Trois propositions radicales pour transformer le système de formation (Institut Sapiens)

Par - Le 05 mars 2018.

Estimant que la compétence est la seule assurance contre le chômage, l’Institut Sapiens, think tank lié à l’université de Bordeaux, propose dans une note publiée le 1er mars, une remise à plat complète du système de formation professionnelle qu’il juge « trop opaque et inefficace ». Faire de la formation professionnelle l’assurance chômage du XXIème siècle préconise de repenser entièrement les modalités de pilotage et de financement du système mais aussi d’ouvrir l’accès au marché de la formation.

Pilotage décentralisé

Selon les auteurs, la gestion de la formation doit « être coordonnée dans un périmètre qui transcende les secteurs d’activités et tienne compte de l’absence de mobilité des actifs. » De ce fait, ils préconisent de confier à une autorité indépendant où seraient représentés les Régions, les entreprises et les organismes de formation, le pilotage du système au niveau régional. Cette décentralisation permettrait de mieux recenser les besoins en compétences et en formation.

Suppression des Opca et des instances paritaires

L’Institut Sapiens recommande par ailleurs d’instaurer « des circuits de financement directs » et par conséquent de supprimer les Opca et les organismes paritaires (Cnefop, Copanef, Coparef, Fongecif, etc.) Ces instances sont, selon les auteurs, « sources d’inefficacité » et « forment un maquis dans lequel les entreprises comme les salariés éprouvent les plus grandes difficultés à se retrouver ».

Dans le schéma proposé, chaque individu serait responsable du maintien et du développement de ses compétences. Pour ce faire, le compte personnel de formation deviendrait la pièce centrale du dispositif. Il serait alimenté en euros et non pas en heures. Son financement serait partagé entre les employeurs et les actifs via un prélèvement sur leurs revenus.

Ouverture du marché de la formation

En matière d’offre de formation, l’Institut Sapiens se prononce en faveur d’une ouverture du marché : chaque acteur souhaitant dispenser des formations doit pouvoir le faire auprès de tous les publics. La régulation du marché se ferait à l’aide d’un système de certifications ou de labels délivrés par des organismes indépendants.

Les actifs pourraient librement choisir leurs formations à l’aide d’une plateforme. Celle-ci recenserait les offres et « leur pertinence au regard des besoins en formations identifiées dans les régions ». Et pour que chacun puisse se construire un parcours personnalisé et s’adapter rapidement aux évolutions des besoins, le groupe de réflexion préconise d’organiser l’offre de formation par blocs de compétences reposant sur des modules d’apprentissage courts.

Pour l’Institut Sapiens, la réforme de formation doit s’accompagner d’une « transformation culturelle » en matière d’enseignement professionnel et d’apprentissage. Cela passe notamment par la possibilité d’entrer dans l’enseignement professionnel dès 12 ans (avec réorientation à tout moment vers un cursus général) et en apprentissage dès 14 ans.

Centre Inffo vous conseille également

Afnor