Des passerelles entre CQP et titres, conformes à l’esprit de la loi (16ème UHFP)

Par - Le 01 février 2019.

Avant l’heure, CCI France et le Forco, Opco du commerce, ont créé des passerelles entre les CQP de la branche de détail horlogerie bijouterie et des certifications de CCI France. Présents lors de la table ronde « Certifications professionnelles : principes et enjeux de la nouvelle régulation » qui s’est tenue jeudi 31 janvier lors de la 16ème université d’hiver de la formation professionnelle à Biarritz, ils ont partagé leur expérience, une préfiguration de ce que la loi « avenir professionnel » veut favoriser. « La loi du 5 septembre 2018 a sensiblement renforcé les pouvoirs de régulation France Compétences, les pouvoirs de prescription, de contrôle et même de sanction à l’égard des certificateurs  » a expliqué Romain Johais, adjoint au chef de la mission des politiques de certification professionnelle à la DGEFP [ 1 ]France compétences abrite depuis le 1er janvier 2019 la Commission de la certification professionnelle. Cette dernière établit et actualise le Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP). Ainsi que le répertoire spécifique qui prend le relais de l’Inventaire.. « La Commission de la certification professionnelle peut adresser aux certificateurs privés des demandes de mises en correspondance avec des certifications professionnelles de niveau équivalent. L’objectif final étant de favoriser les passerelles d’une certification à l’autre. C’est plus qu’une recommandation, c’est une demande à laquelle le certificateur doit se soumettre. Et s’il ne le fait pas France compétences a des pouvoirs de sanction qui peuvent aller jusqu’au retrait de la certification concernée. » a-t-il précisé.

CQP et Titre

Le partenariat a porté sur le périmètre du réseau Négoventis spécialisé dans les métiers du commerce et de la vente sur 3 titres portés par CCI France et de l’autre côté, l’expérimentation a concerné 3 CQP de la branche du commerce de détail horlogerie-bijouterie, a indiqué de son côté Jean-Paul Hubert, chef de projets certifications au Forco. « Il permet à un candidat préparant un CQP d’aller vers un titre, donc plutôt un public de salariés, et un candidat qui prépare un titre d’obtenir un CQP, donc plutôt un public jeune en alternance », a indiqué Astrid Destombes, chargée de mission formation professionnelle à CCI France. Pour le Forco, l’expérimentation s’inscrivait dans un cadre de GPEC de branche pour faire face aux mutations liées à l’arrivée du numérique dans le commerce et l’impact sur la relation client. Ainsi que de faire évoluer des personnes entrées dans le secteur avec un bas niveau de qualification. « Il était important de prendre en considération leur bagage à l’entrée, les faire évoluer et sécuriser leur parcours » a pointé Jean-Paul Hubert, chef de projets certifications au Forco. Partant d’un bas niveau de qualification, le choix a été fait d’imaginer « un parcours non pas rapide, mais par pallier dans une logique de formation tout au long de la vie. »

Parcours certifiant

La première équivalence porte sur le CQP de conseiller de vente en horlogerie bijouterie et le titre de vendeur conseiller commercial inscrit au RNCP de niveau IV. Les référentiels étant relativement proches, le candidat détenteur du titre de vendeur conseiller (généraliste), fait son alternance dans une entreprise de la branche pour acquérir la spécificité, et, précise Astrid Destombes « pour les jurys d’évaluation professionnelle, que ce soit le CQP ou le titre, il faut que des représentants de la branche et de la CCI soient présents ». Pour le deuxième pallier, l’adjoint au responsable de magasin horlogerie bijouterie a un module à passer pour devenir gestionnaire d’unité commerciale. La même logique s’applique à cette troisième étape (CQP responsable de magasin horlogerie bijouterie et titre de responsable de la distribution.). « On n’est plus dans une ingénierie de certification, mais dans une ingénierie de parcours certififiant » se félicite Jean-Paul Hubert. « À partir d’une problématique économique et d’une démarche GPEC de branche, et à partir de ce que permet la loi, c’est-à-dire le croisement et les passerelles et la mise en correspondance des certifications, on a pensé un dispositif pour sécuriser les parcours et permet aux personnes d’évoluer ». Mais attention, on ne peut pas « faire de la passerelle, pour de la passerelle », prévient-il, il faut une logique de branche pour que cela fonctionne. Comme le recommande la loi.

Les ressources documentaires de la 16ème Université d’hiver de la formation professionnelle

Notes   [ + ]

1. France compétences abrite depuis le 1er janvier 2019 la Commission de la certification professionnelle. Cette dernière établit et actualise le Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP). Ainsi que le répertoire spécifique qui prend le relais de l’Inventaire.

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