Moins de 2 % des salariés du privé ont mobilisé leur CPF en 2018

Entre 2015 et 2018, le nombre de formations suivies au titre du compte personnel de formation (CPF) a fortement augmenté. Mais le recours à ce dispositif restait faible : 1,7 % des salariés du privé l’ont utilisé en 2018, selon la Dares.

Par - Le 21 février 2020.

Le compte personnel de formation (CPF), qui vient d’entrer dans une nouvelle ère avec le lancement de l’application mobile, a été peu utilisé pendant ses premières années d’existence. Certes, le dispositif a permis à un nombre croissant de salariés du privé de se former depuis sa création en 2015. Pour cette typologie de bénéficiaires, le nombre d’entrées en formation a en effet augmenté de 64% par an en moyenne pour atteindre les 383 000 en 2018, selon une étude de la Dares publiée mercredi 19 février. Mais seulement 1,7 % des salariés ont utilisé leur CPF en 2018. Un taux de recours qui cache des disparités. Les cadres sont ceux qui ont le plus mobilisé leur droit (2,7%) devant les employés (2,3%). Le taux d’accès à la formation s’avère nettement plus faible pour les professions intermédiaires (1,1%) et pour les ouvriers (1%).

Quand ils ont mobilisé leur CPF en 2018, les salariés ont privilégié des stages dans le domaine des langues (38,8%), de l’informatique (12,2%) ou du transport et de la logistique (11,7%). Et leur choix se sont orientés en priorité vers des formats courts (88 heures en moyenne). Résultat : “Six formations sur dix ont été financées uniquement avec les stocks d’heures disponibles sur les comptes”, indique Cindy Balmat, chargée d’études au département formation professionnelle et apprentissage de la Dares. Lorsque les droits acquis ne suffisaient pas, les financements complémentaires ont été mobilisés auprès des Opco (55% des dossiers abondés) et des employeurs (28%). Mais 13% des salariés ont financé eux-mêmes le reste à charge, alors qu’ils n’étaient que 8% à le faire en 2015.

820 millions d’euros en 2018

Abondements compris, le coût moyen d’une formation s’élève à 2 400 euros en 2018. Au total, les formations suivies par les salariés dans le cadre du CPF ont représenté un budget de 820 millions d’euros, en hausse de 51% comparé à 2017, selon la Caisse des Dépôts. Cette croissance est essentiellement due à l’augmentation du nombre de formations financées (+40%), les coûts n’ayant progressé que de 8% en moyenne en un an.

L’appli mobile lancée cet automne changera-t-elle la donne en matière de taux d’accès ? Les derniers pointages réalisés par le ministère du Travail sont encourageants. En moins de trois mois, plus de 136 000 entrées en formation ont été validées, pour un montant global de 158 millions d’euros. Une trajectoire qui correspond aux prévisions de la Caisse des dépôts. “Pour l’instant, on respecte notre plan de charge, il n’y a pas d’alerte ni sur le plan technologique ni sur le plan budgétaire”, souligne Michel Yahiel, directeur des retraites et de la solidarité de l’institution financière qui gère le CPF. Dans ses projections, la Caisse des dépôts tient compte des sommes liées au CPF mais aussi des crédits acquis au au titre du droit individuel à la formation (Dif). Pour pouvoir mobiliser les droits liés à cet ancien dispositif, les bénéficiaires doivent les renseigner sur leur compte avant le 31 décembre 2020.

Un potentiel de 2 000 euros en moyenne par salarié

Fin octobre 2019, seulement 16% des salariés avaient effectué cette démarche. Ajoutées aux sommes acquises au titre du CPF depuis 2015, ces déclarations portent la moyenne des droits inscrits sur leur compte à 1 040 euros par salarié. Mais si tous les bénéficiaires de l’ancien dispositif déclarent leurs heures dans les temps, “près de 2 000 euros en moyenne seraient potentiellement mobilisables pour financer la formation des salariés”, observe la Caisse des dépôts. Un montant qui reste en deçà des coûts moyens observés : 2 400 euros en 2018 et 2 150 euros en février 2019.

La montée en puissance du CPF dépendra en partie des possibilités de cofinancement. Les employeurs pourront directement abonder le compte de leurs salariés à la fin du premier semestre. La Caisse des dépôts est régulièrement sollicitée des entreprises intéressées par les possibilités de cofinancement. Difficile cependant de savoir quelle stratégie de co-construction elles mettront réellement en place. Pour Michel Yahiel, la plateforme qui sera lancée fin juin devrait encourager la mobilisation des employeurs.

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