de suivi en ce début d’année 2020 ? Nous avons posé la question à Rémy Challe, directeur général d’Edtech France, association qui fédère les entreprises qui mettent la technologie au service de l’éducation et de la formation tout au long de la vie. Il interviendra lors de l’Université d’hiver de la formation professionnelle à Biarritz, le 31 janvier.

Par - Le 08 janvier 2020.

Parmi les raisons qui ont motivé Rémy Challe à s’intéresser à Edtech France, l’une renvoie à ses responsabilités passées dans le monde de l’enseignement supérieur. Conscient du « sacré décalage entre les discours sur l’innovation pédagogique et la réalité », l’ex directeur de l’Inseec avoue volontiers avoir parfois ressenti une « petite frustration » : « un gadget sympathique et rigolo ne présente aucun intérêt s’il n’impacte pas l’efficacité des apprentissages. » Alors que les technologies hybrident désormais des pans entiers de la formation, il nous livre les développements qui, au-delà des « effets waouh », lui paraissent prometteurs.

Mobile learning

Professeur passionné de pédagogie dans une première carrière, Rémy Challe a vu arriver les smartphones. Après avoir vite compris que des étudiants connectés entraînaient une évolution de la fonction de transmission, il dit aujourd’hui croire fortement au potentiel du mobile learning : « prolongement de nous même, le téléphone mobile peut devenir un outil de formation et d’apprentissage du quotidien, média entre l’enseignant et l’apprenant. » Parce que les séquences d’usage sont aussi répétées que courtes, le smartphone lui paraît « faciliter la concentration et améliorer l’ancrage mémoriel. »

IA

Deuxième technologie à suivre : l’intelligence artificielle (IA). S’il estime inapproprié le terme d’IA, source de confusion et d’angoisse chez ceux qui redoutent le grand remplacement des humains par des robots, Rémy Challe n’en nourrit pas moins de grandes espérances : « l’IA au service de l’éducation, c’est la possibilité d’une individualisation massive des parcours de formation, par l’exploitation des data qui permettront d’adapter à chaque apprenant les contenus. » C’est aussi, à l’échelle macro, « la possibilité de mieux piloter les politiques éducatives et de formation. »

Réalité virtuelle

En dépit du casque qui range a priori les dispositifs de réalité virtuelle dans la catégorie des coûteux gadgets, Rémy Challe en souligne le réel intérêt. De longue date dans les formations liées à la sécurité, mais aussi et de plus en plus sur les soft skills. Ici, la technologie vient renforcer des principes pédagogiques éprouvés : « la réalité virtuelle permet d’expérimenter et, donc, de retenir mieux. » Cette possibilité lui paraît d’autant plus appréciable qu’il en est convaincu, les soft skills ne peuvent selon lui guère s’enseigner de façon théorique, mais doivent se pratiquer.

Qu’il s’agisse de mobile learning, d’IA ou de réalité virtuelle, ces technologies ont selon Rémy Challe toutes un avenir dans l’enseignement et la formation, à condition de savoir « placer l’humain au cœur des dispositifs. »

EdTech France est partenaire de l’UHFP pour le corner Ed Tech.

Challe

PORTRAIT DE RÉMY CHALLE À PARAÎTRE
DANS LE N° 982 D’INFFO FORMATION SPÉCIAL Université d’hiver de la formation professionnelle

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