Le fonctionnement de la mémorisation appliquée à la formation (Digital Learning Days)

Par - Le 03 juillet 2018.

Le 27 juin 2018, au Numa, lieu d’innovation au cœur de Paris, avait lieu la première journée des Digital Learning Days organisés par IL&DI, cabinet spécialisé en innovation dans la formation dirigé par Philippe Lacroix.

La matinée organisée avec le soutien de Woonoz, société experte de l’ingénierie de formation et connue pour le Projet Voltaire, a réuni une centaine de professionnels de la formation de grands groupes tels que PSA, Société Générale, Axa, Air France, Areva, etc. Le thème central était le fonctionnement de la mémorisation appliquée à la formation.

De l’inconnu au connu

Karine di Fusco, fondatrice de Boîte Crânienne, a rappelé que le premier levier de la mémorisation est la répétition : “Plus je réactive le savoir, plus je me souviens.

Le deuxième moteur est lié au nombre de chemins qui permettent au cerveau de récupérer l’information stockée dans la mémoire. Plus il y aura de liens vers l’information, plus on aura de chances de se souvenir : “C’est pour cette raison que instinctivement nous faisons des liens avec ce que nous connaissons déjà”, explique Karine di Fusco. En effet, le cerveau cherche sans arrêt à relier l’inconnu au connu. Pour cela, Karine di Fusco conseille de ne pas hésiter à demander aux apprenants : “A quoi cela vous fait-il penser ?”, car cela permet de créer des liens dans le cerveau et de donner du sens.

Canaux sensoriels

Si l’on entend souvent parler de préférences pour un type de mémoire, visuelle, auditive ou kinesthésique, c’est la mémoire visuelle qui est la plus efficace pour notre cerveau. Karine di Fusco précise : “Il faut multiplier les canaux sensoriels mais que les informations soit congruentes et non polyphoniques, donc, qu’elles convergent toutes vers le même message.”

La mémoire de travail, aussi appelée mémoire immédiate, « ne peut contenir que sept informations« , selon Karine di Fusco, le cerveau regroupe ces informations par familles ou groupes (au maximum de quatre), ce qui augmente le nombre d’informations stockées dans la mémoire immédiate. Mais, pour être en mesure de faire ces liens, le cerveau a besoin de comprendre. Cela revient à dire, selon Karine di Fusco, que : “Le cerveau a besoin de comprendre pour mémoriser plus efficacement.”

Emotions

Les émotions représentent le troisième moteur. Jean-Marc Meunier, maître de conférences à l’Université Paris-VIII, explique ainsi la difficulté de la formation à distance : “Une personne isolée qui n’a pas de soutien de la part de son entourage aura moins d’entrain à étudier, car il lui manque la dimension émotionnelle.

L’activation de la dopamine, sécrétée après une bonne réponse, permet de stimuler le plaisir et l’envie d’apprendre. Sur ce point, Pierre-Marie Lledo, directeur du département de neurosciences à l’Institut Pasteur, précise que le plus gratifiant pour l’humain est la reconnaissance sociale, que nous soyons en situation de gratifier quelqu’un ou d’être gratifié : “La récompense est la même, que l’on donne ou que l’on reçoive, car c’est la même région du cerveau qui est stimulée dans les deux cas.

Conformisme

Mathieu Cassotti, professeur en psychologie du développement à l’Université Paris-Descartes, s’est intéressé aux résistances au changement : “On peut se retrouver face à quelqu’un parfaitement capable de raisonner mais incapable de résister aux automatismes qu’il a construits au cours de sa vie.” Dans ces circonstances, cette personne pourra être incapable d’innover. C’est ce qui fait dire à Pierre-Marie Lledo : “Quand vous êtes informé, vous êtes déformé.

Mathieu Cassotti présente également le conformisme social comme un frein à l’intuition : “On apprend à se conformer au groupe de manière intuitive alors que c’est des divergences de points de vue que naît le progrès scientifique.

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