Près de la moitié des entreprises n’ont pas encore engagé de plan de développement des compétences (sondage Comundi)

Près d’un an après la promulgation de la loi avenir professionnel, les entreprises se sont appropriées la réforme mais restent attentistes sur sa mise en œuvre selon un sondage réalisé récemment par Comundi. Sa directrice générale Claire Pascal décrypte, pour le Quotidien de la formation, les transformations à venir, alors que se tient la rencontre des entrepreneurs de France, organisée par le Medef, les 28 et 29 août à Paris.

Par - Le 29 août 2019.

La réforme de la formation professionnelle et de l’apprentissage fait ses premiers pas. Dans cette période de transition et d’appropriation, les entreprises mesurent son impact sur leurs pratiques. Comundi a réalisé un sondage auprès d’un panel de responsables des ressources humaines et de la formation en juin dernier. Si 65% des personnes interrogées estiment avoir bien compris la réforme, près de la moitié d’entre elles n’ont pas engagé de plan de développement des compétences cette année.

«  Cet attentisme s’explique par l’impact financier de la réforme pour les entreprises, notamment celles de taille intermédiaire entre 50 et 300 salariés mais aussi par  la création de nouveaux dispositifs comme la ProA, une définition élargie de l’action de formation et la transformation en cours des Opca en Opco », explique Claire Pascal.

Outre l’effet «  année blanche »,  souvent à l’œuvre dans une réforme, la directrice générale de Comundi identifie des sujets de fond pour les décideurs. Dans un contexte de forte mutation des modèles économiques, du monde du travail et des métiers, le développement des compétences est devenu un levier stratégique de compétitivité.  Et la réforme, en limitant l’accès aux fonds mutualisés, pousse les entreprises à adopter  une logique d’investissement.  Encore faut-il pouvoir convaincre en interne de dégager les budgets nécessaires.  «  Ce changement culturel implique autant les ressources humaines que le management. Les entreprises ont besoin de s’outiller en indicateurs de performance et de suivi empiriques capables de mesurer le retour sur investissement des actions menées », explique Claire Pascal.

Claire Pascal, directrice générale de Comundi

Un CPF co-construit

Ces nouvelles exigences financières et d’efficacité font évoluer l’offre des entreprises de  formation. Comundi utilise l’outil digital pour proposer des parcours sur-mesure et renforce ses prestations de conseil en ingénierie.  Autre sujet de fond qui traverse la réforme, le compte personnel de formation monétisé suscite encore des interrogations. La loi a ouvert la possibilité aux entreprises ou aux branches professionnelles d’abonder ce dispositif entièrement à la main du salarié. Levier du dialogue social, cette démarche reste encore embryonnaire. Près de la moitié des responsables des ressources humaines et de la formation interrogés par Comundi  ne se prononcent pas encore sur la mise en place de stratégies d’abondement. Pourtant, 40% d’entre eux déclarent que leurs salariés ont déjà demandé un abondement en temps de travail. «  Le succès du CPF repose aussi sur une démarche de co-construction. Des entreprises prévoient d’engager des négociations autour d’accords collectifs sur les abondements. Mais,  il y a encore trop d’incertitudes sur leur cadre, leur mécanisme et leur statut  fiscal. Il faut que la démarche soit simple  », insiste Claire Pascal. Comundi se positionne d’ailleurs sur les deux « formules ». L’entreprise de formation sera présente sur l’application CPF et sur le CPF co-construit en s’appuyant sur ses 250 programmes certifiants. Elle publiera, durant l’été,  un guide CPF téléchargeable à destination des salariés.

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