Les transitions écologique et numérique ont un impact croisé sur les compétences

Par - Le 11 avril 2018.

Le Commissariat général au développement durable organisait mardi 10 avril, à Paris La Défense, une matinée d’information consacrée à « l’impact croisé de la transition écologique et de la transition numérique sur les emplois et les compétences ».

Invité à témoigner sur ce phénomène dans les métiers du bâtiment, Olivier Celnik, architecte, s’est appuyé sur son expérience de coordinateur pédagogique du mastère spécialisé BIM (Building Information Modeling, voir encadré) à l’École des Ponts ParisTech. « Que l’on soit pour ou contre, il est désormais indispensable de se mettre au BIM pour continuer à exercer son métier », a-t-il expliqué. Depuis 2014, date à laquelle le BIM a fait irruption en France, pouvoirs publics et professionnels avertis s’efforcent de faire passer le message auprès de l’ensemble des intervenants du bâtiment.

L’impact du BIM

Sans être obligatoire à ce jour, le BIM s’impose peu à peu dans les marchés publics. Sont ainsi concernés les architectes et les ingénieurs, mais aussi les formateurs, les économistes, les maîtres d’ouvrage, les aménageurs, les géomètres ou encore les bureaux de contrôle. Olivier Celnik insiste : « il n’y a pas eu d’imposition de l’informatique mais tout le monde travaille avec ! » C.Q.F.D. : « si je ne maîtrise pas le BIM, je suis exclu. » Souvent perçu comme une contrainte, le BIM peut pourtant être une opportunité historique pour les architectes de consolider leur profession « en endossant le rôle de BIM manager », explique-t-il : « celui qui maîtrise a le pouvoir de diriger. »

Le concept étant complexe à appréhender, de nombreuses confusions existent. « Le BIM, c’est de la collaboration », analyse Olivier Celnik : « plus qu’à un logiciel, il s’agit de se former à des méthodes de travail. » Inexistante il y a 5 ans, l’offre de formation compte aujourd’hui plus de 350 propositions. Une abondance qui a conduit l’Ordre des architectes à produire un document pour aider à choisir la bonne formation.

Expertise technique et pédagogique

En formation continue, c’est l’Afpa qui est venue témoigner de l’impact des transitions numérique et écologique sur le métier de formateur. Ingénieure de formation, Sylvie Bortolussi explique que si les missions demeurent identiques, le formateur n’en doit pas moins faire évoluer son expertise technique et pédagogique. D’où, par exemple, la nécessité pointée par sa collègue Laurence Mombet, d’exercer une veille permanente sur la réglementation, d’en comprendre les implications techniques et de les intégrer à la formation. Sylvie Bortolussi souligne que la transition numérique implique non seulement d’apprendre à utiliser les nouveaux outils, mais surtout d’en maitriser les usages. Faute de quoi, la « fossilisation des pratiques » guette, avertit-elle. Toutes ces nouvelles façons de travailler entraînent un changement de posture du formateur. « Il n’est plus le seul détenteur et évaluateur des savoirs, mais doit favoriser et orchestrer le travail collaboratif. » Laurence Mombet le souligne, le formateur a aussi un rôle de prise en compte de la transition écologique dans l’utilisation pédagogique qu’il fait de la transition numérique. Car elle le rappelle, cette dernière peut aussi aggraver l’empreinte environnementale et il revient au formateur d’adopter une « posture d’éco-conception de la formation », conclut-elle.

BIM : une nouvelle manière de construire

Le terme BIM (Building Information Modeling) est rarement traduit, faute de consensus. On peut néanmoins parler de modélisation des données du bâtiment. Il s’agit d’un processus qui tend à favoriser les échanges entre tous les intervenants d’une construction, existante ou à venir. Selon Wikipedia, le BIM se définit à la fois comme « un processus de structuration, de création, de production, d’échange, d’intégration, d’analyse, de gestion, de visualisation et d’exploitation de données   et un « modèle d’un ouvrage bâti ».

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