E-learning : que nous apprend l’exemple sud-coréen ?

Par - Le 01 octobre 2009.

Un déploiement massif auprès des grandes entreprises et des particuliers, moindre auprès des petites entreprises. Tel est le témoignage de l’institut coréen de recherche sur l’éducation et la formation professionnelle (Korea research institute for vocational education and training – Krivet), venu présenter le 10 septembre dernier, à l’invite du Fffod
[Forum français pour les formations ouvertes et à distance, [www.fffod.org [/footnote], l’état des lieux du e-learning en Corée du Sud.

S’intéresser au développement du e-learning en Corée du Sud, pays dont 93 % des foyers sont connectés en haut débit, c’est saisir l’opportunité de comparer l’impact d’un modèle de société éloigné du nôtre sur le développement d’une modalité de formation qui nous est commune. On connaît le rôle du chemin de fer et des infrastructures routières dans le succès de la révolution industrielle occidentale, la Corée du Sud pourrait bien nous apprendre ce qu’il en coûte d’accuser un retard en matière de développement des infrastructures numériques.
Bénéficiant d’une couverture haut débit sans équivalent en Europe et leader mondial en matière de téléphonie mobile “3e génération” (synthèse de la téléphonie, de l’internet et de la télévision), l’e-learning sud-coréen ne s’embarrasse pas plus de CD-Roms qu’il ne se préoccupe de prévoir des lieux d’accès à la formation à distance. Car là où le Royaume-Uni s’enorgueillit de ses centres Learndirect (voir L’inffo n° 751, p. 9), et où la France s’emploie à mailler le territoire de “points d’accès à la téléformation”, la Corée du Sud se contente de tirer profit de ses excellents réseaux (Wifi, satellite, etc.) pour amener la formation à une population par ailleurs équipée à plus de 85 % en terminaux mobiles.

C’est sans doute là l’un des points les plus frappants de l’exposé de Rha Hyeon-Mi, chargée de recherche au centre e-learning du Krivet, l’autre étant l’exposé du process d’évaluation mis en place par les institutions publiques coréennes. Ce sont effet les résultats des évaluations mensuelles des contenus e-learning délivrés par les entreprises et les institutions publiques ou privées qui déterminent le niveau de subvention alloué par le gouvernement. À noter qu’il n’existe pas de prise en charge financière individuelle du e-learning, ce qui ne semble pas freiner la demande, puisque 45 % du marché repose sur la demande émanant de particuliers (chiffre 2008).

De façon incontestable, le e-learning sud coréen est par ailleurs amené à fortement progresser à l’avenir, tant son usage semble banalisé parmi les jeunes de 6 à 19 ans, qui représentent près de 71 % des utilisateurs. Ceci d’autant plus que 59 % de ceux qui ne recourent pas au e-learning se déclarent motivés à le faire dans le futur.

Un futur qui passera sans doute majoritairement par les terminaux mobiles (smartphones, PDAs, etc.), pour lesquels des contenus ont été créés dès 2004. En cours d’expérimentation selon Rha Hyeon-Mi, le recours aux “tags”, c’est-à-dire l’utilisation de codes barre que l’on peut disposer en tous lieux publics pour apporter aux détenteurs de mobiles une formation contextualisée. Autant dire que l’on a jamais été aussi proche qu’en Corée du Sud de la définition originelle du e-learning : “Où je veux et quand je veux.”

Nicolas Deguerry

in L’Inffo formation n° 753, 1er au 15 octobre 2009

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