Abondement du CPF par les Régions : l’exemple des Pays de la Loire

Les Pays de la Loire ont débuté en 2020 l’expérimentation d’un abondement régional du compte personnel de formation (CPF). André Martin, vice-président de la Région en charge de la formation, présente l’évolution du dispositif et les réponses qu’il apporte aux demandeurs d’emploi mais aussi aux salariés qui exercent dans des secteurs touchés par la crise.

Par - Le 23 avril 2021.

Les Conseils régionaux peuvent désormais procéder à des abondements du CPF des actifs. Avec les Hauts-de-France, les Pays de la Loire font partie des rares Régions à s’être déjà emparées de cette nouvelle possibilité. « Au cours de l’année 2021, 24 millions d’euros seront consacrés à l’abondement du CPF des demandeurs d’emploi, ce qui représente environ 11 000 parcours de formation », expose André Martin, vice-président du Conseil régional des Pays de la Loire en charge de l’emploi, de l’apprentissage, de la formation professionnelle, et de l’insertion.

Expérimentation dès 2020

Sur le territoire ligérien, l’abondement régional du CPF a débuté dès l’été 2020. « Mais l’an dernier, il s’agissait vraiment d’une phase test. La Caisse des dépôts démarrait tout juste et nous proposait d’expérimenter », décrit André Martin. Un budget d’un million d’euros, visant 350 demandeurs d’emploi, a été fléché vers des abondements du CPF destinés à financer des formations de niveau supérieur (bac+2 à bac+5) menant à des métiers en tension. Ces actions étaient dispensées par trois organismes de formation : le Cnam Pays de la Loire, le Cesi et l’Institut Meslay.

« Nous nous étions focalisés sur un public plutôt autonome, que nous pensions réceptif immédiatement », explique André Martin. Car l’élu régional voit notamment dans le dispositif un moyen de délester la charge de travail des conseillers emploi et formation, ceux-ci pouvant alors se consacrer davantage aux demandes de financement de demandeurs d’emploi peu ou pas qualifiés. « C’est d’abord un motif pratico-pratique. Nous nous attendions à des moments compliqués pour l’emploi. Avec un risque de montée des chiffres du chômage en 2021, nous estimions que nous allions avoir besoin de tout le temps de nos prescripteurs (Pôle emploi, Missions locales…) », explique-t-il.

Élargissement à de nouveaux publics

« Cette année, nous avons voulu aller plus loin et toucher un plus large public », indique André Martin. L’abondement du CPF pour des formations du supérieur n’est plus limité aux trois organismes de formation initialement sélectionnés et a été élargi à une nouvelle liste de métiers en tension. « Les secteurs sont tous ceux qui sont touchés par le contexte de crise, environ 88 branches seront éligibles », précise-t-il.

S’y ajoutent de nouveaux dispositifs destinés aux demandeurs d’emploi : un abondement pour financer des formations vers des certifications inscrites au Répertoire spécifique, ou des actions de VAE visant à conforter l’employabilité (jusqu’à 2 500 euros), ainsi qu’un abondement pour financer le permis de conduire de jeunes de moins de 26 ans de niveau infra bac (jusqu’à 1 600 euros). « Pour ces trois dispositifs, nous avons depuis la mi-janvier presque 850 dossiers ayant bénéficié d’un abondement régional », expose André Martin.

Un budget pour les salariés touchés par la crise

Enfin, la Région Pays de la Loire abonde jusqu’à 1 500 euros le CPF de salariés travaillant dans des secteurs touchés par la crise. « Un budget de trois millions d’euros avait été voté en juillet dernier, complété de six millions d’euros en décembre, afin de financer environ 6 000 parcours », détaille André Martin. Selon lui, cette solution peut être « une alternative pour les petites TPE de 3-4 salariés qui n’ont pas l’infrastructure pour monter un dossier de FNE-formation. »

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