La Cour des comptes appelle à revoir la formation des demandeurs d’emploi

Par - Le 06 juillet 2018.

Une approche désordonnée fondée sur la réaction de court terme plutôt que sur la stratégie, voici ce que la Cour des comptes reproche aux politiques publiques de formation à destination des demandeurs d’emploi. Opposant l’augmentation des moyens (5,6 milliards d’euros en 2016) à des résultats jugés décevants, la Cour des comptes formule 14 recommandations.

Si la Cour ne critique pas en soi le montant alloué à la formation des demandeurs d’emploi (5,6 milliards d’euros en 2016), elle juge en revanche sévèrement son utilisation : « L’addition par l’État de plans successifs a abouti à une juxtaposition de dispositifs et à une augmentation de moyens sans stratégie globale ni coordination des acteurs. » Au-delà de la recherche d’une amélioration de l’articulation entre acteurs, ses 14 recommandations visent à promouvoir « une meilleure adaptation et la qualité de l’offre de formation, un conseil et un accompagnement personnalisés, notamment dans le cadre du compte personnel de formation (CPF) ».

Transparence

Structurées en six axes, les recommandations de la Cour des comptes visent d’abord à élaborer des stratégies communes aux niveaux national et régional, dans le cadre de dispositifs partagés suivis et évalués. Il s’agirait de définir un socle national et régional d’indicateurs qui seraient inclus dans les contrats régionaux de développement des formations et de l’orientation professionnelles (CPRDFOP). Le Cnefop [ 1 ]Conseil national de l’emploi, de la formation et de l’orientation professionnelles, intégré à France Compétences dans le cadre du projet de loi « pour la liberté de choisir son avenir professionnel .» serait amené à élaborer un dispositif d’évaluation des parcours individuels et à organiser la mise en réseau des Carif-Oref [ 2 ]Centres d’animation, de ressources et d’information sur la formation – Observatoires régionaux emploi-formation., afin d’« accroître la qualité des informations disponibles et homogénéiser les pratiques en matière d’analyse des besoins et d’évaluation des politiques menées au sein des Crefop » [ 3 ]Comités régionaux de l’emploi, de la formation et de l’orientation professionnelles..

Les deuxième et troisième axes sont plus particulièrement dédiés aux financements. Premièrement, la Cour suggère de conditionner les financements supplémentaires de l’État à la signature de conventions pluriannuelles avec les Régions. Deuxièmement, il conviendrait de faire évoluer les règles de comptabilité afin d’améliorer la lisibilité de l’action et des financements mobilisés par les différents acteurs.

CPF et Cep

Consacré au CPF, le quatrième axe recommande de promouvoir l’autonomie des demandeurs d’emploi dans l’accès à la formation. Pour l’État, il s’agit de leur permettre de mobiliser leur compte sans intervention d’un tiers pour des formations courtes, et de réguler les formations plus longues et plus coûteuses dans le cadre du conseil en évolution professionnelle (CEP). Les financeurs devront, eux, s’attacher à systématiser les contrôles qualité en cours de formation.

Plaidant pour un accompagnement renforcé, la Cour des comptes appelle à développer le suivi des publics les plus éloignés de l’emploi, pendant la formation et dans le cadre du CEP (axe 5).

Gestion

Enfin, le dernier axe entend améliorer la performance de la gestion de la formation des demandeurs d’emploi. Ce qui suppose, premièrement, d’améliorer les systèmes d’information partagés ; deuxièmement, de permettre aux Régions de désigner un acheteur unique de stages collectifs pour le compte de l’ensemble des financeurs ; troisièmement, d’organiser les parcours de formation des publics les plus éloignés de l’emploi avec les organismes habilités dans le cadre des services d’intérêt économique général (SIEG).

  • La formation des demandeurs, d’emploi, Cour des comptes, 183 p., 2018 : format PDF – 3 Mo

Notes   [ + ]

1. Conseil national de l’emploi, de la formation et de l’orientation professionnelles, intégré à France Compétences dans le cadre du projet de loi « pour la liberté de choisir son avenir professionnel .»
2. Centres d’animation, de ressources et d’information sur la formation – Observatoires régionaux emploi-formation.
3. Comités régionaux de l’emploi, de la formation et de l’orientation professionnelles.

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