Nouvelle organisation et nouveaux défis pour l’Opcommerce

Au cours des six mois qui ont suivi son agrément, l’opérateur de compétences des entreprises du commerce s’est structuré pour assurer ses nouvelles missions. Le développement de l’alternance, l’accompagnement des TPE-PME et l’anticipation des besoins en compétences font partie de ses priorités.

Par - Le 25 septembre 2019.

L’équipe aux manettes de l’Opcommerce : Philippe Huguenin-Génie (délégué général), Marie-Hélène Mimeau (vice-présidente) et Chrystelle Derrien (présidente)

Construit sur les bases du Forco, l’Opcommerce est aujourd’hui prêt à assurer ses nouvelles missions. L’opérateur de compétences des entreprises du commerce, qui sert 19 branches professionnelles soit six de plus que le Forco, a renforcé ses effectifs depuis son agrément, fin mars 2019. « Cinquante personnes ont été recrutées pour étoffer les équipes de conseillers emploi-formation exerçant dans les 13 délégations régionales », indique Chrystelle Derrien (CFDT), présidente de l’Opcommerce. Au total, l’opérateur de compétences compte désormais 300 collaborateurs.

Transformation en interne

En parallèle, l’opérateur poursuit ses investissements en formation pour renforcer les compétences de ses équipes et mieux accompagner les TPE-PME. « Il nous faut aller plus loin en matière de conseil en ressources humaines et de relation clients », illustre Philippe Huguenin-Génie, délégué général de l’Opcommerce. Par ailleurs, pour répondre aux enjeux de proximité, une fonction « chef de projet territorial » a été créée. Et pour gagner en efficacité, les services en charge des règlements ont été centralisés au sein d’une cellule dédiée.

Service de proximité

L’accompagnement des TPE-PME fait partie des priorités stratégiques définies cet été pour la période 2020-2022. Pour servir 90 000 entreprises dont 95 % employant moins de 50 salariés, l’opérateur de compétences mise sur l’évolution des compétences de ses équipes mais aussi sur le déploiement d’offres combinant prestations dématérialisées sur Internet et conseil de proximité. En matière de formation en situation de travail, par exemple, l’opérateur réfléchit à des kits à même de proposer un premier niveau d’appui technique aux entreprises.

Financement de l’apprentissage

Autre priorité pour les années à venir : le développement de l’alternance. L’opérateur de compétences prend en charge 30 000 contrats de professionnalisation et devra financer à partir de janvier les 27 000 contrats d’apprentissage déjà engagés dans son périmètre. Un flux supplémentaire que l’opérateur se dit prêt à gérer. « Nous traitons déjà 200 contrats signés hors convention régionale », précise Marie-Hélène Mimeau (FCD [ 1 ]Fédération du commerce et de la distribution), vice-présidente de l’Opcommerce.

Ces nouveaux contrats correspondent surtout à des effectifs supplémentaires au sein de sections existantes, selon Philippe Huguenin-Génie. À ce stade, les entreprises du secteur n’ont pas encore franchi le cap de la création de CFA. « Des réflexions sont en cours, mais les besoins en compétences étant répartis sur tout le territoire, la tendance sera plutôt au développement de partenariats », observe Marie-Hélène Mimeau.

Quant au dispositif de reconversion ou promotion par alternance (Pro-A), son appropriation par les employeurs devrait prendre un peu de temps, selon la vice-présidente de l’Opcommerce. La liste des certifications éligibles devant être définie par accord de branche étendu.

Mutualisation des observatoires

« Anticiper les besoins en compétences du commerce de demain » figure également dans le top trois des priorités. Pour ce faire, l’Opcommerce va s’appuyer sur la mutualisation des observatoires déjà amorcée par plusieurs branches et sur le nouvel engagement de développement de l’emploi et des compétences (Edec). Celui-ci sera signé avec l’État d’ici à la fin de l’année. « Il portera sur l’impact de la transition écologique sur les métiers du commerce », précise Chrystelle Derrien.

Convention d’objectifs et de moyens

Le détail du plan stratégique sera dévoilé après validation des orientations lors du conseil d’administration de décembre. D’ici là, il faudra négocier et signer avec l’État la convention d’objectifs et de moyens triennale. Une échéance importante. C’est en effet au regard des priorités fixées et des exigences attendues par les pouvoirs publics que l’opérateur pourra dimensionner précisément ses prestations.

L’Opcommerce en chiffres

19 branches professionnelles adhérentes

soit 90 000 entreprises du commerce employant 1,7 million de salariés

300 collaborateurs

13 implantations régionales

Notes   [ + ]

1. Fédération du commerce et de la distribution

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