« Les régions gardent des compétences en matière d’apprentissage, d’orientation et d’accompagnement vers l’emploi » (Régions de France)

Quel bilan formation pour les Conseils régionaux ? A quelques semaines des élections régionales, les 20 et 27 juin, l’Association des journalistes de l’information sociale fait le point avec Régions de France.

Par - Le 27 mai 2021.

Apprentissage, orientation, accompagnement vers l’emploi : quelle est la situation des régions sur ces questions à un mois des élections régionales ? Réponse en substance de David Duval, conseiller formation professionnelle de Régions de France [ 1 ]David Duval a annoncé quitter ses fonctions en juin pour rejoindre l’UIMM (Union des industries et métiers de la métallurgie) Bretagne., qui s’exprimait devant l’Ajis mardi 25 mai. Les régions ont certes perdu des compétences, mais celles qui leur restent n’ont aucune raison d’être délaissées et doivent être travaillées, renforcées.

Fonctionnement des CFA

 « Sur l’apprentissage, après la réforme qui transfert la majorité des prérogatives aux branches et aux opérateurs de compétences [Opco], il reste malgré tout des compétences résiduelles aux régions, explique David Duval. Les régions ont une capacité de 130 millions euros par an, accordés par France compétences, pour financer le fonctionnement des centres de formation d’apprentis, via des subventions sur appels à projets, en lien possible avec les stratégies d’Opco ». Cette capacité de financement, précise le conseiller technique, vise notamment à renforcer l’aménagement du territoire, la qualité et le maintien d’une offre pédagogique, surtout pour les formations de niveau infra bac.

 « Les régions disposent également de 180 millions euros par an par France Compétences, pour financer des investissements dans les CFA », poursuit le conseiller technique, qui reconnaît que cette somme équivaut à ce que les régions investissaient avant la réforme. Ces investissements sont le plus souvent pluriannuels, et portent « un vrai enjeu futur de la modernisation de l’apprentissage », affirme-t-il.

Rebond de l’apprentissage dès 2016

 « La réforme de l’apprentissage en 2018-2020 est une franche réussite, poursuit David Duval, mais la remontée de l’apprentissage avait commencé en 2016 grâce aux régions. Le « paquet » a été mis dans les aides aux employeurs d’apprentis, qui a créé un effet d’aubaine nécessaire pour maintenir le niveau des entrées en apprentissage. Et le problème des apprentis sans contrat, qui concernait environ 40000-50000 jeunes il y a 6 mois, se résume à quelques milliers aujourd’hui ».

Selon lui, deux questions se posent désormais. Comment gérer le nombre de CFA qui a doublé depuis la réforme ? Qu’est ce qui se passera en fin de contrat après deux ou trois ans d’alternance ? « Quel jeu joueront les entreprises ?, questionne David Duval. Vrai apprentissage d’embauche ? Ou sas de formation pour aller vers un autre employeur ? ».

Sous financement de l’orientation

Sur la compétence d’orientation des jeunes, David Duval précise que « cette information sur les métiers et formations porte sur le niveau régional et pas inter-régional et encore moins national. Le niveau national étant encore largement assuré par les CIO de l’Education nationale, et l’Onisep ». Pour lui, cette compétence d’orientation des régions reste donc inaboutie, car sous financée, à hauteur « seulement de 8 millions euros par an pour toutes les régions !». Cette situation, reconnaît le conseiller technique, « questionne la capacité des régions à être des ensembliers avec les branches et le monde éducatif, et à cofinancer : un bilan de cette compétence est à venir ».

 Report des formations fin 2020

Quant à la compétence d’accompagnement vers l’emploi, elle prend surtout forme au travers des Plans régionaux d’investissement dans les compétences, dont les premiers ont été activés en 2018, et dont le plein régime porte sur les années 2019-2022. « Le bilan des PRIC en 2020 montre un taux de retour à l’emploi pas supérieur à ce qui se faisait auparavant, mais avec une population touchée beaucoup plus en difficulté, c’est donc plutôt un bon résultat vue l’année 2020 : l’effort de formation a au final été maintenu grâce aux reports en fin d’année, mais l’objectif de faire plus ». Autre succès pointé par David Duval, les PRIC ont aussi facilité un travail différent avec les prestataires de formation locaux, notamment sur la modularisation des parcours.

VAE et TransCo

A l’avenir, affirme David Duval, les régions auront tout leur rôle à jouer notamment sur deux sujets. « En matière d’aide à la certification, elles peuvent participer à fluidifier la construction des jurys, les validations et la VAE. Sur TransCo, les régions ont très vite été mises dans la boucle, elles ne sont pas financeurs directs, mais peuvent être des partenaires indirects importants, surtout sur le travail sur l’amont de l’identification des entreprises et des besoins en compétences ».

 

 

 

Notes   [ + ]

1. David Duval a annoncé quitter ses fonctions en juin pour rejoindre l’UIMM (Union des industries et métiers de la métallurgie) Bretagne.

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