Lancement du Campus numérique de Bretagne , premier “multi-sites” en Europe

Inffo formation n° 865 – 1er-14 novembre – Nicolas Deguerry

Par - Le 01 novembre 2014.

Numérique
oblige, c’est en
simultané et dans cinq villes
différentes [ 1 ]Brest, Lannion, Lorient, Rennes,
Saint-Brieuc
.
qu’a été lancé le
Campus numérique de l’Univer
sité de Bretagne, UEB C@mpus.
L’occasion pour Nicolas Prigent,
enseignant-chercheur à Supelec
Rennes, de profiter de l’une des
salles de téléconférence immer
sive pour partager sa vision de
l’innovation.

Tous ceux qui ont un jour assisté à
des colloques sur l’innovation en
formation dans les lieux les plus
prestigieux de l’enseignement
français n’ont pu manquer de
noter ce paradoxe. Sans tableau
interactif, sans prise ethernet
ni prise électrique, les exposés
les plus enthousiastes sur l’en
seignement au XXI
e
siècle ont
quelque chose de très… virtuel. Et
d’un saisissant contraste avec les
espaces de travail collaboratif,
les salles de télé-enseignement
et les télé-amphithéâtres propo
sés par UEB C@mpus. Ajoutez-y
l’innovation de services (“concier
gerie” en ligne, captations auto
matisées….), et vous disposez
d’un environnement technolo
gique adapté aux
“nouvelles fa
çons de pratiquer l’enseignement
et la recherche, plus performante
et ouverte, moins coûteuse et
plus environnementale”.

De nouveaux usages
qui s’imposent


Mais surtout, et pour Nicolas
Prigent,
“ce qui caractérise un
grand outil, c’est de nous emme
ner là où on ne l’avait pas imaginé,
de nous permettre de transformer
notre vision du monde et de nous
laisser découvrir de nouveaux
usages”
. Des exemples
? Twitter,
la plateforme de
microblogging
,
conçue pour raconter au monde
l’instant vécu, et devenue “indis
pensable” aux professionnels
comme au grand public.
Idem
pour la téléphonie mobile, créée
à l’intention des capitaines d’in
dustrie et aujourd’hui entre les
mains du grand public. Lequel a
vite trouvé en l’outil des réponses
à des besoins qu’il ignorait avec,
par exemple, la généralisation de
l’usage du SMS.

La dimension
territoriale sans
l’écueil de la distance


Le rapport avec l’UEB C@mpus ?
Connecté à d’autres sites géogra
phiques pendant son intervention,
Nicolas Prigent résume
:
“Je vous
vois, vous me voyez, nous sommes
en train d’interagir ; simplement,
quand nous sortirons de nos salles
respectives, certains seront à
Rennes, d’autres à Lannion ou à
Saint-Brieuc, mais la technolo
gie nous aura permis de tordre
l’espace pour pouvoir nous retrou
ver en un même lieu à un instant
donné.”

Pas nouveau
? Oui, tant que les
organisations fonctionnent sans
s’adapter aux conséquences
réelles de l’abolition de la distance.
Mais alors que
“les détails techno
logiques sont en train de s’effacer
pour laisser la place aux usages”
,
la disparition de la contrainte spa
tiale
“va avoir des implications
fondamentales dans nos trois
métiers que sont l’enseignement,
la recherche et les relations indus
trielles”
, prévient l’enseignant-
chercheur.

Une révolution des
modèles de diffusion


Cela permet par exemple de
“créer
des cours sur différents campus”
et de
“faire du transdisciplinaire”,
“d’aller chercher les experts là où
il sont et de les réunir dans des
salles de téléprésence”.
Évoquant
une
“révolution des usages”
, il in
siste
:
“Les programmes vont pou
voir être créés à partir de toutes
les compétences que nous avons,
aujourd’hui en Bretagne, demain
en France et dans le monde.”
Mêmes perspectives avec la re
cherche, qui va voir apparaître de
“nouveaux modèles de diffusion
de la connaissance scientifique”,
en lieu et place des conférences
annuelles qui réclament de faire
se déplacer 300 à 400
personnes.
Même chose pour les industriels,
qui connaîtront elles aussi de
“nouveaux modes d’interaction,
beaucoup plus immédiats”.

Si tout cela peut encore paraître
flou aujourd’hui, c’est que le po
tentiel issu de l’éclatement de la
géographie traditionnelle ne peut
se révéler que progressivement,
dans des usages qui restent à
découvrir.

Et Nicolas Prigent en est convain
cu
:
“Nous n’imaginons pas encore
les transformations qui vont pou
voir avoir lieu.”
Reste que l’émer
gence d’un tel écosystème peut
déjà entraîner une certitude
: il y
a là un défi de taille pour les héri
tiers de Robert de Sorbon [ 2 ] Le fondateur, au XIII
e
siècle, de la
Sorbonne

et de
l’abbé Grégoire [ 3 ] Le fondateur, en 1794,
du Conservatoire national des arts
et métiers

.
Un partenariat
public-privé


L’ensemble du projet UEB C@mpus
est porté et déployé par le grou
pement Breizh Connect qui réunit
Eiffage, Orange, la Caisse des dé
pôts et le Fonds d’investissement
et de développement des partena
riats public-privé (Fideppp).

Des financements publics sont ap
portés dans le cadre de la conven
tion-cadre État-Région signée en
2010
: le ministère de l’Enseigne
ment supérieur et de la Recherche
finance les quatre nouvelles
constructions [ 4 ] Deux à Brest et deux à Rennes.
à hauteur de 30
mil
lions d’euros, le Conseil régional
et d’autres collectivités financent
l’acquisition des équipements et
des services, également à hauteur
de 30 millions d’euros.

Notes   [ + ]

1. Brest, Lannion, Lorient, Rennes,
Saint-Brieuc
2. Le fondateur, au XIII
e
siècle, de la
Sorbonne
3. Le fondateur, en 1794,
du Conservatoire national des arts
et métiers
4. Deux à Brest et deux à Rennes.

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