Andrea Nahles, ministre fédérale allemande du Travail et des Affaires sociales, Myriam El Khomri, ministre du Travail, de l'Emloi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social, Bruno de Monte, directeur Ferrandi Paris.

Voie professionnelle : « l’essentiel se joue sur la question de l’orientation et de la valorisation culturelle » (Myriam El Khomri)

Par - Le 05 octobre 2016.

Une ministre allemande à la découverte de l’apprentissage à la française ? Ce n’est pas si courant mais c’est bien ce que Myriam El Khomri, ministre du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social, proposait lundi 3 octobre à son homologue d’Outre-Rhin, Andrea Nahles. Direction Ferrandi, l’école de la CCI Paris Ile-de-France qui prépare aux métiers de la restauration, des arts de la table, de la boulangerie et de la pâtisserie.

Les algorithmes peuvent sans doute être contestables mais celui de Google est formel : saisissez « Apprentissage, quel modèle pour la France ? », et les 10 premiers résultats font tous référence à l’Allemagne. D’où, probablement, le choix de la ministre française d’emmener la ministre du travail allemande à l’école Ferrandi, haut lieu de formation de la gastronomie française qui forme 75 % de ses étudiants par la voie de l’apprentissage. Bonne joueuse, Andrea Nahles pouvait concéder « une grande exception à l’excellence allemande en matière d’apprentissage : la formation des cuisiniers ! » Et pour preuve du rayonnement international du centre de formation, Myriam El Khomri soulignait elle les « 20 % d’étudiants d’origine étrangère » accueillis par Ferrandi. Rappelant la récente ouverture de titres ministériels à l’apprentissage, la ministre en profitait pour ré-afficher la volonté du Gouvernement de soutenir cette filière, reconnue comme « voie d’excellence en Allemagne, mais en France aussi avec 7 jeunes sur 10 qui trouvent un emploi dans les six mois suivant leur sortie de formation ».

Le soutien à l’apprentissage continue

Parmi les avancées 2016, elle rappelait également la possibilité offerte aux jeunes d’entrer en formation tout au long de l’année, la publication des taux d’insertion des différentes filières pour permettre aux familles et aux jeunes de faire des choix d’orientation « éclairés », le lancement d’une démarche d’amélioration continue des CFA et, dans le cadre de la loi Travail, la création de l’Aide à la recherche d’un premier emploi (Arpe) et son ouverture aux apprentis de moins de 28 ans. Et d’insister : « la dernière campagne sur l’apprentissage 2015-2016 porte ses fruits, les entrées ont augmenté de près de 5 % ». Pour la ministre, la comparaison entre les systèmes français et allemand n’est pas d’ordre quantitatif : « en France, tous dispositifs confondus (près de 700 000 jeunes inscrits en lycée professionnel, 405 000 contrats d’apprentissage et près de 180 000 contrats de professionnalisation), près de 1,26 million de jeunes sont en formation professionnelle ». Aussi Myriam El Khomri estime-t-elle que « l’essentiel se joue sur la question de l’orientation et de la valorisation culturelle ». À cet égard, les deux ministres se retrouvaient pour placer leurs espoirs en un projet pilote de mobilité franco-allemande des apprentis lancé il y a un an et en cours d’évaluation. Autre initiative évoquée, l’Alliance européenne sur l’apprentissage lancée en 2013 par l’Allemagne, qui réunit les acteurs clés des secteurs de l’emploi et de l’éducation en Europe, devrait elle aussi contribuer à faire connaître le système français et mieux comprendre les autres systèmes d’apprentissage européens.

Le tout en présence de deux chefs pâtissiers de prestige, le japonais Horohisa Koyama et le français Pierre Hermé, tout juste auréolé du titre de « Meilleur Pâtissier du Monde » par l’académie du World’s 50 Best Restaurants. Présents ce jour à Ferrandi pour une démonstration de pâtisserie, les deux confrères ont ainsi pu échanger quelques mots avec les ministres, l’occasion pour Pierre Hermé de conclure en donnant les raisons de sa présence au sein de l’école : « la transmission est un devoir, elle est extrêmement importante dans mon entreprise, mais aussi dans le cadre de l’école ».

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