Ateliers de pédagogie personnalisée : 135 organismes labellisés par l’Afnor

Par - Le 01 janvier 2012.

“Le réseau des Ateliers de pédagogie personnalisée (APP) est aujourd’hui reconstruit.” Thème central du comité national d’orientation et de suivi (Cnos) des APP, qui s’est tenu le 8 décembre dernier dans les locaux du Cnam, le message n’avait rien d’anodin, pour un réseau passé d’environ 850 centres et antennes en 2006 à environ 250 en 2011.

Le réseau a incontestablement souffert du changement de contexte intervenu ces dernières années : fin du soutien financier de l’État à l’animation nationale du réseau, passage aux appels d’offres, recentrage d’une partie de la commande publique sur les publics non ou très faiblement qualifiés, montée en puissance de réseaux régionaux, sortie du label d’une partie des Gréta, etc., les APP ont eu à relever de nombreux défis pour conserver leur spécificité. Et doivent sans doute en partie leur survie à ce qui a longtemps fait leur force, le maintien d’un certain esprit militant tout droit issu des rangs de l’éducation permanente.

Fort d’un nouveau cahier des charges national garant du label APP, le réseau a travaillé main dans la main tout au long de l’année 2011 avec les équipes de l’Afnor pour démarrer 2012 avec quelques 135 organismes labellisés et autant d’antennes territoriales.

Accordé pour une période de trois ans, le label se veut “une garantie de qualité pour les financeurs et les stagiaires”, nous indique Marie-Anne Corbin, présidente de l’association pour la promotion du label APP (APapp). Fondé sur les sept principes fondamentaux du réseau (voir encadré) et ouvert à tout organisme de formation, le label est attribué par la commission nationale de labellisation sur la base d’un dossier d’audit réalisé par Afnor Certification. Au terme de la campagne d’audit engagée en 2011, Hélène Maguet, responsable développement à l’Afnor, souligne tout autant “le nombre de bonnes pratiques et points forts” constatés que la particularité du label APP, lequel traduit la “reconnaissance d’une démarche pédagogique centrée sur la personne qui garantit une démarche spécifique concernant l’accès aux savoirs de base et aux compétences clés européennes”.

[(LES SEPT PRINCIPES FONDAMENTAUX DES APP

 La personnalisation de la formation ;

 l’accompagnement de l’apprenant ;

 l’ancrage territorial ;

 la diversité des publics accueillis en flux ;

 les domaines de formation référés aux huit compétences-clés européennes ;

 les sources diversifiées de financement ;

 le fonctionnement en réseau à dimension régionale et nationale.)]

Autre particularité des APP, la dimension constitutive des partenariats au niveau local comme au niveau national : partenaires prescripteurs comme les Missions locales, Pôle emploi ou des entreprises, partenaires financeurs comme les Opca, l’État ou les Régions, partenaires politiques comme la FFP ou l’ANLCI et, enfin, partenaires pédagogiques comme le Cned ou le Cnam. Témoin de cette réalité, le Cnos du 8 décembre, présidé par André Moisan, maître de conférences au Cnam, qui regroupait des APP mais aussi des partenaires qui, à l’instar de l’ANLCI, d’Uniformation ou encore de l’espace autoformation de la Bibliothèque publique d’information du Centre Pompidou, n’ont pas hésité à entrer dans un franc dialogue avec le réseau APP. Ainsi par exemple de Claire Oger, chargée de mission Uniformation, qui a notamment insisté sur la nécessité pour les APP de se rapprocher davantage des Opca et de s’appuyer sur leurs référentiels de compétences, lesquels permettent à la fois de “répondre sur mesure et de travailler la transférabilité”.

Enjeux de l’année 2012 pointés par la présidente de l’APapp, “remailler le territoire, accueillir de nouveaux APP et, toujours et encore, améliorer notre démarche et mieux communiquer”.

Questions à Marie-Anne Corbin, présidente de l’APapp

La couverture territoriale apparaît beaucoup moins homogène que par le passé et certaines régions n’accueillent plus (Limousin, Auvergne) ou très peu (Rhône-Alpes, Champagne-Ardenne, Picardie, Basse-Normandie, Pays de la Loire, Centre, etc.) d’APP. Pourquoi ?

