Deux ans après la loi, l’Afest progresse

Comment l’action de formation en situation de travail (AFEST), entérinée par la loi de 2018, s’est-elle imposée dans les pratiques de formation ? Tel était le sujet de la deuxième édition de « Faîtes l’Afest », une rencontre organisée par l’organisme de formation AFC, le 9 mars.

Par - Le 11 mars 2021.

L’Afest part du postulat que le travail peut être formateur et qu’on peut apprendre en travaillant. « Le principe est simple : s’appuyer sur des mises en situation, entrecoupées de séquences réflexives, de prise de recul sur ses pratiques », résume Henri Occre, directeur associé de C Campus, expert dans la professionnalisation des acteurs de la formation, invité lors de la rencontre « Faîtes l’Afest », organisée par l’organisme de formation (OF) AFC, le 9 mars en visioconférence.

 Usages multiples

A quoi peut servir l’Afest ? « Cette modalité de formation peut répondre à diverses problématiques : intégration, recrutement d’alternants, mobilité, transmissions de compétences, détaille Henri Occre, elle peut aussi accompagner des enjeux de productivité ou de sécurité au travail ». Alexandra Lebeau, référente Afest au sein d’AFC, forme des représentants de PME: « Les entreprises ont intérêt à former des référents qui pourront détecter des besoins, des problématiques. Se professionnaliser sur le sujet est indispensable pour maîtriser la méthodologie ».

 Analyse de l’activité

L’OF Iccertis a accompagné une entreprise agroalimentaire dans la prise en main d’un nouveau logiciel ERP, l’Afest venant en complément d’autres modalités de formation. « L’analyse de l’activité par rapport à ce logiciel a été une étape déterminante, puis nous avons impliqué de multiples acteurs de l’entreprise pour co-construire le transfert de savoir-faire, et créé un collectif Afest pour qu’ils s’emparent de la méthodologie », rapporte Jérôme Mallet, co-dirigeant Iccertis.

 Séquences réflexives

Le centre de relation clients Armatis a expérimenté une préparation opérationnelle à l’emploi collective (POEC) sur le métier de conseiller à distance, en intégrant de l’Afest dans le parcours d’intégration. « Cela a eu une efficacité sur les savoirs-faire et savoirs-être des conseillers, estime Corinne Magnan, coordinatrice formation qualité, car en introduisant des périodes de réflexivité autour des mises en situation, l’Afest nous a permis d’individualiser le parcours, de prendre un temps avec chacun, et de garder davantage de candidats ». « Les séquences de réflexivité obligent l’apprenant à analyser ce qu’il a fait, les difficultés, les solutions », indique Isabelle Lustina, qui a accompagné les équipes d’Armatis.

 Avancées et marges de progrès

En deux ans, les pratiques ont bien avancé. « Les Opco ont construit une offre de services, les branches professionnelles s’en sont emparé et les grandes entreprises aussi, poursuit Henri Occre, paradoxalement les PME la connaissent moins, alors même que l’Afest leur était destinée ».

Parmi les points à améliorer, il y a selon lui la coordination entre financeurs, OF et entreprises : « Les OF ont des efforts à faire pour adapter leurs parcours de formation et professionnaliser les formateurs. Ils doivent aussi être pro-actifs avec les Opco, par exemple pour créer un contrat de professionnalisation expérimental incluant de l’Afest, en concertation avec l’entreprise ».


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