Sénat: « La politique de l’emploi relèvera toujours du gouvernement » (Muriel Pénicaud)

Le Sénat a débattu jeudi 25 juin des solutions aux difficultés de recrutement des entreprises, en présence de Muriel Pénicaud. L’occasion pour la ministre du Travail de commenter les recommandations du rapport de la délégation aux entreprises.

Par - Le 30 juin 2020.

Une semaine après la présentation du rapport Des compétences de toute urgence pour l’emploi et les entreprises (voir notre article), le Sénat a débattu des 24 recommandations formulées par la Délégation aux entreprises. Pour la ministre du Travail, c’est d’abord l’opportunité de rappeler que la loi de septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel porte selon elle un écosystème favorable à l’emploi et au développement des compétences, « fil rouge » revendiqué de sa politique. Compte personnel de formation et de transition, appli CPF, Plan d’investissement dans les compétences et pactes régionaux, toutes ces actions d’avant Covid-19 ont, affirme la ministre, contribué à la « création de 1,2 millions d’emplois depuis 2017 » et permis de « frôler la barre des 500 000 apprentis. » Et si la crise sanitaire a depuis « rebattu les cartes », le confinement n’a pas pour autant totalement remis les compteurs à zéro : prise en charge de la formation par l’État dans le cadre du Fonds national de l’emploi, continuité pédagogique pour 90 % des apprentis grâce à la formation à distance, nouvelles possibilités de se former dans le cadre du télétravail.

Pilotage déconcentré

S’agissant des recommandations de la délégation aux entreprises, le seul désaccord souligné par Muriel Pénicaud porte sur celle qui « prévoit le pilotage des acteurs publics de l’emploi par les Régions. » Pour Catherine Deroche (Les Républicains – Maine-et-Loire), c’est pourtant « à l’échelle locale que le relais entre l’offre et la demande est le plus efficace » : « il faut un pilotage unique […], Pôle emploi inclus », insiste-t-elle. Fin de non recevoir de Muriel Pénicaud : « la politique d’emploi relèvera toujours du Gouvernement, […] aucun État, même fédéral, n’a décentralisé cette compétence. » Pour autant, la ministre estime que l’existence d’une agence nationale n’exclut pas l’idée de « différentiation territoriale, […] avec un rôle renforcé pour les préfets. »

Numérique

Insistant sur le manque de compétences numériques, Pascale Gruny (Les Républicains, Aisne) appelle au renforcement de la formation du grand public, à la création d’un bac professionnel dédié aux services numériques et suggère la « reconversion numérique » des demandeurs d’emploi.  « Avec la grande École du Numérique financée par l’État, répond Muriel Pénicaud, 18 000 formations – dont beaucoup de reconversions – ont été initiées en 2019 alors que nous en avions prévu 10 000. » Affirmant que le numérique est jugé « prioritaire » par l’État comme par les Régions, la ministre du Travail souligne qu’il s’agit d’ « un des cinq secteurs les plus demandés dans Mon compte formation » et appelle à « des formations dans toutes les TPE. »

Interpellée par Laure Darcos (Les Républicains – Essonne) sur le lien entre perte de compétences et désindustrialisation, Muriel Pénicaud évoque le « pacte productif » engagé avec Bruno Le Maire et rappelle que « les industriels n’ont plus besoin d’autorisation administrative pour créer des formations. »

 

 

 

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