À Mayotte, la formation a gardé le cap

En dépit du contexte, et notamment du plus long confinement qu’ait connu un territoire français depuis le début de la crise sanitaire, le Conseil départemental de Mayotte s’estime satisfait des avancées en matière de formation professionnelle. Bilan de la mandature à quelques semaines des élections régionales (20 et 27 juin).

Par - Le 07 juin 2021.

« Nous avons tenu tous nos engagements. » À l’heure de faire le bilan du dernier mandat, alors qu’approchent les élections régionales et départementales, Mariam Saïd est formelle. La vice-présidente du Conseil départemental de Mayotte, en charge de la formation professionnelle, assure que dans ce domaine rien ne peut être reproché à l’exécutif mahorais. « Sur tous les points, nous avons progressé alors même que Mayotte a longtemps été pénalisée, beaucoup d’évolutions étaient freinées car nous n’avions pas assez d’autonomie sur beaucoup de sujets, du fait de notre statut », estime Mariam Saïd. Comme la Guyane, la Martinique et la Réunion, Mayotte a la particularité d’être à la fois un département et une région d’outre-mer (DROM), tous deux administrés par le Conseil départemental. « En janvier 2018, il y a eu une évolution du Code du travail de droit commun, qui a permis que ce qui se faisait ailleurs, dans d’autres régions, s’applique aussi à Mayotte. Nous avons ainsi pu avancer dans tous les domaines, créant par exemple le Comité régional de l’emploi, de la formation et de l’orientation professionnelles (CREFOP) à Mayotte. Nous avons aussi pu intégrer le plan de formation de 500 000 chômeurs proposé par le président de la République d’alors, François Hollande. En bref, nos budgets ont été augmentés, les suivis améliorés, les centres d’animation ressources d’information sur la formation-Observatoire régional emploi-formation (Carif-Oref) transformés en groupements d’intérêt public (GIP), etc. », poursuit Mariam Said.

Le Pric, outil « indispensable »

Sur un territoire durement touché par le Covid, où les trois quarts de la population vivent sous le seuil de pauvreté, la crise a évidemment ralenti les ambitions de la Région, en matière de formation professionnelle notamment. D’autant que Mayotte a connu le plus long confinement de France, en raison de la présence du variant sud-africain. « Que les choses aillent moins vite, c’était inévitable. Mais nous avons quand même avancé et appris à vivre avec le Covid. Au départ, tout le monde était confiné et 80 % des formations ont été annulées. Mais avec le temps, nous avons créé des stages en distanciel et finalement pu assurer la majeure partie des sessions », assure la vice-présidente. Mayotte entend maintenant poursuivre sa marche en avant, notamment en abondant le pacte régional d’investissement dans les compétences (Pric). « C’est indispensable, en particulier pour les publics les plus éloignés de l’emploi. Et encore plus à Mayotte, où le taux d’analphabétisme et l’illettrisme sont très élevés », conclut Mariam Said.

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