2021, une année charnière pour les prestataires de formation

L’année 2021 sera marquée par le déploiement à grande échelle du plan de relance. Porté par plus de 15 milliards d’euros, son volet « emploi-compétences » place la formation en première ligne. Pour être au rendez-vous, les prestataires de formation devront consolider leur transformation avec, sur leur agenda, la nouvelle démarche qualité, la digitalisation et l’adaptation de leur offre.

Par - Le 04 janvier 2021.

Face à une crise économique inédite dans sa forme et son ampleur, le gouvernement a mis sur la table plus de 15 milliards d’euros pour préserver l’emploi et les compétences. Construit en concertation avec les partenaires sociaux, ce plan de relance donnera sa pleine mesure en 2021. Orienté vers les filières d’avenir et les métiers en tension, son arsenal s’appuie sur le FNE-Formation doté d’un milliard d’euros et des enveloppes supplémentaires pour la Pro-A ou encore pour les Pactes régionaux d’investissement dans les compétences (Pric). Le gouvernement cherche à accompagner des transformations structurelles. Le nouveau dispositif « Transitions collectives » fléché sur les reconversions professionnelles en est le porte-drapeau. Pour les prestataires de formation, le marché ouvert par le plan de relance représente une belle opportunité de croissance. Encore faut-il avoir en tête ses enjeux.

Adapter son offre aux besoins de la relance

Le contenu et la construction des parcours doivent répondre plus rapidement que jamais aux besoins des entreprises. Le FNE-Formation, mobilisé à hauteur de 330 millions en 2020 par des entreprises de toute taille et de tous secteurs, était jusqu’ici orienté vers des formations courtes d’adaptation aux usages des nouvelles technologies, du travail et du management à distance. Le plan de relance renforce l’enveloppe du FNE-Formation à hauteur d’un milliard d’euros et cible les reconversions professionnelles. 500 millions d’euros iront ainsi aux « Transitions collectives » ancrées dans les territoires et dont les modalités de mise en oeuvre commençaient à se préciser en décembre dernier. Le FNE-Formation adossé aux accords d’activité partielle de longue durée (APLD) devrait également soutenir des projets de formation plus structurants liés à la transformation des métiers ou à la stratégie de l’entreprise. La même logique motive le deuxième souffle donné par le plan de relance à la Pro-A en y ajoutant une enveloppe de 270 millions d’euros et en accélérant les instructions administratives des accords de branche. Pour se positionner sur ces nouveaux marchés, les prestataires de formation doivent rester en veille sur les compétences demandées. Leur capacité à travailler en étroite collaboration avec l’écosystème et à se documenter sera déterminante, tout comme leur agilité à construire des parcours adaptés et innovants.

Digitaliser son offre devient incontournable

Désormais, la transformation digitale des organismes de formation n’est plus une option. Le choc du premier confinement les a poussés à s’y engager. Selon la Fnadir, la fédération des directeurs de centres de formation d’apprentis, 90% des CFA ont déployé en urgence des offres distancielles. A la faveur de cette crise, des freins culturels ont été levés. Mais cette expérience à marche forcée a également livré des enseignements. Le chemin pour professionnaliser l’usage des outils digitaux de la formation reste encore à parcourir. Le plan de relance injecte 300 millions d’euros pour accompagner ce mouvement. Les grands principes sont posés : mise à disposition de ressources technologiques et pédagogiques, soutien à la formation des formateurs ou encore au premier équipement des apprentis. Les modalités de mise en oeuvre devraient être précisées début 2021.

Répondre aux exigences de la nouvelle démarche qualité

La digitalisation s’est également invitée dans la nouvelle démarche qualité portée par la réforme de 2018. La certification Qualiopi conditionnera l’accès aux fonds publics et mutualisés au 1er janvier 2022. Selon le ministère du Travail, le référentiel, tel qu’il est, couvre le sujet. Néanmoins, le guide de lecture pourrait, dans une nouvelle version, valoriser les indicateurs concernés. Pour beaucoup d’organismes de formation, la marche à gravir pour obtenir ce sésame ne doit pas être sous-estimée. Fin 2020, ils n’étaient que 10 000 à être certifiés ou engagés dans le process. « Cela peut faire craindre un goulot d’étranglement à l’automne 2021. Or, l’expérience montre l’importance de s’y préparer », alerte Loïc Lebigre, consultant à Centre Inffo. Derrière Qualiopi, on retrouve des leviers stratégiques comme l’analyse des besoins, l’identification des objectifs, la veille et l’inscription dans l’écosystème. Autant de pratiques qui seront décisives pour le secteur de la formation en 2021.

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