Blocs de compétences : rapport de la CNCP

La CNCP responsable du répertoire national des certifications professionnelles (RNCP) qui aux termes de la loi rend publics les blocs de compétences des certifications publiées dans ce répertoire, rend compte dans un rapport intermédiaire des résultats d’un groupe de travail ad hoc travaillant sur leur mise en œuvre.

Par - Le 20 novembre 2017.

Apporter un conseil aux organismes de formation/certification, tout en s’assurant de la compatibilité de la mise en œuvre des blocs de compétences en vue du processus de certification, ainsi que de leur intégration dans le système d’information permettant d’en garantir la traçabilité et leur usage tout au long de la vie. Tels sont les objectifs de la CNCP qui publie dans un rapport intermédiaire, les premiers résultats du déploiement des blocs de compétences.

La problématique de la CNCP est double :

  • s’assurer de la cohérence et de la lisibilité des fiches du RNCP ;
  • mettre à disposition des organismes certificateurs des indications claires, respectant les dispositions législatives et règlementaires.

La compétence, notion au cœur du processus de construction des blocs

La CNCP rappelle qu’un bloc est un ensemble de compétences qui peut se référer à :

  • une activité,
  • plusieurs activités,
  • une logique transversale (qui concerne des compétences transversales),
  • une logique optionnelle,
  • une option au sein d’une certification.

La question des blocs construits autour de compétences transversales fait l’objet d’un premier constat : si la construction de blocs transversaux constitue une source potentielle de simplification (possibilité de convergence / harmonisation des blocs, possibilité de transférabilité des blocs) et un facteur d’employabilité, elle constitue aussi une décontextualisation des compétences de nature à les rendre de moins en moins professionnelles. Or, être « trop général » car décontextualisé, peut rendre le bloc peu lisible pour l’usager.

Les blocs de compétences sont créés car ils ont une utilité sociale : ils certifient l’obtention de compétences, via la validation du contenu du bloc.

Les blocs de compétences doivent permettre d’accéder à terme à la certification dans son intégralité, selon des modalités définies par le ou les certificateurs. Ce principe doit être affirmé, si ce n’est garanti précise la CNCP.

Dans cette perspective d’obtention d’une certification professionnelle via les blocs de compétences qui la composent et donc par étapes successives, les organismes certificateurs adoptent ce que la CNCP appelle une approche « intra-certification » en déclinant en compétences le contenu de ces blocs. Dans ce cas, l’évaluation/validation du bloc est actée par la remise d’un document attestant de l’acquisition des compétences identifiée, ce qui constitue par ailleurs un signal fort pour les financeurs.

Mais dès lors que l’on raisonne en terme de « compétences », se trouve en ligne de mire la délicate question de la durée de vie d’une certification. Celle-ci est limitée lorsque certaines de ses composantes sont frappées d’obsolescence et ne trouvent plus d’équivalence dans les certifications plus récentes. Mais il faut rappeler que depuis la réforme opérée par la loi du 8 août 2016, les bloc de compétences qui seraient obtenu via la VAE sont acquis à vie, ce qui rend cette question d’autant plus prégnante.

Dans une autre perspective, celle de l’obtention d’une certification professionnelle par des blocs de compétences rattachés à des certifications différentes, ou approche « inter-certification », l’organisme certificateur construit des passerelles en définissant des blocs communs entre plusieurs certifications. Les blocs communs ne sont pas automatiquement créateurs de liens avec les certifications auxquelles ils sont rattachés ce qui oblige le certificateur à indiquer la nature conférée au bloc certifié, en indiquant les dispositions des conventions / accords de partenariat correspondant.

Clarification de l’identification des blocs

Afin de favoriser le développement des blocs de compétences par les certificateurs dans un cadre maîtrisé, la CNCP entend clarifier :

  • le contenu des blocs ;
  • les principes permettant de faciliter leur repérage.

La CNCP précise que pour un certificateur, un bloc peut être caractérisé par les différents éléments suivants qui forment autant de principes directeurs :

  • C’est une partie identifiée d’une certification professionnelle.
  • Il constitue un ensemble homogène et cohérent de compétences.
  • Sa description répond à des exigences de qualité (aux exigences d’une certification professionnelle) de la même nature que les fiches du RNCP, ce qui implique à la fois :
    • une évaluation des compétences
    • et une validation d’acquisition des compétences (délivrance d’un certificat – ou attestation d’évaluation – pour chaque bloc).
  • Le bloc est identifié par une référence unique, c’est-à-dire qu’il est spécifique à une certification particulière afin d’en faciliter l’usage et de fiabiliser l’information dont il est porteur.
  • Il ne se confond pas avec un module de formation.

Concernant la question du « document » attestant de l’obtention du bloc, la CNCP rappelle que chaque certificateur reste maître des documents délivrés pour attester de l’acquisition d’un bloc et relève qu’il n’existe pas – à ce jour – de modèle partagé par tous les certificateurs. La Commission fait observer qu’une partie commune sur ces documents serait de nature à faciliter la lisibilité de l’obtention de ces blocs auprès des employeurs (et des autres certificateurs aussi) et de limiter le risque de fraude, de faux certificats.

Informations utiles et nécessaires sur les blocs

Intitulé du bloc Durée de validité d’un bloc et évolution des blocs Lien entre les blocs et le référentiel de VAE
Constat : renvoi à une activité, ne doit jamais être un nom de métier
Point de vigilance : définir des repères pour que, d’une certification à l’autre, les blocs de compétences soient contextualisés et ainsi mieux appréhendés par le monde du travail
Usager : bloc acquis à vie
Certificateur : peut indiquer « recyclage », revalorisation des compétences acquises nécessaires, évolution du référentiel
Point vigilance : granularité des blocs, ne doivent être ni trop fins ni faire perdre du sens par rapport à l’intégralité de la certification

Rapport CNCP intermédiaire A propos des blocs de compétences décrits dans les fiches du RNCP – Principes et modalités de mise en œuvre, novembre 2017

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