Fouzi Fethi, responsable du pôle droit et politiques de formation, conférences/formations, à Centre Inffo.

L’acte 2 du FNE-formation se donne de nouvelles priorités

Le FNE-formation entre dans une nouvelle phase avec l’instruction du ministère du Travail publiée le 27 janvier. Les actions de formation éligibles s’orientent vers des parcours plus structurés en ligne avec les enjeux du plan de relance. Premiers éléments de décryptage avec Fouzi Fethi, responsable du pôle droit et politique de formation au sein de Centre Inffo.

Par - Le 16 février 2021.

Déployé en urgence lors du premier confinement en avril dernier, le FNE-formation s’est imposé comme un des outils phares du plan de relance. Dans sa première version, il a joué son rôle et créé une dynamique en faveur du développement des compétences. En 2020, les entreprises ont ainsi formé plus de 300 000 salariés placés en activité partielle et mobilisé plus de 300 millions d’euros au titre de ce dispositif. L’offre de formation se concentrait alors sur des actions courtes et opérationnelles comme l’utilisation des outils digitaux, les langues ou encore les techniques commerciales.

Répondre aux enjeux de la reprise

En 2021, le FNE-formation cherche à répondre aux besoins de transformation structurels des entreprises. « La vision est plus stratégique et s’inscrit dans un temps plus long », confirme Fouzi Fethi, responsable du pôle droit et politique de formation au sein de Centre Inffo. L’instruction du ministère du Travail du 27 janvier dernier traduit ces priorités à travers de nouvelles modalités de mise en œuvre et de prise en charge. Pour les prestataires de formation, cet acte 2 ouvre des opportunités, à condition d’en comprendre l’esprit et le cadre juridique.

Les opérateurs de compétences en maîtres d’œuvre

L’instruction confie la mise en oeuvre du dispositif aux partenaires sociaux via les opérateurs de compétences. Déjà rôdés à la gestion du FNE-formation en appui des Direccte dans sa première version, les Opco ont désormais la main sur son déploiement dans le cadre de conventions nationales négociées et signées avec l’État. En contrepartie, ils sont attendus sur d’autres missions. « Ces conventions intègrent des clauses en matière de parcours de formation éligibles mais aussi de réalisation de GPEC et de simplification administrative », précise Fouzi Fethi.

Conditions d’accès élargies

Autre changement, l’accès au FNE-formation a été élargi. Jusqu’à présent fléché sur les entreprises placées en activité partielle, le dispositif s’ouvre aux entreprises en difficulté. « L’appréciation de ce critère s’appuie sur la jurisprudence en matière de licenciement économique et pourrait s’avérer délicat », note Fouzi Fethi. L’instruction prévoit également d’ouvrir le FNE-formation à tous les salariés à l’exception de ceux en contrat d’apprentissage ou de professionnalisation.

Une logique de parcours

Enfin, cette deuxième version du FNE-formation marque un tournant sur le périmètre et la nature des actions de formation éligibles. D’une durée maximale de douze mois, la formation devra ainsi s’organiser sous la forme de parcours incluant le positionnement pédagogique, l’évaluation et l’accompagnement du stagiaire. Leur objectif cible désormais des reconversions, des certifications professionnelles et des adaptations de compétences liées aux stratégies de reprise des entreprises ou d’anticipation des mutations portées par la transition écologique et la révolution digitale. Dans son esprit, le FNE-formation vise à soutenir l’employabilité des salariés à plus long terme dans ou hors de l’entreprise. A noter que le nouveau dispositif « Transitions collectives », lui aussi financé par l’enveloppe FNE-formation, obéit à d’autres règles.


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