Certaines régions, comme le Centre, ont choisi de porter leur propre dispositif plutôt que d’appartenir à un réseau national ; d’autres, historiquement peu couvertes, n’ont pas bénéficié de la même dynamique et de l’effet réseau qui ont permis à celles qui étaient bien maillées de mieux résister. Enfin, d’autres régions, comme l’Auvergne, ont choisi l’option Gréta[ 1 ]Près d’un APP sur deux était porté par un Gréta lors du transfert du label de l’État à l’APapp en mars 2009. Certains Gréta, hostiles à la diversité des organismes porteurs, ont préféré quitter le réseau que d’accepter que la marque ne soit pas remise au ministère de l’Éducation nationale. .

Quels sont aujourd’hui les organismes porteurs ?

Environ 30 % de Gréta, très mobilisés parce qu’ils ont choisi de rester par vrai choix politique, 50 % d’organismes associatifs et de SARL, 20 % de CFPPA (Centres de formation professionnelle et de promotion agricole), de CCI, Chambres de métiers, mairies et autres collectivités territoriales.

L’apprenant type est-il toujours le même ?
Oui, plutôt une femme, demandeur d’emploi de plus de 26 ans, d’un niveau de formation initiale inférieur au bac.

Sur quoi porte aujourd’hui l’activité des APP ?

Essentiellement ce qui tourne autour des compétences clés, mais en soulignant que celles ci ne se résument pas à la lutte contre l’illettrisme. Nous continuons d’accueillir des niveaux IV et plus, et il est important que les APP ne soient pas étiquetés uniquement publics V et infra V, même si nous répondons à leurs besoins. Il ne faut par ailleurs pas confondre les huit compétences-clés européennes et les dispositifs financés. Qu’il s’agisse de l’État, des Régions ou des Opca, chaque financeur cible le public en fonction de sa compétence et des besoins de son territoire : par exemple, l’État les publics infra V sur cinq compétences, le Conseil régional de Haute-Normandie les publics V bis et IV, un Opca la compétence numérique ou mathématique, etc. Les APP partent eux des huit compétences-clés à partir de leurs sept principes fondamentaux pour répondre aux besoins des multiples financeurs.

Tout passe nécessairement par les compétences-clés ?

Non, notre offre de service est avant tout caractérisée par notre démarche : la personnalisation, l’accompagnement, l’ancrage territorial, l’entrée-sortie permanente, le sur-mesure, l’“apprendre à apprendre”, etc. : les compétences-clés ne sont qu’un contenu.

Proposez-vous de l’accompagnement à la VAE ?

Tout à fait, d’autant plus que la démarche APP peut aussi s’apparenter à une forme de pré-VAE : de l’accompagnement en amont pour une projection en aval. Il faut donc savoir exactement où en est la personne pour essayer d’évaluer son niveau et ses besoins au plus près. C’est un aspect que nous avons encore accentué dans le cadre d’un groupe de travail (consacré à la mise en place d’un portfolio), qui essaie vraiment de balayer tout ce que la personne a fait auparavant. La seule condition à l’accompagnement VAE est d’obtenir un financement.

Comment valorisez-vous le label APP ?

C’est une garantie qualité, et l’assurance de savoir exactement ce que nous faisons, puisque tout est décliné dans le cahier des charges : n’importe quel financeur peut savoir ce qu’il va trouver dans l’APP sur l’ensemble du territoire, idem pour le stagiaire. Au-delà de la mutualisation des moyens et des économies d’échelle, l’effet réseau apporte aussi une garantie d’évolution, avec des groupes de travail associant des chercheurs qui font progresser la méthode et la démarche. Il est important de comprendre que le réseau est constitué de l’ensemble des APP, mais aussi de l’ensemble des partenaires. Ils ont la parole dans nos instances et peuvent donc faire remonter leurs besoins et réflexions, comme l’ANLCI et Uniformation l’ont d’ailleurs fait lors du Cnos du 8 décembre.

Notes   [ + ]

1. Près d’un APP sur deux était porté par un Gréta lors du transfert du label de l’État à l’APapp en mars 2009. Certains Gréta, hostiles à la diversité des organismes porteurs, ont préféré quitter le réseau que d’accepter que la marque ne soit pas remise au ministère de l’Éducation nationale.

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