Le 5 novembre dernier lors du lancement d'Epale, Jean Vanderspelden, consultant ITG "Apprenance - FOAD - Numérique - Territoires".

Plateforme collaborative Epale : les organisateurs ont retenu la formule du “BarCamp”

Par - Le 17 novembre 2015.

Le lancement en France de la plateforme Epale (ePlatform for adult learning in Europe), a eu lieu le 5 novembre à Paris. Développée par la Commission européenne, elle a pour objectif de donner de la visibilité au secteur de l’éducation et de la formation des adultes.

Pour aborder la question des environnements d’apprentissage et de la qualité de la formation à l’occasion de ce lancement, les organisateurs ont retenu la formule du “BarCamp” proposée par Jean Vanderspelden, consultant ITG « Apprenance – FOAD – Numérique – Territoires ».

C’est une première pour la plateforme européenne, mais une démarche de plus en plus classique pour Jean Vanderspelden qui conduisait là son dix-septième essai. Intérêt du “BarCamp” ? Dépoussiérer la formule jugée par trop statique des conférences ou tables rondes traditionnelles.

“Une nouvelle manière d’apprendre”

Issu du milieu des hackers (pirates informatiques), un BarCamp repose sur le principe “Pas de spectateur, tous participants”, expose Jean Vanderspelden. Organisé “sous la forme d’ateliers participatifs courts, où le contenu est apporté et animé par les participants”, le BarCamp est ouvert et ne requiert rien d’autre qu’une envie : “Il suffit d’être curieux et intéressé pour venir partager, découvrir et échanger autour de pratiques, de témoignages ou de questions sur une problématique commune.”

Aux dires du consultant, il s’agirait même d’“une nouvelle manière d’apprendre”. Pourquoi ? “Parce que chacun a des réponses aux questions que les autres se posent, c’est une forme de mise en œuvre d’intelligence collective”, estime-t-il. Davantage fondé sur la notion d’échanges que sur la mobilisation d’experts déversant leurs savoirs à des écoutants, le BarCamp est aussi une expérience sociale qui permet d’“élargir son réseau professionnel”.

Un modèle participatif

Lorsqu’on lui demande pourquoi il a proposé cette formule au réseau Epale, Jean Vanderspelden renvoie à sa posture professionnelle : “Je travaille sur l’apprenance, concept qui renvoie à la notion des nouveaux éco-systèmes d’apprentissage, lesquels appellent à diversifier les situations.” Or, poursuit-il, “le BarCamp est une situation intéressante pour apprendre différemment, en ce que la parole est donnée aux participants”.

Est-ce vraiment différent des traditionnelles séquences de questions-réponses ? “La forme est beaucoup plus ouverte en ce sens qu’une fois la thématique posée, chacun peut, sur la base du volontariat, dire ce qu’il veut et de la façon qu’il souhaite : proposer un témoignage, poser une question, éclairer un outil, présenter une démarche, etc.”

Parce que la formule détonne, Jean Vanderspelden souligne d’ailleurs qu’il y a toujours un temps de latence lorsqu’il s’agit de trouver des volontaires pour l’animation des ateliers qui composeront le BarCamp : “En France, nous ne sommes pas habitués à être force de propositions spontanée mais ce qui est intéressant, c’est qu’une fois que la démarche est assumée collectivement, ça démarre…”, assure-t-il.

Mode d’emploi

Comment ça marche ? De façon on ne peut plus classique, feutre en main devant un tableau blanc, l’animateur consultant lance la séance par une présentation du principe du BarCamp, suivie d’un appel à volontaires pour l’animation des deux séries de quatre ateliers de trente-cinq minutes qui rythmeront l’événement. Après avoir inscrit le prénom des volontaires, l’animateur principal leur demande trois mots clés constitutifs de la problématique proposée. Cette étape passée, chaque volontaire dispose d’une minute pour donner envie aux autres participants de rejoindre leur atelier.

Seule consigne imposée pour les trente-cinq minutes qui suivront : respecter un format de dix minutes pour présenter le contexte et justifier le choix du sujet, puis consacrer le reste du temps aux échanges. “Comme dans les tweets, il faut faire preuve de synthèse”, admet Jean Vanderspelden, qui évoque une “contrainte positive : c’est une prise de risque, mais qui génère de l’ouverture.”

Professeur en sciences de l’éducation à l’Université de Rouen et co-animateur du BarCamp, Thierry Ardouin souligne, lui, un paradoxe relevé par les participants : “On s’écoute et on a le temps de parler.”

En présentiel et à distance

Innovant sur le fond, le BarCamp consacré aux environnements d’apprentissage et à la qualité de la formation l’était aussi sur la forme, avec une organisation atypique : animé en présentiel par Jean Vanderspelden et Thierry Ardouin, l’événement s’est en effet doublé d’une liaison à distance animée par le consultant Benoît Tostain, en direct avec une dizaine de participants depuis le site Buc Ressources, campus des métiers du social situé dans les Yvelines. Conclusion ? “Cela a permis de mettre en œuvre le concept de proximité numérique et de montrer que le numérique peut être facilitant”, se réjouit Jean Vanderspelden en soulignant la fluidité des échanges.

Autre innovation technologique appréciée du consultant, le BarCamp était doublé d’un mur numérique, permettant aux participants de partager post-its, photos, vidéos et autres fichiers attachés : “C’est un moyen de partager une trace avant, pendant et après le BarCamp, nous étions en présentiel mais nous pouvions travailler dans l’espace-temps.”

Des environnements d’apprentissage innovants

S’agissant des conclusions générales du BarCamp, Jean Vanderspelden souligne que l’exercice n’est assorti d’aucun compte rendu. Mais consent tout de même à synthétiser : “Les théories de l’apprentissage ont évolué pour reconnaître que ce qui est important est moins ce que dit le professeur, que la façon dont l’apprenant se mobilise s’il dispose d’un environnement favorable.” Lequel suppose de réunir deux conditions : “D’une part, des pédagogies ouvertes, d’autre part et de plus en plus, des ressources numériques pour favoriser les situations d’apprentissage et les interactions.” Soit un environnement innovant qui permet de faire le lien avec la notion de qualité en formation : “Pour qu’une formation soit de qualité, il faut qu’elle innove ; l’innovation, c’est ce que les participants nous ont raconté dans les deux séries de quatre ateliers.” CQFD.

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