Premiers signes encourageants de la rentrée pour l’apprentissage

La forte mobilisation de tous les acteurs de l’apprentissage et un plan de soutien d’1 milliard d’euros portent enfin leurs fruits. Si le marché peine à retrouver sa dynamique engagée en 2019, il retrouve peu à peu des couleurs dans un environnement encore incertain et exigeant pour les centres de formation d’apprentis (CFA).

Par - Le 14 septembre 2020.

Jamais une rentrée de l’apprentissage n’aura été autant scrutée et autant soutenue par les politiques publiques. Et il aura fallu attendre septembre pour enregistrer les premiers signaux positifs. Un optimisme prudent relayé par la ministre du Travail Elisabeth Borne lors de son audition devant la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale, mardi 8 septembre.  « Nous ne disposons pas encore des éléments consolidés des chiffres de l’apprentissage sur cette fin d’année. Je suis convaincue que l’objectif de maintenir le nombre d’apprentis qui avait été atteint en 2019 est à notre portée. » Sur le terrain, les grands réseaux de CFA confirment une accélération des recrutements depuis fin août. Certains reviennent de loin. Au sein de l’UIMM (Union des industries et métiers de la métallurgie), la puissante branche de la métallurgie, un sondage réalisé au printemps avançait des baisses de 25% à 50%. Des chiffres alarmants que l’on retrouvait à la Fnadir (Fédération nationale des associations régionales des directeurs de centres de formation d’apprentis) ou encore chez les artisans. L’incertitude née de l’évolution de la crise sanitaire et du rythme de la reprise économique gelait les décisions des entreprises. Malgré l’annonce dès le mois de juin d’un plan de soutien d’envergure, le marché de l’apprentissage restait donc fébrile à la veille de la pause estivale.

Une rentrée contrastée

La publication des décrets officialisant les aides à l’embauche des apprentis, l’élargissement de ces mesures au niveau de l’enseignement supérieur, les annonces du plan de relance et la forte mobilisation de l’écosystème semblent enfin porter leurs fruits. « La rentrée se présente globalement bien, avec des recrutements plus tardifs que les autres années dans la plupart des CFA », note Roselyne Hubert. La présidente de la Fnadir observe également un transfert des contrats de professionnalisation vers les contrats d’apprentissage. Les entreprises sont donc enfin au rendez-vous. Un rebond confirmé  au sein du réseau des chambres de métiers et de l’artisanat (CMA).  Selon son président, Joël Fourny, l’objectif de former, comme en 2019, 140 000 apprentis est aujourd’hui presque à portée de main (voir article).  Dans un contexte inédit, la plupart des acteurs restent prudents.  Cette rentrée, décidément pas comme les autres, devrait s’étaler sur plusieurs mois. « Tout se jouera entre septembre et décembre 2020 », déclare David Derré, directeur emploi formation de l’UIMM. A ce calendrier bousculé, s’ajoutent de fortes disparités territoriales et sectorielles. Les contrastes sont forts entre des marchés très impactés par la crise comme l’aéronautique ou l’automobile aux prises avec des enjeux de préservation de l’emploi et ceux du numérique ou de l’environnement portés par le plan de relance. Iscod, un nouveau CFA 100% digital créé à la faveur de la réforme de 2018, enregistre ainsi de belles progressions sur ses formations dédiées au commerce et au marketing digital. « Nous avons plus que jamais communiqué auprès des entreprises et les plus petites d’entre elles se sont davantage engagées dans l’apprentissage », déclare David Izoard, son directeur des relations avec les entreprises.

Une rentrée exigeante

Cette reprise aura mobilisé tous les acteurs de l’écosystème.  Les opérateurs de compétences, nés avec la réforme, ont presque tous lancé des plans de relance de l’alternance. Dernier en date, celui d’Atlas, dévoilé le 9 septembre. L’opérateur des services financiers et du conseil multipliera les initiatives pour soutenir l’innovation via des appels à projets, mettre en relation les prestataires de formation et les branches professionnelles ou encore valoriser les parcours auprès des jeunes. Du côté des CFA, la rentrée accentue les écarts.  Ceux qui ont avancé dans la transformation de leurs modèle économiques, investi dans des outils digitaux, développé des liens étroits avec les entreprises et adopté une culture des partenariats anticipent de nouvelles opportunités. En germe dans la réforme de 2018, la consolidation du marché devrait se précipiter. Un mouvement vers la taille critique déjà à l’œuvre dans le réseau de l’UIMM au sein duquel certains de ses CFA fusionnent «  pour favoriser la mutualisation de moyens », selon David Derré.

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