« De nouveaux écosystèmes se dessinent autour de l’apprentissage » (Frédérique Plasson, Adecco Group)

Le groupe Adecco s’est très vite positionné sur le nouveau modèle de l’apprentissage. Dès septembre prochain,  le spécialiste de l’intérim ouvrira son propre CFA dédié aux métiers du recrutement. Frédérique Plasson, directrice générale emploi et formation d’Adecco Group analyse pour le Quotidien de la formation les opportunités ouvertes par la réforme.

Par - Le 20 mai 2019.

Le Quotidien de la formation :  Quelles sont les grandes évolutions portées par la réforme de la formation professionnelle ?

Frédérique Plasson : La réforme représente une réelle opportunité pour les entreprises. Ces dernières ont besoin de développer et de faire évoluer leurs compétences. L’ouverture du marché de l’apprentissage et une implication plus forte dans la construction des certifications professionnelles peuvent répondre aux enjeux de recrutement et d’attractivité dans un certain nombre de secteurs. En libérant ainsi les initiatives, la réforme fait naître une approche fondée sur le partenariat et la co-construction. En mars dernier, nous avons signé avec les groupes Accor, Korian et Sodexo un accord portant sur la création d’un CFA commun dédié aux métiers en forte tension de la cuisine et de la restauration. En mutualisant ainsi les ressources, de nouveaux écosystèmes se dessinent autour de l’apprentissage. Les actions impulsées par la Fipa, la Fondation innovations pour les apprentissages, regroupant 13 entreprises va dans le même sens.

QDF : Comment les entreprises s’approprient-elles les nouveaux dispositifs ?

F.P : L’année 2019 est une année de transition marquée par le besoin de s’approprier les nouveaux dispositifs comme la ProA en cours de définition dans les entreprises. Mais il y a une véritable prise de conscience de la nécessité de faire évoluer la politique de formation vers une logique d’investissement. Pour cela, il est nécessaire de se doter d’outils et d’indicateurs capables de mesurer l’efficacité de ses actions et le retour sur investissement.  Dans un contexte de transformation du travail et des métiers, les entreprises n’ont pas le choix. Les plus petites d’entre elles auront besoin d’être accompagnées. Le CPF monétisé et à la seule main du salarié aura, de son côté, un impact fort sur les pratiques de management. Il ne s’agit pas seulement d’un changement technique mais de développer de nouvelles méthodes plus collaboratives et fondées sur la co-construction. Nous avons encore du chemin à faire. Pour nos salariés, le groupe Adecco a lancé une campagne de promotion du CPF. Elle passe également par notre programme de formation des managers  »

QDF : Quel sont vos projets en matière d’apprentissage ?

F.P : Outre notre projet de création d’un CFA commun sur les métiers en tension de la cuisine et de la restauration, nous allons ouvrir en septembre prochain notre propre centre dédié aux métiers du recrutement. Si nous ne maîtrisons pas encore tous éléments de notre modèle économique, nous abordons la construction de cette nouvelle formation en apprentissage en entrepreneur et la considérons comme un investissement et une initiative pilote. Nous avons engagé l’enregistrement au répertoire national des certifications professionnelles d’un titre de niveau 2. Nous espérons obtenir son inscription d’ici septembre. La réforme, en donnant la main aux entreprises, nous offre l’opportunité de créer une voie d’excellence, d’adosser plus facilement à la formation une promesse d’embauche en CDI et de promouvoir dans son contenu d’autres méthodes de recrutement. Nous avons également travaillé sur la modularisation du parcours. Cette ingénierie permet d’intégrer les blocs de compétences et des dispositifs comme le CPF ou la ProA. Tout est à repenser et il faut innover. Nous restons donc ouverts à des partenariats avec d’autres organismes de formation ou d’autres CFA. Pour cette première rentrée, nous avons prévu trois classes de 15 apprentis « 

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